- Jimmy Jean, vice-président, économiste en chef et stratège
Sonny Scarfone, économiste principal
Budget du Québec
Québec : budget 2026‑2027
Donner (potentiellement) au suivant : un plan de retour à l’équilibre budgétaire qui demandera des décisions difficiles au prochain gouvernement
18 mars 2026
Faits saillants
- Le gouvernement du Québec revoit à la baisse son déficit prévu pour l’exercice financier 2027 (EF 2027), qui passe de 12,4 G$ à 9,9 G$1. Pour l’EF 2026, qui arrive à son terme, le déficit est également réduit, passant de 11,0 G$ à 7,6 G$ (graphique 1 et tableau 1). Les soldes budgétaires à partir de l’exercice 2028 demeurent inchangés, y compris le retour à l’équilibre à l’EF 2030, conformément aux exigences de la Loi sur l’équilibre budgétaire.
- L’amélioration pour l’EF 2026 découle principalement de la non-utilisation de la provision pour éventualités faisant suite à la révision à la hausse du PIB des années antérieures, qui s’est répercutée sur les entrées de revenus par rapport aux attentes. En ce qui concerne l’EF 2027, la révision s’explique par une hausse plus importante des revenus totaux (+1,9 G$) que des dépenses (+1,0 G$) par rapport aux projections présentées dans la mise à jour économique de 2025. Globalement, le gouvernement revoit à la hausse ses revenus sur l’ensemble de l’horizon prévisionnel, et ce, avec des montants supérieurs à ceux de la révision également positive de ses projections de dépenses. Cette évolution reflète en grande partie la révision à la hausse du PIB des dernières années, qui élève le point de départ des trajectoires financières.
- D’importants écarts restent toutefois à combler. Un quart des ajustements à réaliser d’ici l’EF 2028 a été identifié (250 M$ sur 1 G$ à l’automne 2025), tandis que seulement 20 % des mesures nécessaires pour atteindre la cible de l’EF 2030 ont été précisées (0,5 G$ sur 2,5 G$ à l’automne 2025).
- La croissance de 1,1 % du PIB en 2026, puis de 1,4 % en 2027, apparaît optimiste dans le contexte actuel. À cet égard, la progression anticipée des revenus autonomes de 3,4 % survient alors que le Québec fait face à une stagnation démographique, à un marché du travail en ralentissement, à des incertitudes persistantes et à un PIB ayant reculé durant huit des dix derniers mois (en date de novembre). Ces éléments font que le Québec a amorcé l’EF 2026 avec un acquis de croissance particulièrement faible.
- Du côté des dépenses, l’optimisme semble également de mise, du moins si l’objectif consiste à préserver le panier de services, alors que le gouvernement annonce une croissance annuelle moyenne des dépenses limitée à 1,9 % sur une période de cinq ans (de l’EF 2026 à l’EF 2031). Il s’agit d’une discipline sans précédent sur une période comparable, une croissance inférieure même à celle observée durant les années les plus contraintes de la décennie 2010 – des années où l’inflation était environ la moitié de ce qu’elle est aujourd’hui.
- Le gouvernement a tenu compte de l’important déficit en maintien d’actifs et de la révision à la hausse du PIB pour augmenter les sommes allouées au Plan québécois des infrastructures (PQI). La décision de privilégier la mise à niveau des infrastructures existantes (71 % de l’ajout au PQI) plutôt que les projets à visibilité immédiate est raisonnable (et souhaitable). Cette hausse demeure toutefois modeste, considérant l’augmentation des coûts de réalisation des projets. Le déficit de maintien d’actifs pourrait ainsi continuer de croître en termes réels. La trajectoire annoncée à compter de 2028 s’inscrit par ailleurs en cohérence avec la diminution projetée du ratio de la dette nette au PIB. Il n’est pas clair que des révisions à la hausse ne seront alors pas nécessaires.
- Le gouvernement a devancé une part importante de ses emprunts au cours de l’EF 2026, soit 9,3 G$, ce qui constitue une décision opportune dans un contexte de hausse récente des taux de long terme. Pour 2026‑2027, le programme de financement est ainsi revu à la baisse, passant de 34,1 G$ à 26,2 G$. Les besoins devraient continuer de diminuer au cours du reste de la décennie, à mesure que les déficits se résorbent et que les investissements prévus dans le PQI se réduisent à partir de 2028. Une hausse des remboursements d’emprunts passés est toutefois attendue en 2030‑2031, en cohérence avec les importants financements contractés dix ans plus tôt, lors de la première année de la pandémie.
1 Sauf indication contraire, l’ensemble du document fait référence au solde budgétaire après les versements au Fonds des générations. Sinon, il fait référence au surplus ou déficit comptable.
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