- Sonny Scarfone
Économiste principal
Québec : le marché du travail amorce 2026 dans la continuité
Faits saillants
- En janvier, le Québec a enregistré une hausse nette de 3 700 emplois, un rythme plus modéré qu’en décembre 2025 (tableau 1).
- Le taux de chômage a légèrement reculé, passant de 5,3 % à 5,2 %, tout en demeurant le plus bas parmi les 10 provinces (graphique 1). Cette diminution s’explique par la stagnation de la population active, dans un contexte de troisième baisse mensuelle consécutive de la population âgée de 15 ans et plus.
- Du côté des composantes, le portrait est contrasté. L’emploi à temps plein, en recul de 38 600 postes en 2025, a poursuivi sa tendance à la baisse en janvier, avec une diminution de 13 100 emplois. À l’inverse, l’emploi dans le secteur privé, après avoir stagné en 2025 (-4 600), a affiché une progression marquée de 18 800 emplois en janvier. Le secteur public a montré un recul pour la première fois depuis le mois de mars dernier.
- La plupart des secteurs ont fait du surplace en ce début d’année. Parmi ceux ayant affiché des variations notables, les services professionnels ainsi que les industries de l’information et de la culture ont enregistré des hausses. À l’inverse, les services d’enseignement, après une année 2025 très favorable, ont connu le recul le plus marqué en janvier.
- Le taux de chômage non désaisonnalisé est demeuré sous la barre des 5 % dans la majorité des régions (graphique 2). Sur un an, il a reculé de façon marquée dans le Bas‑Saint‑Laurent (de 6,5 % à 4,5 %), en Mauricie (de 5,7 % à 3,7 %), dans la Capitale‑Nationale (de 5,3 % à 3,6 %) et dans le Centre‑du‑Québec (de 5,8 % à 4,1 %). À Montréal et Laval, les taux se situent à des creux observés pour la dernière fois en 2024.
Commentaires
Depuis un an, la croissance de l’emploi s’appuie davantage sur les postes à temps partiel, une évolution qui coïncide avec la montée de l’incertitude économique, sans en être le principal moteur. Les facteurs structurels demeurent centraux alors que la population âgée de 15 à 64 ans, principal bassin de main-d’œuvre, est désormais en stagnation par rapport à il y a 12 mois.
Dans ce contexte, la mesure élargie du chômage R7, qui inclut les travailleurs à temps partiel souhaitant un emploi à temps plein, demeure inférieure à son niveau d’il y a un an. Le temps partiel observé reflète donc davantage des choix qu’une contrainte subie. Toutefois, cette composition de la création d’emploi se traduit par une baisse du volume total d’heures travaillées, de l’ordre de 2,2 % sur 12 mois.
Implications
L’évolution du marché du travail québécois dépendra de plus en plus des contraintes démographiques qui caractérisent la province. Comme nous le soulignions dans une analyse Lien externe au site. récente, l’économie pourrait évoluer vers un taux de chômage avoisinant 4 % au cours des prochaines années, en l’absence d’une récession. Une telle situation, bien qu’elle ait historiquement été associée à une conjoncture favorable, ne constitue pas pour autant une garantie de prospérité durable et s’observe le plus souvent dans des économies avec une population vieillissante (graphique 3). Elle soulève des enjeux importants pour le potentiel de croissance, l’équilibre des finances publiques et la capacité de maintenir les services publics à long terme.
Contactez nos économistes
Par téléphone
Montréal et environs :
514 281-2336 Ce lien lancera votre logiciel de téléphonie par défaut.