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Nouvelles économiques Québec et Ontario

Le Québec échappe à la détérioration du marché du travail, l’Ontario est secoué

9 juin 2023
Hélène Bégin
Économiste principale

Faits Saillants

  • Le Québec a enregistré une légère hausse de 1 600 emplois en mai à la suite d’un gain de 10 500 en avril et des pertes au cours des deux mois précédents. Le niveau de l’emploi se situe nettement en deçà du sommet franchi au début de 2023.
  • Le gain de mai a permis au taux de chômage du Québec de fléchir de 4,1 % en avril à 4,0 % en mai, tout près du creux historique de 3,9 %.
  • L’Ontario comptait 23 900 emplois de moins en mai, ce qui met un terme à la forte progression enregistrée depuis l’automne dernier.
  • Le taux de chômage de l’Ontario a bondi à 5,5 % en mai comparativement à 4,9 % en avril. Le taux d’emploi a également fléchi de 62,3 % à 61,9 % pendant la même période.
  • La progression du salaire horaire moyen est demeurée rapide le mois dernier par rapport à mai 2022, soit de 5,4 % au Québec et de 5,1 % en Ontario.

Commentaires

Une certaine stabilité du marché du travail était attendue au Québec en mai. Les chiffres publiés ce matin vont dans ce sens. La légère hausse de l’emploi et le maintien du taux de chômage près de 4 % s’avèrent positifs, mais les résultats confirment que l’économie du Québec a perdu son élan depuis le début de l’année. Cela dit, le marché du travail demeure dans une situation de surchauffe et la progression des salaires reste soutenue.

En Ontario, les gains d’emplois impressionnants qui se sont accumulés depuis plusieurs mois ont fait place à un recul significatif. La remontée rapide du taux de chômage, de 4,9 % en avril à 5,5 % en mai, peut sembler surprenante. Dans un contexte de forte croissance de la population qui continue de gonfler le bassin de main-d’œuvre en Ontario, le taux de chômage varie brusquement lorsque moins d’emplois sont disponibles. 

Implications

Les résultats du Québec pour le mois de mai sont nettement plus favorables que ceux de l’Ontario. Il s’agit d’une situation complètement différente de celle des mois précédents. Que faut-il en conclure ? Au Québec, les gains d’emplois qui sont hésitants depuis le début de l’année sont le reflet d’une économie qui tourne déjà au ralenti. En Ontario, les gains d’emplois spectaculaires ne sont pas nécessairement chose du passé et un rebond pourrait survenir le mois prochain. Il est donc prématuré d’affirmer que le marché du travail a changé de cap. La croissance économique est encore au rendez-vous et les moteurs sont loin d’être éteints.