- Nom du rédacteur
- Sonny Scarfone
Économiste principal
Québec : un peu de répit pour l’emploi en octobre, mais à peine
Faits saillants
- L’emploi a augmenté de 7 500 en octobre au Québec, après environ 68 000 emplois perdus les deux mois précédents (tableau). Le taux de chômage a reculé de 6,0 % à 5,7 % dans la province, tandis que la population active diminuait pour un troisième mois consécutif (graphique 1).
- Le gain repose presque entièrement sur l’emploi à temps partiel (+7 000), alors que l’emploi à temps plein est demeuré essentiellement stable (+500). Les heures travaillées ont diminué de 4,7 % sur un an.
- La construction (+7 900) et le commerce de gros et de détail (+7 600) ont affiché les principaux gains, tandis que l’industrie de l’information et l’industrie culturelle (‑9 300) et la fabrication (‑6 700) ont enregistré les principaux reculs.
- Malgré le répit d’octobre, le Québec compte 119 200 emplois de moins qu’en début d’année. D’autres indicateurs dressent toutefois un portrait moins sombre du marché du travail que l’Enquête sur la population active (EPA), une divergence sur laquelle nous reviendrons dans une analyse publiée plus tard aujourd’hui.
Commentaires
Après deux mois particulièrement difficiles, le marché du travail québécois a repris un peu de vigueur en octobre. Le gain de 7 500 emplois apporte un peu de répit, mais à peine après les fortes pertes des derniers mois Lien externe au site.. Il est encore trop tôt pour parler d’un véritable redressement.
La composition de l’emploi offre également un portrait mitigé. L’emploi privé a légèrement reculé et demeure sous pression (graphique 2). La fabrication a perdu 6 700 emplois en octobre et 25 600 depuis le début de l’année, une faiblesse notable dans un contexte de recrudescence des tensions commerciales cet automne. Ces chiffres pourraient aussi sous-estimer l’ajustement en cours, les entreprises pouvant réduire les heures de travail pour éviter des mises à pied, comme on l’observe à l’échelle de l’économie.
Le recul du taux de chômage reflète aussi une offre de main-d’œuvre qui se contracte. Comme nous le soulignions le mois dernier, le taux d’activité était déjà tombé à son plus bas niveau depuis 2001, avant de diminuer de nouveau en octobre. Cette contraction s’inscrit dans le ralentissement démographique déjà bien documenté au Québec. La population âgée de 15 à 64 ans est maintenant en baisse d’environ 1 % sur un an (graphique 3).
Implications
Les données d’octobre procurent un peu de répit, mais à peine. Elles ne suffisent pas à effacer la faiblesse des derniers mois ni à signaler un véritable redressement.
Il faut aussi interpréter cette faiblesse dans un contexte démographique qui change rapidement. Avec une population en âge de travailler désormais en contraction, il faudra créer beaucoup moins d’emplois (voire à peine) qu’au cours des dernières années pour stabiliser le taux de chômage. Dans ce contexte de vieillissement de la main-d’œuvre, il n’est d’ailleurs pas surprenant de voir le travail à temps partiel prendre davantage de place, notamment à mesure qu’un nombre croissant de travailleurs s’approchent de la retraite ou y font une transition graduelle.
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