- Francis Généreux
Économiste expert
États-Unis : la croissance économique remonte à 2 % au début de 2026
Faits saillants
- Le PIB réel a augmenté de 2,0 % à rythme annualisé au premier trimestre de 2026, selon l’estimation initiale des comptes nationaux. Cette variation fait suite à des croissances annualisées de 0,5 % au quatrième trimestre de 2025 et de 4,4 % au troisième.
Commentaires
La croissance de l’économie américaine a repris un peu de gallon en ce début de 2026. Certes, le gain est nettement moins fort que ce que l’on a pu observer au milieu de l’année dernière et se montre un peu plus faible que les attentes du consensus (2,3 % selon Bloomberg), mais il se compare avantageusement à la faiblesse subie à l’automne dernier.
On remarque avant tout que la principale source de faiblesse à la fin de 2025 est devenue l’une des principales raisons de la croissance au premier trimestre. L’impasse budgétaire qui a sévi en octobre et en novembre derniers avait fait chuter les dépenses du gouvernement fédéral de 16,6 % à rythme annualisé, mais celles-ci affichent maintenant un rebond de 9,3 %. Elles ont ainsi contribué à hauteur de 0,56 point de pourcentage au gain de 2,0 % du PIB réel.
L’investissement non résidentiel des entreprises a également été un important contributeur à la croissance au premier trimestre avec un apport de 1,39 point de pourcentage à la hausse du PIB réel. Cette performance s’explique encore une fois presque entièrement par l’élan lié à l’intelligence artificielle, comme en témoignent les variations trimestrielles annualisées de 43,4 % de l’investissement en équipement informatique, de 22,6 % en logiciels et de 22,1 % en construction de centres de données. Du même souffle, la croissance de l’investissement dans les autres catégories apparaît plutôt faible. Par ailleurs, l’investissement résidentiel a subi une cinquième baisse trimestrielle consécutive et les stocks des entreprises ont diminué pour un quatrième trimestre de suite. Les exportations nettes ont amené une contribution négative avec une plus forte croissance des importations réelles que des exportations.
Avec un gain de 1,6 %, la consommation réelle affiche un ralentissement par rapport aux trimestres précédents. Cette faiblesse provient surtout du début de la période alors que la consommation de biens (notamment les automobiles) avait reculé en janvier. La consommation réelle totale a mieux performé par la suite avec des gains mensuels de 0,3 % en février et en mars. Pour le mois dernier, on note que la hausse de la consommation a pu se faire grâce à une baisse de l’épargne alors que le revenu disponible réel a diminué sous l’effet du bond des prix de l’énergie.
À quoi peut-on s’attendre à partir de maintenant? Il est clair que la guerre en Iran et la hausse des prix de l’essence qu’elle provoque continueront d’affecter l’économie américaine. Celle-ci se montre jusqu’à maintenant résiliente et l’élan amené par l’intelligence artificielle pourrait encore perdurer quelque temps, bien qu’il ne puisse être éternel. L’investissement pourrait aussi profiter davantage d’une poussée liée au secteur pétrolier. Toutefois un conflit qui s’allonge pourrait nuire de plus en plus aux ménages, à leur confiance et à leur volonté de consommer.
Implications
La progression du PIB réel au premier trimestre de 2026 s’est avérée légèrement sous les attentes du consensus, mais elle montre tout de même une bonne amélioration par rapport à la fin de 2025. L’apport des investissements liés à l’intelligence artificielle est toujours présent. Il faudra maintenant voir à quel point le conflit en Iran affectera la croissance économique au printemps. Pour le moment, on s’attend à une croissance un peu plus lente du PIB réel au deuxième trimestre.
Contactez nos économistes
Par téléphone
Montréal et environs :
514 281-2336 Ce lien lancera votre logiciel de téléphonie par défaut.