- Sonny Scarfone
Économiste principal
Québec : le marché du travail clôt 2025 sur une note favorable
Faits saillants
- En décembre, le Québec a ajouté 15 500 emplois nets, portant le gain total en 2025 à 45 000 (tableau 1).
- Le taux de chômage est passé de 5,1 % à 5,4 %, tout en demeurant le plus bas parmi les dix provinces (graphique 1). Cette hausse s’explique par la croissance de la population active (+29 200), malgré une deuxième baisse consécutive de la population de 15 ans et plus (-2 300).
- Les détails étaient également favorables. Après quelques mois de pertes, l’emploi à temps plein a progressé de 16 900 en novembre, réduisant le recul annuel à 36 400. L’emploi dans le secteur privé a aussi augmenté, ce qui a permis au solde annuel de passer légèrement en territoire positif.
- Les services d’enseignement ont terminé l’année sur une note vigoureuse, avec un gain cumulatif de 40 100 emplois. Les secteurs financiers (+28 200) et le commerce de détail et de gros (+24 000) ont également affiché de solides performances annuelles. À l’inverse, les services aux entreprises (-28 200) et les services professionnels, scientifiques et techniques (-19 800) ont enregistré des reculs marqués en 2025.
- Le taux de chômage non désaisonnalisé est resté sous la barre des 5 % dans la plupart des régions. Sur un an, il a diminué considérablement dans les régions de Montréal (de 8,1 % à 6,8 %), de la Capitale‑Nationale (4,5 % à 3,4 %), de la Mauricie (5,5 % à 3,5 %) et du Centre‑du‑Québec (5,0 % à 3,6 %).
Commentaires
Malgré les turbulences de 2025, le marché du travail québécois affiche un bilan plutôt positif dans les circonstances : baisse du taux de chômage par rapport à il y a 12 mois et création nette de 45 000 emplois, bien qu’en ralentissement par rapport à 2024 (+71 900).
L’emploi à temps partiel a contribué à éviter la contraction redoutée, mais la démographie joue un rôle clé, alors que la population de 15 ans et plus a de nouveau reculé par rapport au mois précédent. La population de 15 à 64 ans, la plus susceptible d’être active, demeure pratiquement au neutre en raison des changements dans les politiques d’immigration (graphique 2). La mesure du chômage R7 de Statistique Canada, qui inclut les travailleurs à temps partiel souhaitant un emploi à temps plein, demeure plus faible qu’il y a un an. Cela suggère que la faiblesse relative de l’emploi à temps plein ne s’explique pas par un recours accru au temps partiel involontaire, généralement associé à une conjoncture morose, mais plutôt par des facteurs structurels.
Parmi les autres bonnes nouvelles : la part des chômeurs de longue durée (27 semaines et plus) a chuté de 19,8 % à 12,7 % au cours de l’année. S’ajoute une accélération de la croissance des salaires, qui atteint 5 % sur un an, comparativement à un taux d’inflation de 3 %, appelé à converger vers la cible de 2 % autour de la mi‑année.
Implications
L’année 2025 aura marqué un ralentissement pour le marché du travail québécois, mais celui‑ci demeure somme toute modéré. Les embauches ont été limitées, tout comme les licenciements, permettant au marché d’atteindre un certain équilibre en période d’incertitude. Pour 2026 Lien externe au site., nous anticipons une légère accélération de la croissance économique, mais la révision de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique représente un risque baissier. L’ampleur des retombées sur le marché du travail pourrait ultimement dépendre de la disponibilité de la main‑d’œuvre.
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