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Études régionales

Région administrative de l’Abitibi-Témiscamingue

30 mars 2026
Maëlle Boulais-Préseault
Économiste senior

Faits saillants

  • L’incertitude découlant de la situation commerciale entre le Canada et les États‑Unis continue de fragiliser l’économie de l’Abitibi‑Témiscamingue, en raison de l’importance de son secteur manufacturier et de la présence d’industries visées par des tarifs sectoriels.
  • Malgré un marché de l’emploi en perte de vitesse, le taux de chômage dans la région demeure parmi les plus faibles de la province et devrait rester inférieur à la moyenne québécoise au cours des prochaines années.
  • La construction résidentielle a reculé dans l’ensemble de l’Abitibi‑Témiscamingue en 2025, contrairement à la tendance observée à l’échelle provinciale. La demande pour les logements locatifs demeure très forte, avec un taux d’inoccupation qui continue de baisser.
  • Des investissements majeurs, particulièrement dans le secteur minier, devraient soutenir la croissance économique régionale malgré un contexte incertain.


Principaux indicateurs économiques



Enjeux régionaux et perspectives

  • L’économie de l’Abitibi‑Témiscamingue est fragilisée par la situation commerciale entre le Canada et les États‑Unis. La forte présence des industries minière et forestière accentue sa vulnérabilité face à la situation, en raison des tarifs sectoriels qui visent directement leurs exportations. La croissance économique aurait ainsi ralenti plus fortement que la moyenne provinciale en 2025 (graphique 1). Des tarifs douaniers plus élevés en moyenne pour la région que pour l’ensemble du Québec entraînent également des répercussions sur le marché du travail et sur l’investissement. L’emploi en Abitibi‑Témiscamingue a reculé de 6,3 % en 2025, avec des baisses notables dans les secteurs de la fabrication et de la foresterie (graphique 2).
  • L’évolution du conflit commercial déterminera l’ampleur du choc pour l’économie régionale lors de l’année en cours. La révision de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM), qui est prévue en juillet 2026, sera aussi déterminante pour les décisions d’affaire des entreprises de la région. Parallèlement, certaines scieries et d’autres acteurs de l’industrie forestière choisissent de fermer temporairement leurs portes en attendant un contexte économique plus favorable avant de reprendre leurs activités. Cela devrait toutefois ralentir la croissance économique pour l’année en cours. D’autres entreprises se tournent vers l’Europe pour diversifier leur chaîne d’approvisionnement ou leurs acheteurs potentiels et ainsi moins dépendre d’entreprises américaines. Ce processus est toutefois long et entraîne souvent des augmentations de coûts.
  • Malgré la baisse de l’emploi observée l’an dernier, le taux de chômage en Abitibi‑Témiscamingue demeure parmi les plus faibles de la province, à 3,2 % en date de février 2026. Il devrait rester bas au cours des prochaines années (graphique 3), en raison du recul de la population active amorcé en 2025. Le vieillissement de la population, combiné à une diminution de l’immigration, réduit le nombre de travailleurs disponibles dans la région. Les mesures fédérales et provinciales visant à restreindre le nombre de résidents non permanents demeurent en vigueur cette année et leur effet devrait être visible sur la croissance de la population dans la région (graphique 4). De plus, la pénurie de main-d’œuvre persiste en Abitibi‑Témiscamingue, avec moins d’un chômeur par poste vacant en 2025, alors que la moyenne provinciale dépasse désormais deux. Plusieurs métiers spécialisés, essentiels à l’économie régionale, sont particulièrement touchés.


  • Ce changement démographique influence aussi le marché de l’habitation. L’arrivée de travailleurs étrangers dans les dernières années a entraîné une hausse de la demande sur le marché locatif, vu l’incertitude quant à la durée de leur séjour dans la région. Le vieillissement de la population y contribue également, avec un nombre croissant de personnes âgées qui renoncent à leur maison pour un appartement plus petit, nécessitant moins d’entretien. Les unités locatives représentent ainsi une part de plus en plus grandissante des nouvelles constructions. Après une hausse record en 2024, le nombre de mises en chantier a diminué dans la région en 2025, à l’inverse de la tendance provinciale. L’Abitibi‑Témiscamingue est d’ailleurs l’une des rares régions où le taux d’inoccupation des logements locatifs a reculé, passant de 1 % en 2024 à 0,9 % en 2025 (graphique 5). Le phénomène de navettage, qui y est très répandu, complique toutefois l’interprétation de ces données, puisque plusieurs travailleurs séjournent dans la région temporairement sans s’y établir. Le faible nombre de logements vacants ainsi que les mesures gouvernementales devraient néanmoins soutenir la construction de logements locatifs sur le territoire au cours de la prochaine année (graphique 6). Le marché de la revente demeure pour sa part très dynamique, avec une croissance des transactions supérieure à la moyenne provinciale. La baisse anticipée de la population pourrait cependant entraîner un certain ralentissement.


  • Outre ces défis liés à la démographie et l’habitation, l’Abitibi‑Témiscamingue continue de bénéficier des nombreuses ressources disponibles sur son territoire. Plusieurs projets miniers sont toujours en développement dans la région, en plus des mines actives, et la demande pour les minéraux critiques continue de croître à travers le monde. Le gouvernement du Québec a d’ailleurs décidé de créer la cinquième zone d’innovation de la province à Rouyn‑Noranda, soit la zone d’innovation minière. La région est stratégiquement positionnée pour profiter de la transition énergétique et de la forte demande pour certains métaux qui en découle. L’industrie du tourisme est également en constant développement, avec des investissements de la part du gouvernement provincial de l’ordre de 1,8 M$ pour l’année en cours, destinés à appuyer divers projets régionaux.

Investissements

  • Les investissements auraient bondi de 23,1 % en 2025 en Abitibi‑Témiscamingue. Le secteur privé continue d’être prédominant dans les investissements de la région, affichant une hausse de 26 % (graphique 7). Comme en 2024, la croissance de la dernière année a été supérieure à celle de la province (graphique 8). Les décisions d’investissement des entreprises pourraient toutefois continuer d’être perturbées au cours des prochains mois, en raison de l’incertitude persistante entourant les relations commerciales entre le Canada et les États‑Unis.


  • Le gouvernement du Québec a annoncé des investissements totalisant 194 M$ dans le réseau routier régional pour la période 2025‑2027. Ces travaux incluent l’asphaltage de la voie de contournement de Val-d’Or, la réfection de la route 113, ainsi que la reconstruction du ponceau sous le chemin J.‑Alfred‑Roy à Sainte‑Germaine‑Boulé.
  • Le projet d’investissement le plus important dans la région demeure celui de la mine Odyssey d’Agnico Eagle. Depuis 2021, 1,5 G$ y ont déjà été investis, et les investissements cumulés devraient atteindre 2,5 G$ d’ici 2027, moment où la production commerciale devrait commencer. L’exploitation devrait ensuite se poursuivre jusqu’en 2042. Un autre projet minier en développement est celui de Dumont Nickel, pour lequel l’investissement total estimé s’élève à 1,9 G$ au cours des trois prochaines années. Le début de la construction de la mine est prévu en 2026.


Lire la publication Indicateurs économiques de la semaine du 18 au 22 juillet 2022

Consultez l'étude complète en format PDF.

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