- Sonny Scarfone
Économiste principal
Québec : PIB trimestriel
Après une année 2025 mouvementée, 2026 s’ouvre dans un climat encore fragile
Faits saillants
- Au quatrième trimestre de 2025, le PIB réel du Québec a reculé de 0,2 % en rythme annualisé, une contraction moins prononcée que celle observée au Canada Lien externe au site. (-0,6 %). Pour l’année entière, le PIB réel du Québec a progressé de 0,7 %, un rythme nettement inférieur à celui du pays (+1,7 %).
- Du point de vue de l’élan à l’amorce de 2026, le PIB par industrie a augmenté pour une rare fois depuis le début du conflit commercial en décembre (+0,3 %) (graphique 1). Pour l’ensemble de l’année, la production de biens a reculé de 1,2 %, tandis que les services ont plus que compensé avec une hausse de 1,4 %.
- La demande intérieure au cours du quatrième trimestre aura sauvé la donne, affichant une croissance de 2,1 %, et permettant à l’année de s’en tirer avec un bilan positif de 1,8 % (tableau).
- Le commerce international demeure le principal frein à la croissance, même si le dernier trimestre a montré une progression des exportations et une réduction des importations. La forte chute du deuxième trimestre (-15,8 % en rythme annualisé, dont -26,6 % pour l’international et -35,7 % pour les biens seulement) n’a été que partiellement récupérée par la suite, les exportations de biens à l’international affichant une baisse de 2,7 % en 2025 par rapport à l’année précédente.
- Les investissements en stocks ont reculé de façon marquée au dernier trimestre (-4,1 G$), soit la plus forte baisse depuis 2020. Ce mouvement explique la baisse du PIB réel québécois au quatrième trimestre malgré l’accélération de la demande intérieure et l’amélioration de la balance commerciale.
Commentaires
L’heure est au bilan de l’année mouvementée qu’aura été 2025, et si la direction des chiffres finaux ne surprend guère, leur amplitude s’est révélée un peu moins marquée qu’on aurait pu le craindre en début d’année.
En ce qui concerne les performances sectorielles, la faiblesse provient surtout de la fabrication (-3,9 %), les tarifs sectoriels imposés par les États‑Unis ayant particulièrement touché la première transformation des métaux (-11 %) ainsi que la fabrication de meubles et de produits connexes (-8,4 %). Le fait que le Québec soit visé par des tarifs douaniers effectifs plus élevés que la moyenne nationale explique en bonne partie l’écart de croissance du PIB réel en 2025. La construction résidentielle (+2,1 %) a constitué l’un des rares points positifs parmi les industries de biens.
Du côté des services, la plupart des secteurs ont contribué positivement, mais les services professionnels, scientifiques et techniques se sont démarqués par leur faiblesse (+0,1 %), un rythme particulièrement lent pour une période hors récession. Dans un contexte où les effets futurs de l’intelligence artificielle demeurent incertains, ce secteur sera à surveiller.
La consommation finale des ménages a été particulièrement vigoureuse, surtout dans un contexte où la population québécoise aurait reculé d’environ 25 000 personnes au cours du même trimestre et de 10 000 personnes pour l’ensemble de l’année. La consommation de biens durables (-2,7 % annualisé au dernier trimestre) est la seule catégorie à avoir fléchi en 2025 (-1,1 %), un segment largement tributaire de la confiance des consommateurs envers l’économie.
Les investissements privés ont terminé 2025 sur une note positive. Sur l’ensemble de l’année, les bâtiments résidentiels ont affiché une accélération par rapport à 2024, alors que les autres catégories ont ralenti. Les machines et le matériel ont même enregistré une croissance négative, reflétant cette fois la faible confiance des entrepreneurs, ce qui s’est aussi manifesté par le faible niveau d’embauche au cours de l’année.
Les investissements des administrations publiques ont reculé, en termes réels, pour une deuxième année de suite, un résultat qui contraste avec le maintien d’un niveau élevé d’investissement dans le cadre du Plan québécois des infrastructures.
Du côté de la balance commerciale, il est intéressant de noter que si les exportations interprovinciales ont offert un certain soutien avec une hausse de 0,7 % en 2025, les exportations de biens ont reculé (-2,3 %). Les importations en provenance des autres provinces ont aussi diminué (-1,9 % au total, -5,2 % pour les biens). Alors que le Canada cherche à réduire, voire éliminer, les barrières commerciales internes, cette faiblesse des échanges pancanadiens est somme toute décevante.
Implications
En somme, l’année 2025 se termine sur un bilan contrasté et 2026 ne s’annonce pas de tout repos. Les données récentes confirment un contexte encore fragile, même si nos plus récentes Prévisions économiques et financières Lien externe au site. pointent vers une modeste accélération de l’activité au Québec, avec une croissance attendue de 1,0 % en 2026 (graphique 2). La révision de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM) ainsi que la durée et l’étendue du conflit au Moyen‑Orient demeurent toutefois les principaux risques à surveiller pour les prochains mois.
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