- Nom du rédacteur
- Laura Gu
Économiste senior
Point de vue économique
Perspectives économiques provinciales de Desjardins
Les provinces canadiennes s’en sortent mieux que prévu, mais la résilience est inégale
29 octobre 2026
Faits saillants
- La performance économique canadienne masque un profond écart entre les régions. Les données récentes montrent une résilience supérieure à nos attentes. Les exportations d’automobiles se sont redressées et ont profité de l’élan des secteurs de l’énergie et des mines jusqu’au milieu de l’année, tandis que la plupart des autres secteurs exposés aux droits de douane se sont stabilisés. La vigueur de l’embauche tout au long de l’été a permis de contenir le chômage dans la plupart des provinces, et les ventes au détail ont gagné en dynamisme, même en excluant l’essence.
- Cette vigueur semble concentrée, l’Alberta arrivant en tête tant pour les emplois que pour les dépenses de consommation, tandis que le Québec est à la traîne pour les emplois, et la Colombie‑Britannique, pour les deux. L’Ontario a surpris positivement, réduisant l’écart de croissance qui le séparait du reste du pays.
- La croissance devrait ralentir au cours de la seconde moitié de l’année. La liste révisée des tarifs douaniers en vertu de l’article 338 frappe plus durement l’Ontario, le Québec, la Colombie‑Britannique et la Nouvelle‑Écosse, tandis que les contre-tarifs proposés par le Canada pèseraient plus lourdement sur les Prairies et l’Ontario.
- Les investissements des entreprises devraient soutenir la relance, mais le bassin de projets favorise les régions riches en ressources naturelles. Les investissements non résidentiels réels ont augmenté dans toutes les provinces au cours du premier semestre de 2026, sous l’impulsion de la Colombie‑Britannique et du Canada atlantique. Comme les grands projets présentés au Sommet canadien de l’investissement sont fortement axés sur les secteurs des mines, de l’énergie et du gaz naturel liquéfié (GNL), les gains d’investissement les plus importants à moyen terme devraient favoriser la Colombie‑Britannique, l’Alberta et les provinces de l’Atlantique.
- La vigueur récente des activités a entraîné une révision à la hausse de nos prévisions, et un rebond stimulé par l’investissement est attendu l’année prochaine. Nous avons relevé nos prévisions de croissance pour 2026 et pour 2027 par rapport à nos perspectives provinciales de juin, mais le portrait régional demeure inégal (graphique 1). On s’attend à un regain de croissance dans toutes les provinces l’année prochaine grâce à la reprise des investissements, l’Alberta et la Colombie‑Britannique devant connaître l’accélération la plus marquée.
- Pour l’instant, le ralentissement démographique est moins prononcé que ce que l’on croyait. Les plus récentes révisions montrent un recul beaucoup moins marqué du nombre de résidents non permanents comparativement à nos premières estimations. Par conséquent, l’immigration a permis à la population de l’Ontario, du Québec et de la Colombie‑Britannique de continuer à croître au lieu de diminuer. L’atteinte de la cible de 5 % d’Ottawa d’ici 2027 nécessiterait désormais une baisse de la population dans la plupart des provinces, mais nous considérons qu’il est peu probable que cet objectif soit atteint.
- La montée des prix de l’énergie a contribué à une inflation plus élevée, mais à des degrés variables selon les provinces. Les écarts entre les provinces devraient s’atténuer en 2027 à mesure que l’inflation ralentira graduellement.
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