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Point de vue économique

Québec : analyse prébudgétaire 2026‑2027

Les services à la population pris entre la nécessité de rigueur budgétaire et les pressions démographiques

16 mars 2026
Sonny Scarfone
Économiste principal

Faits saillants

  • Le ministre des Finances Eric Girard présentera ce mercredi le budget 2026‑2027, le dernier avant l’élection provinciale prévue en octobre. Selon la plus récente mise à jour économique et financière de novembre dernier (MAJ 2025), le déficit prévu pour l’année en cours (exercice financier 2026, EF 2026) devait atteindre 12,4 G$, tandis que celui de l’EF 2027 était alors projeté à 9,5 G$1.
  • Depuis le printemps dernier, les rapports trimestriels sur la situation financière du Québec indiquaient jusqu’en septembre des revenus au rendez-vous et des dépenses conformes aux trajectoires annoncées. L’économie québécoise a toutefois ralenti depuis la période couverte par ces rapports, mais les provisions pour éventualité devraient suffire à absorber tout manquement du côté des revenus, de sorte que la cible budgétaire semble atteignable, du moins pour l’EF 2026.
  • La perte de vigueur économique des derniers mois devrait toutefois avoir plus d’incidence sur l’atteinte de la cible de déficit de 9,5 G$ pour l’EF 2027. Une stagnation de la population active, possiblement combinée à un affaiblissement des pressions salariales et à un resserrement des dépenses des ménages en période d’incertitude prolongée (guerre commerciale, en plus de la situation au Moyen‑Orient qui affectera ultimement leur pouvoir d’achat), pourrait rendre plus incertaine la projection de croissance de 3,9 % des revenus autonomes pour l’EF 2027.
  • Du côté des dépenses, les projections gouvernementales semblaient à la base ambitieuses au regard des défis observés dans les réseaux de la santé et de l’éducation, ainsi que des engagements salariaux déjà convenus dans ces secteurs pour les prochaines années. En ce qui concerne de nouveaux engagements, le ministre Eric Girard a indiqué qu’il présenterait un budget sobre, qui ne se voudrait pas électoraliste. Cette sobriété s’est d’ailleurs manifestée avec certaines mesures de soutien fédérales qu’Ottawa a mises de l’avant en 2025 et que le Québec, contrairement à l’Ontario, n’a pas bonifiées (ex. : suppression de la TPS sur les logement neufs pour les premiers acheteurs, abolition de la tarification carbone des particuliers). Rappelons que le Québec a subi une décote de sa note de crédit l’an dernier.
  • Au-delà de ces défis, il restait 2,5 G$ à identifier pour revenir à l’équilibre budgétaire d’ici 2029‑2030 et ainsi respecter les exigences de la Loi sur l’équilibre budgétaire. Autrement dit, un exercice... d’équilibriste, compte tenu des pressions qui s’exercent tant sur les revenus que sur les dépenses. Néanmoins, les ratios d’endettement de la province bénéficieront d’un coup de pouce à la suite de la révision récente des PIB provinciaux, ce qui pourrait faciliter l’atteinte de la cible de la dette nette au PIB à 35,5 % en 2032‑2033, même si certaines hypothèses du gouvernement devaient s’être avérées trop ambitieuses.

1 Sauf indication contraire, l’ensemble du document fait référence au solde budgétaire après les versements au Fonds des générations (FDG).

Lire la publication Indicateurs économiques de la semaine du 18 au 22 juillet 2022

Consultez l'étude complète en format PDF.

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