Diversité et inclusion

Laura Niquay, la messagère nomade

14 septembre 2021

« La musique, les chansons, c'est comme une thérapie pour moi. Ça m'a aidée à m'accrocher et à passer à travers des moments difficiles dans ma vie », confie l'auteure-compositrice-interprète atikamekw Laura Niquay, originaire de Wemotaci près de La Tuque en Mauricie.

Laura Niquay espère ainsi inspirer les jeunes de sa communauté et d'autres membres des Premières Nations. « Je suis née pour être une messagère », dit celle qui a choisi la musique et la chanson pour s'exprimer.

Provenant d'une famille de musiciens, d'un père multi-instrumentiste et d'une mère guitariste et chanteuse, Laura Niquay joue de la guitare depuis l'âge de 11 ans et chante depuis qu'elle a 16 ans. Ce talent musical, elle est toutefois la seule à l'avoir mis davantage en valeur, souligne-t-elle.

« J'ai toujours voulu chanter, mais je ne pensais jamais me rendre aussi loin », avoue-t-elle, en ajoutant avoir simplement suivi son instinct. Il y a aussi l'importance de chanter en atikamekw, sa langue d'origine. « C'est la langue autochtone la plus parlée au Québec, mais elle se perd chez les plus jeunes. Les chansons permettent de la garder vivante ou même de la réapprendre », souhaite Laura Niquay en ajoutant qu'un résumé en français de ses chansons est inclus dans son dernier album.

Des messages d'espoir

Ses paroles, livrées de sa voix singulière sur des musiques indie-folk-rock, nous racontent ses racines autochtones et plus particulièrement la dure réalité de sa communauté et de sa famille. Mais, surtout, avec à la clé un message positif d'espoir.

« Les conditions de vie y sont difficiles, avec les nombreux problèmes de toxicomanie et de suicide. Mais je raconte la vie en parlant d'espoir, de persévérance et de résilience », explique celle qui baigne dans un univers musical depuis son tout jeune âge.

Le printemps dernier, elle lançait son deuxième album, intitulé Waska MatisiwinLien externe au site. S’ouvre dans une nouvelle fenêtre. qui signifie le cercle de vie. Un album sur la résilience, précise celle qui avoue avoir aussi été confrontée à des problèmes de consommation et souhaite sensibiliser les jeunes par ses mots.

Une des pièces, Mostekano (Les sentiers de nos ancêtres) dont on a tiré un premier vidéoclip, rappelle l'importance de poursuivre les bonnes valeurs que les aînés ont inculquées et enseignées aux plus jeunes. Il y est question de suivre fièrement le chemin tracé par les ancêtres, avec la symbolique des mocassins et des raquettes au pied. « Les raquettes nous aident à ne jamais caler », illustre l'auteure-compositrice-interprète de 39 ans qui a récemment été invitée à chanter au Festival d'été francophone de Vancouver et sera prochainement en spectacle au Festival de la Chanson de Tadoussac.

Laura Niquay, qui a été la première Atikamekw à avoir foulé les planches des Francofolies à Montréal en 2012, s'est fait connaître avec un premier album, Waratanak, lancé de façon indépendante en 2015. Son dernier album a été réalisé en collaboration avec Musique nomade, un organisme qui œuvre à l'épanouissement et la reconnaissance des talents et des identités autochtones en musique.

L'équipe de Musique nomadeLien externe au site. S’ouvre dans une nouvelle fenêtre., qui offre des services gratuits de production d'enregistrements musicaux, se déplace à travers le territoire pour aller à la rencontre des artistes autochtones et partager son expertise en promotion musicale. L'organisme, qui profite du soutien financier de Desjardins, accompagne également les artistesLien externe au site. S’ouvre dans une nouvelle fenêtre. en leur offrant des résidences de création ou encore des activités de réseautage. Musique nomade se fait ainsi un point d'honneur de conserver la mémoire numérique des langues et des musiques traditionnelles autochtones.

Pour en savoir plus à propos de la plateforme NikamowinLien externe au site. S’ouvre dans une nouvelle fenêtre. et l'écoute de Waska MatisiwinLien externe au site. S’ouvre dans une nouvelle fenêtre.

Que signifie la journée du 30 septembre pour vous?

« Je parle toujours de résilience dans mes chansons et cette journée est justement l'occasion de surmonter les épreuves et d'aller de l'avant. En espérant que les gens de toutes les communautés apprennent à mieux se comprendre et se connaître ».

Une personnalité qui vous inspire?

« J'ai beaucoup de respect pour Florent Vollant. Il a tracé la voie et a été une grande inspiration et un modèle dans mon parcours de chanteuse et musicienne », répond Laura Niquay, en soulignant du même coup la grande sagesse de ce guitariste et auteur-compositeur-interprète innu de Maliotenam, près de Sept-Îles, qui s'est d'abord fait connaître au Québec avec le duo de musique Kashtin.

Une réalisation, un geste, dont vous êtes fière?

« La naissance de ma fille et mon dernier album ».