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Études régionales

Région administrative du Bas-Saint-Laurent

14 avril 2026
Maëlle Boulais-Préseault
Économiste senior

Faits saillants

  • Les tensions commerciales entre le Canada et les États‑Unis maintiennent un climat d’incertitude qui pèse sur l’économie du Bas‑Saint‑Laurent, en raison du poids du secteur manufacturier et de l’industrie forestière, particulièrement vulnérables aux tarifs sectoriels.
  • Malgré un ralentissement sur le marché du travail, le taux de chômage dans la région demeure bas et devrait rester inférieur à la moyenne québécoise au cours des prochaines années.
  • Le nombre de mises en chantier a presque doublé dans l’ensemble du Bas‑Saint‑Laurent en 2025 par rapport à 2024, notamment grâce à une forte activité à Rimouski et à Rivière‑du‑Loup. La demande pour les logements locatifs demeure très élevée, comme en témoigne la hausse marquée des loyers dans la région.
  • Des investissements majeurs en lien avec le développement de projets éoliens devraient soutenir la croissance économique régionale malgré un contexte économique général incertain.


Principaux indicateurs économiques



Enjeux régionaux et perspectives

  • Comme dans l’ensemble du Québec, l’incertitude entourant la guerre commerciale Canada–États‑Unis freine l’activité économique dans le Bas‑Saint‑Laurent. Le secteur manufacturier – principale composante du PIB régional – demeure particulièrement exposé. L’effet global des tarifs douaniers américains apparaît toutefois moins négatif que prévu pour l’économie de la région. La plupart des biens canadiens exportés vers les États‑Unis sont conformes à l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM), ce qui leur permet de bénéficier d’exemptions tarifaires. L’évolution du conflit commercial déterminera néanmoins l’ampleur du choc économique pour la région en 2026. La révision de l’ACEUM, prévue pour juillet 2026, jouera un rôle déterminant pour les décisions stratégiques des entreprises de la région. Malgré ces protections, les tarifs sectoriels, dont les exemptions sont très limitées, touchent plusieurs produits fabriqués dans la région et viennent fragiliser la résilience de l’économie.
  • La région se situe dans la moyenne québécoise en matière de vulnérabilité aux mesures tarifaires. Le niveau des tarifs imposés sur les produits régionaux est comparable à celui observé ailleurs au Québec, bien qu’il demeure plus élevé que dans les autres provinces canadiennes. Le Bas‑Saint‑Laurent est particulièrement exposé en raison du poids important de la fabrication de produits du bois et d’aliments, dont une partie est assujettie aux tarifs américains sur les métaux et le bois d’œuvre. Plus du tiers du PIB manufacturier de la région provient d’ailleurs de la transformation du bois, faisant de celle-ci la plus dépendante de cette industrie au Québec. Cette forte présence de l’industrie forestière accentue la vulnérabilité économique. En plus des difficultés liées aux tarifs, certaines scieries et entreprises du secteur choisissent de fermer temporairement leurs portes en attendant un contexte plus favorable, ce qui ralentira la croissance en 2026. D’autres entreprises cherchent à réduire leur dépendance au marché américain en diversifiant leur clientèle vers l’Europe, un processus toutefois long et souvent coûteux. Dans ce contexte, la croissance du PIB nominal régional devrait demeurer plus modérée que la moyenne québécoise encore en 2026 (graphique 1). Les tarifs visant les produits dérivés de l’acier et de l’aluminium touchent aussi un éventail beaucoup plus large d’industries. Une partie des produits alimentaires exportés vers les États‑Unis utilise des emballages faits à partir de composants métalliques, les exposant indirectement au tarif de 50 % sur les dérivés de métaux – du moins pour la valeur des intrants métalliques. Or, la fabrication alimentaire occupe une place notable dans l’économie du Bas‑Saint‑Laurent. Malgré ce contexte difficile, plusieurs signaux positifs émergent dans le secteur manufacturier. L’usine d’Alstom à La Pocatière livrera bientôt des composantes destinées au métro de Toronto, ce qui permet de maintenir l’activité. Le développement de la filière éolienne soutient également le fabricant Marmen Énergie à Matane, qui reprend ses opérations grâce aux nouveaux projets en cours.
  • En revanche, l’emploi total a reculé fortement en 2025 dans le Bas‑Saint‑Laurent, un déclin attribuable principalement au secteur des services (graphique 2). La région fait aussi face à une baisse de sa population active, tendance qui devrait se poursuivre et limiter les gains potentiels au chapitre de l’emploi. La diminution de l’incertitude économique pourrait toutefois atténuer l’ampleur des pertes observées en 2026. Malgré tout, le taux de chômage reste nettement inférieur à la moyenne provinciale (graphique 3), indiquant que le marché du travail demeure très serré. La contraction de la population active reflète à la fois les nombreux départs à la retraite et un vieillissement démographique plus marqué qu’ailleurs au Québec. La population du Bas‑Saint‑Laurent pourrait même diminuer au cours des prochaines années. La contribution des résidents non permanents reculera en raison de nouvelles mesures gouvernementales, tandis que la migration interrégionale, l’immigration internationale et l’accroissement naturel ne suffiront pas à générer une croissance positive (graphique 4). Ce contexte pourrait maintenir des difficultés de recrutement persistantes, alors que les besoins en main d’œuvre augmenteront avec l’expansion de la filière éolienne.


  • Le secteur éolien, en pleine émergence, constitue un moteur important pour l’économie régionale. De nouveaux projets s’ajoutent aux parcs en développement, dont Pohénégamook-Picard-Saint‑Antonin-Wolastokuk I et II, Madawaska et Canton MacNider. Hydro‑Québec a récemment annoncé l’entente Wetsok, qui ajoutera près de 200 éoliennes à Cacouna. Ces investissements de plusieurs milliards de dollars génèrent une activité considérable pour les municipalités, tant en création d’emplois qu’en redevances municipales. Le secteur touristique, aussi stratégique, bénéficiera à son tour d’investissements majeurs : rénovation et agrandissement de deux principaux hôtels de Rivière‑du‑Loup (18 M$ pour l’Hôtel Universel, 3 M$ pour l’Hôtel Lévesque), en plus d’une enveloppe provinciale de 4,1 M$ pour soutenir le développement touristique de 2025 à 2027.
  • Le secteur de l’habitation affiche également une performance notable. La croissance du marché immobilier a dépassé celle observée ailleurs au Québec. Les mises en chantier ont bondi de plus de 80 % en 2025 (graphique 5), stimulées par une forte activité à Rimouski et à Rivière‑du‑Loup. Les efforts de la Ville de Rimouski pour lutter contre la pénurie de logements portent fruit : elle affiche désormais le plus haut taux de mises en chantier par 1 000 habitants au Québec. Or, la région demeure l’une des plus touchées par la rareté de logements locatifs, ce qui maintient une pression importante sur les loyers (graphique 6). Les ventes de propriétés existantes ont progressé à un rythme comparable à celui du Québec, mais les prix ont augmenté plus rapidement, soutenus par un stock limité. Le ralentissement démographique prévu pour 2026 devrait toutefois modérer la demande et stabiliser le marché.



Investissements

  • Les investissements dans le Bas‑Saint‑Laurent ont augmenté d’environ 2,7 % en 2025, ce qui fait suite à une hausse de 14 % en 2024. Il s’agit de la sixième année consécutive où les sommes investies dans la région sont en croissance (graphique 7). Les hausses des deux dernières années surpassent également la moyenne provinciale (graphique 8). Les décisions d’investissement des entreprises pourraient toutefois continuer d’être perturbées au cours des prochains mois, en raison de l’incertitude persistante entourant les relations commerciales entre le Canada et les États‑Unis.


  • Les projets éoliens mentionnés plus haut représentent une source d’investissement importante pour la région du Bas‑Saint‑Laurent. Bien que la plupart d’entre eux restent à confirmer et que les sommes totales ne soient pas entièrement connues, ils pourraient représenter des milliards de dollars en investissement pour la région. Le plus gros projet éolien est celui d’Hydro‑Québec, en partenariat avec l’Alliance de l’énergie de l’Est. Les prochaines étapes, évaluées à plus de 3 G$, ainsi que l’échéancier du projet ne sont pas encore connus.
  • Le gouvernement du Québec a annoncé des investissements totalisant 300 M$ dans le réseau routier régional pour la période 2025‑2027. Ces travaux incluent la réfection du pont D’Amours, sur la rue Saint‑Magloire, au-dessus de la rivière du Loup, la reconstruction du pont sur la route 289, au-dessus de la rivière Bleue, l’asphaltage de la route 132 à Amqui, à Saint‑Ulric et à Saint‑Fabien, ainsi que la reconstruction d’un ponceau sous la route 132, à la hauteur du ruisseau Dufour à Causapscal, entre autres.


Lire la publication Indicateurs économiques de la semaine du 18 au 22 juillet 2022

Consultez l'étude complète en format PDF.

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