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Nouvelles économiques

Québec : le recul d’emplois le plus important hors pandémie en au moins 50 ans

13 mars 2026
Sonny Scarfone
Économiste principal

Faits saillants

  • En février, le Québec a subi une perte nette de 57 300 emplois, soit l’équivalent des gains cumulés des 14 mois précédents (tableau). Il s’agit du recul mensuel le plus marqué depuis janvier 2021, en pleine période de confinements, et autrement, du plus important depuis le début de la série de Statistique Canada en 1976.
  • Malgré une diminution du taux d’activité, qui exerce habituellement une pression à la baisse sur le taux de chômage, ce dernier a tout de même augmenté de 5,2 % à 5,9 % en février (graphique 1). Il demeure néanmoins inférieur à la moyenne canadienne de 6,7 %, et place le Québec au troisième rang des provinces affichant les taux de chômage les plus faibles, derrière la Saskatchewan et le Manitoba.
  • L’examen des composantes confirme l’ampleur du repli : l’emploi à temps plein comme à temps partiel a diminué, et ces pertes proviennent entièrement du secteur privé.
  • Les reculs étaient par ailleurs largement répartis entre les secteurs, aucun ne concentrant à lui seul la faiblesse observée. Cette diffusion est préoccupante, car elle suggère que les faiblesses apparues dans certains secteurs en 2025 se propagent désormais à l’ensemble de l’économie. Seuls quatre secteurs ont enregistré des gains, totalisant 7 300 emplois : la fabrication, le transport, les services professionnels ainsi que les administrations publiques.
  • Sur une base mensuelle, les taux de chômage non désaisonnalisés ont augmenté partout au Québec, à l’exception de la Capitale‑Nationale, de l’Outaouais, de l’Abitibi‑Témiscamingue et de la Gaspésie–Îles‑de‑la‑Madeleine, où ils sont demeurés stables (la variation entre janvier et février est habituellement assez limitée). En somme, la faiblesse observée en février se manifeste tant par secteur que sur le plan régional.


Commentaires

Il n’y a pas à dire, ce rapport surprend fortement à la baisse, et ce, sur l’ensemble de ses composantes. Le secteur privé, souvent considéré comme le baromètre de la confiance envers la conjoncture, a enregistré un recul de 53 100 emplois, dépassant ainsi son précédent sommet historique de pertes de 33 400 emplois avant la pandémie (février 2005).

Un élément incite toutefois à attendre le prochain rapport avant de conclure qu’il ne s’agit pas d’une aberration statistique, ce qui demeure possible dans toute méthodologie reposant sur une sélection aléatoire de répondants (le fameux « 19 fois sur 20 »). En effet, un autre mois a déjà dépassé le record hors pandémie : aussi récemment qu’en septembre 2025, une perte de 42 200 emplois dans le secteur privé avait été observée, avant que ceux-ci ne soient entièrement récupérés au cours des quatre mois suivants (graphique 2).


Autre élément suggérant la prudence : les heures travaillées recensées étaient estimées en baisse de 0,3 % par rapport à il y a 12 mois, une baisse plutôt modeste étant donné le recul plus marqué enregistré le mois précédent (-2,2 %).

Implications

L’évolution du marché du travail québécois, que l’on qualifiait jusqu’ici de surprenante de par sa résilience comparativement à la vigueur suggérée par le PIB, est rentrée dans le rang ce mois-ci. Vaut mieux toutefois user d’une certaine prudence et attendre les données du prochain mois avant de prononcer un verdict sur l’état de l’économie québécoise. D’autres variables concernant le secteur des services (ex. : commerce de détail) aideront également à corroborer ou non le signal du rapport d’emploi. En bref : un seul mois ne fait pas une tendance… mais il sait certainement attirer l’attention.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.