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Prévisions économiques et financières

La Banque du Canada se remettra au travail

22 octobre 2026
Nom du rédacteur
Jimmy Jean • Randall Bartlett • Benoit P. Durocher • Royce Mendes • Mirza Shaheryar Baig • Marc-Antoine Dumont
Tiago Figueiredo • Francis Généreux • Sonny Scarfone • Oskar Stone • Hendrix Vachon • LJ Valencia

Faits saillants

  • Malgré des tensions persistantes, les exportations énergétiques du Moyen‑Orient se rétablissent alors que les plus récentes données montrent un volume équivalent à environ 80 % de celui d’avant la guerre. Globalement, on note toutefois une pénurie de pétroliers qui réduit les chances d’une stabilisation des prix du pétrole à très court terme. Nous prévoyons tout de même que les prix du brut termineront l’année autour de 80 $ US le baril. La croissance de l’économie mondiale semble s’être maintenue au cours des derniers mois, malgré la remontée des coûts de l’énergie. En Chine, une amélioration de la demande intérieure en septembre accompagnée d’exportations toujours fortes a amené une accélération du PIB réel au troisième trimestre. En zone euro, les récents niveaux des indices PMI signalent une croissance économique plutôt stable, mais la remontée de l’inflation et la hausse des taux d’intérêt directeurs et obligataires pourraient affecter davantage l’activité économique.
  • Aux États‑Unis, la croissance du PIB réel au premier semestre de 2026 a été légèrement rehaussée à la suite de la révision annuelle des comptes nationaux publiée en septembre. On s’attend à une croissance annualisée de plus de 3 % pour le troisième trimestre grâce notamment aux dépenses des ménages, à la poursuite des investissements liés au développement de l’IA et à une augmentation des stocks des entreprises. La résilience de l’économie américaine demeure étonnante dans un contexte d’augmentation des coûts du carburant, de hausses de taux d’intérêt et de nouvelle baisse de la confiance des consommateurs. De son côté, le marché du travail continue de donner des signaux divergents. L’inflation américaine devrait rester assez élevée à court terme pour redescendre à partir du printemps de 2027. L’enjeu de la hausse du coût de la vie est l’un des facteurs qui pourraient faire mal au parti du président Trump lors des élections de mi-mandat Lien externe au site. du 3 novembre.
  • Nos perspectives pour l’économie canadienne ont fait l’objet de modestes révisions à la hausse par rapport à nos prévisions précédentes. À court terme, nous prévoyons une progression du PIB réel d’environ 2,0 % à rythme annualisé au troisième trimestre, grâce à une légère hausse de l’investissement des entreprises. De plus, la consommation des ménages demeure résiliente et devrait soutenir la croissance au cours des prochains trimestres, comme le suggèrent nos plus récentes analyses. Nous prévoyons également que la Mégadéduction à la productivité du gouvernement fédéral stimulera l’activité économique à moyen terme. Nous estimons que, de 2027 à 2030, cette mesure fera augmenter l’investissement des entreprises d’environ 1 % en moyenne par année et le PIB réel d’approximativement 0,1 %. Toutefois, l’effet stimulant de l’augmentation de l’investissement des entreprises sera probablement contrebalancé en partie par la hausse des importations. Quoi qu’il en soit, les tensions commerciales avec les États‑Unis demeurent un frein notable, tandis que le conflit au Moyen‑Orient devrait maintenir les prix de l’énergie à des niveaux élevés, ce qui incitera probablement la BdC à relever ses taux lors de sa prochaine annonce en octobre 2026.
  • L’économie québécoise continue d’évoluer en demi-teinte. Le PIB réel a progressé au deuxième trimestre, et sa composition était plus encourageante Lien externe au site. que lors des trimestres précédents. Cette amélioration ne signifie toutefois pas que l’économie est sortie de sa période de faiblesse. Le marché du travail s’est notamment détérioré au cours des derniers mois, culminant avec une forte baisse de l’emploi en septembre Lien externe au site.. Ce recul doit cependant être interprété avec prudence, puisqu’il a été amplifié par des mouvements inhabituels dans le secteur de l’éducation. La situation apparaît ainsi moins sombre que ne le suggèrent les données d’emploi à première vue, sans pour autant signaler un véritable regain de vigueur. Nos prévisions demeurent donc essentiellement inchangées, la croissance du PIB réel étant maintenant estimée à 0,4 % en 2026. Dans ce contexte, l’arrivée d’un gouvernement minoritaire du PQ Lien externe au site. change peu la nature des principaux défis économiques à court terme. La faiblesse de la conjoncture et les contraintes budgétaires limiteront sa marge de manœuvre, particulièrement dans l’optique d’un retour à l’équilibre budgétaire en 2028‑2029.
  • En Ontario, les perspectives se sont améliorées après des révisions ayant révélé une résilience économique plus forte que prévu. Le PIB réel y a rebondi plus fortement qu’au Canada au deuxième trimestre de 2026, tandis que la croissance du premier trimestre a été révisée, passant d’une contraction à une stagnation, ce qui a permis à la province de surclasser le reste du pays au cours de la première moitié de 2026. Les dépenses des ménages devraient continuer de bénéficier d’un marché du travail relativement solide, porté par les services privés. Les perspectives pour le secteur des biens sont moins favorables. La production automobile a enregistré un rebond, mais les droits de douane imposés en vertu de l’article 338 accentuent l’exposition de l’Ontario, tandis que les contre-mesures canadiennes font grimper les coûts dans certaines industries. Les mises en chantier sont revenues à de faibles niveaux au troisième trimestre. Les mesures de soutien devraient établir un plancher, mais la faiblesse de la demande et les conditions économiques difficiles des projets freineront probablement la reprise du marché de l’habitation. L’investissement non résidentiel offre une croissance plus durable, bien que concentrée, à mesure que les activités dans les secteurs nucléaire et minier s’intensifient. L’inflation demeure un point positif, car la pondération moindre des aliments et de l’énergie ainsi que la modération des coûts du logement devraient maintenir l’inflation globale sous la moyenne nationale.

Risques inhérents aux scénarios

La situation géopolitique globale reste compliquée. Le principal risque pour nos scénarios demeure un conflit qui se prolonge davantage avec l’Iran ou qui s’étend plus directement à d’autres pays. De plus, la guerre entre l’Ukraine et la Russie pourrait accentuer les pressions sur l’offre mondiale de produits pétroliers. Ainsi, les prix de l’énergie pourraient être encore plus élevés que ceux que nous posons comme scénario de base, et les chaînes d’approvisionnement pourraient être davantage perturbées. Cela pourrait entraîner une inflation nettement plus forte ainsi qu’une détérioration marquée de la confiance des ménages et des entreprises. Outre la situation au Moyen‑Orient, les risques géopolitiques demeurent élevés alors que les relations diplomatiques et économiques entre les États‑Unis et les autres pays avancés sont fragiles. La possibilité que de nouvelles mesures tarifaires soient adoptées garde les tensions vives, comme le démontre la récente escalade de la guerre commerciale entre les États‑Unis et le Canada. Les banques centrales pourraient devoir resserrer plus rapidement leurs politiques monétaires si l’inflation devait s’accélérer de manière notable sous l’effet d’une contagion de prix de l’énergie plus élevés, de nouveaux tarifs douaniers ou de difficultés dans les chaînes d’approvisionnement. Devant ces nombreux risques, l’économie mondiale pourrait ralentir significativement et certains pays pourraient connaître une récession. La hausse continue des taux obligataires représente aussi un risque, particulièrement dans les économies fortement endettées, accentuant les tensions financières, budgétaires et politiques, comme on peut notamment le voir en France. L’attention est aussi tournée vers les élections américaines de mi-mandat, ainsi que vers des négociations budgétaires, qui pourraient perturber la conjoncture. L’érosion de piliers institutionnels aux États‑Unis pourrait inciter certains investisseurs mondiaux à réduire leur exposition aux États‑Unis à un rythme accéléré ou de façon désordonnée. Une importante correction des marchés boursiers, lesquels ont fortement bénéficié de l’engouement pour l’intelligence artificielle, pourrait ébranler la confiance et causer un choc d’effet de richesse.


Scénario financier

Nous avons devancé nos prévisions de relèvement du taux directeur par la BdC afin d’y inclure une hausse plus tard ce mois-ci, ainsi qu’une autre en janvier 2027. La BdC fait face à des pressions opposées, car les prix de l’énergie demeurent élevés alors que la dynamique économique montre des signes de faiblesse, particulièrement au chapitre de l’emploi. Nous avons également révisé nos perspectives à court terme pour la Fed afin d’y inclure une autre hausse de taux avant la fin de l’année, qui viserait à contenir les pressions inflationnistes. Notre vision à plus long terme demeure toutefois inchangée, un assouplissement étant probablement requis l’an prochain.

Les actions canadiennes regagnent du terrain après la vague de ventes de septembre et continuent de surclasser l’indice S&P 500 cette année. Cette tendance devrait se poursuivre, mais les bénéfices des sociétés technologiques publiés au cours du mois prochain seront un facteur déterminant des perspectives.

Le dollar canadien s’est affaibli davantage que ce à quoi nous nous attendions, et notre prévision précédente de 1,38 à la fin de l’année est désormais obsolète. Nous prévoyons que les écarts de taux entre les États‑Unis et le Canada se rétréciront l’an prochain et continuons de tabler sur un raffermissement du dollar canadien. Nous avons toutefois dû rajuster notre point de départ en fonction du marché et prévoyons maintenant que la paire USD‑CAD se maintiendra autour de 1,42 au cours des prochains mois.


Tableaux de prévisions






NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.