- Laura Gu, économiste senior • Kari Norman, économiste senior
Budget de Terre‑Neuve‑et‑Labrador
Terre‑Neuve-et‑Labrador : budget 2026‑2027
Entre le marteau et l’enclume
29 avril 2026
Faits saillants
- Le budget de Terre‑Neuve‑et‑Labrador (T.‑N.‑L.) pour l’exercice financier 2026‑2027 (EF 2027) abandonne le retour à l’équilibre prévu à l’EF 2027 et fait plutôt état d’un déficit de 688 M$ (1,4 % du PIB nominal), déficit qui s’accentue pour atteindre 1,1 G$ (2,2 %) et qui se maintient jusqu’à l’EF 2030 (graphique 1). Le tableau 1 résume les projections budgétaires mises à jour de la province.
- La hausse à court terme de la croissance nominale, alimentée par des exportations vigoureuses découlant d’une production accrue de pétrole et de minéraux, contribue à contenir le ratio de la dette nette au PIB à court terme. Toutefois, la trajectoire à moyen terme demeure préoccupante en raison de déficits soutenus, laissant la province avec le fardeau de la dette le plus élevé parmi les provinces canadiennes.
- Les prévisions de revenus pour l’EF 2027 demeurent en grande partie inchangées, avec une croissance de 1,5 % soutenue par des redevances extracôtières plus élevées. Au‑delà de cet horizon, la croissance des revenus a été révisée à la baisse afin de tenir compte de perspectives économiques à moyen terme plus faibles, ce qui contribue à l’ampleur des déficits projetés.
- Le budget relève son hypothèse de prix du brut Brent à 79 $ US le baril pour l’EF 2027, soit environ 10 $ US le baril de moins que notre scénario de référence et bien en deçà des prix au comptant actuels. Cela laisse entrevoir un risque haussier important pour les finances publiques si les prix du pétrole demeuraient plus élevés plus longtemps.
- Bien que le gouvernement ait annulé les compressions de dépenses précédemment prévues, la croissance des dépenses demeure modérée et inférieure à celle observée dans les autres provinces. Les nouvelles mesures de politique sont principalement incrémentielles et axées sur l’abordabilité.
- Le retour de T.‑N.‑L. dans le rouge repose sur des hypothèses relativement prudentes, mais s’inscrit dans un contexte d’incertitude accrue. Les risques semblent orientés à la hausse, compte tenu de la dynamique mondiale favorable des prix du pétrole et de la récente montée en puissance de la capacité de production extracôtière de la province. Cela dit, le maintien d’une discipline budgétaire du côté des dépenses demeure essentiel afin d’éviter une détérioration supplémentaire d’un fardeau de dette déjà élevé.
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