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Prévisions économiques et financières

De la résilience au début de 2026, mais les turbulences de marché annoncent un été mouvementé

21 mai 2026
Jimmy Jean • Randall Bartlett • Benoit P. Durocher • Royce Mendes • Mirza Shaheryar Baig • Marc-Antoine Dumont
Tiago Figueiredo • Francis Généreux • Sonny Scarfone • Oskar Stone • Hendrix Vachon • LJ Valencia

Faits saillants

  • L’économie mondiale est toujours sur le qui-vive alors que le conflit en Iran et ses répercussions sur l’offre de pétrole persistent. Les prix du baril de pétrole oscillent encore autour de 100 $ US et devraient rester élevés au cours des prochains mois. Cela dit, l’économie mondiale montre une certaine résilience. Le PIB réel s’est accéléré au premier trimestre de 2026 en Allemagne, au Royaume‑Uni et au Japon. Les indices PMI de la plupart des grandes économies se maintiennent à des niveaux compatibles avec une poursuite de la croissance au deuxième trimestre. Toutefois, l’inflation a remonté un peu partout et les risques qu’amène la guerre pour le bon fonctionnement des chaînes d’approvisionnement menacent de fragiliser la croissance de l’économie.
  • Aux États‑Unis, le PIB réel s’est aussi accéléré au premier trimestre de 2026, alors que la croissance a été appuyée par le rebond des dépenses du gouvernement fédéral et par une bonne progression des investissements des entreprises, notamment ceux liés au développement et à l’implantation de l’intelligence artificielle. La hausse persistante des prix de l’essence est toutefois un élément déstabilisant et contrebalance les effets positifs des baisses d’impôts adoptées l’an dernier. L’inflation totale a d’ailleurs atteint 3,8 % en avril, son plus haut taux depuis mai 2023, et elle pourrait bientôt dépasser les 4 % avant de redescendre. La croissance du PIB réel devrait se montrer légèrement plus faible au deuxième trimestre. Contrairement à l’an dernier, le marché du travail est présentement une source de stabilité avec de bons gains au cours des derniers mois et des demandes d’assurance-chômage plutôt basses, une situation qui devrait se poursuivre.
  • Nos perspectives pour l’économie canadienne n’ont pas changé de façon importante par rapport à nos projections antérieures. Les développements récents au Moyen‑Orient font en sorte que les prix du pétrole resteront élevés Lien externe au site., ce qui devrait entraîner une hausse des investissements des entreprises et des exportations nettes, surtout dans le secteur de l’énergie. En même temps, nos perspectives d’inflation demeurent supérieures à ce qu’elles étaient avant le conflit Lien externe au site.. Les transferts fiscaux visant à soutenir les consommateurs, comme la suspension temporaire de la taxe sur le carburant et les modifications au crédit pour la TPS/TVH à compter du 5 juin 2026, devraient atténuer le ralentissement de la consommation des ménages découlant de la poussée des prix de l’énergie. Les dépenses et les investissements annoncés dans le cadre de la mise à jour économique fédérale du printemps 2026 Lien externe au site. devraient agir comme levier modeste à moyen terme. Néanmoins, la révision conjointe prochaine de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique Lien externe au site. (ACEUM) constitue un vent contraire important, qui devrait convaincre la Banque du Canada (BdC) de rester sur la touche à court terme.
  • Les données publiées au cours du dernier mois nous amènent à abaisser notre prévision de croissance du PIB réel du Québec en ­2026 de 0,8 % à 0,6 %. Avant même le conflit au Moyen‑Orient, le PIB réel stagnait Lien externe au site. en janvier et se situait 0,7 % sous son niveau d’il y a un an. Depuis, le choc pétrolier pèse sur les dépenses réelles des ménages, les indicateurs à haute fréquence pointant vers une prudence accrue. Les données d’avril sur l’emploi confirment la faiblesse : un nouveau recul marqué, surtout de l’emploi à temps plein, laisse le Québec à la traîne par rapport au reste du pays. Plus exposée aux tarifs sectoriels que la moyenne nationale, la province voit sa position se détériorer avec les récents changements touchant les produits métalliques Lien externe au site.. Enfin, l’incertitude entourant la révision de l’ACEUM cet été, combinée au déclin de la population en âge de travailler, continuera de peser sur les perspectives du Québec.

Risques inhérents aux scénarios

La situation géopolitique globale reste difficile et est exacerbée par la guerre en Iran, qui engouffre toute la région du golfe Persique. Le principal risque pour nos scénarios reste un conflit qui se prolonge ou qui s’étend à d’autres pays. Les prix de l’énergie pourraient être encore plus élevés que ceux que nous posons comme hypothèse centrale, et les chaînes d’approvisionnement pourraient être davantage perturbées. La confiance des ménages, des entreprises et des investisseurs pourrait s’effondrer, ce qui pourrait amener une faible croissance économique, voire une récession globale, et une inflation nettement plus forte. Outre le conflit au Moyen‑Orient, les tensions demeurent élevées alors que les relations diplomatiques et économiques entre les États‑Unis et les autres pays avancés sont fragiles. À la suite de la décision de la Cour suprême américaine, l’administration Trump cherche des manières d’imposer de nouveaux tarifs douaniers. La possibilité que de nouvelles mesures soient adoptées garde les tensions vives. Les banques centrales pourraient devoir abaisser davantage leurs taux directeurs advenant une dégradation plus forte que prévu de l’économie. À l’opposé, les taux directeurs pourraient être rehaussés si l’inflation devait s’accélérer de manière notable sous l’effet d’une contagion des prix de l’énergie plus élevés, de nouveaux tarifs douaniers ou de difficultés dans les chaînes d’approvisionnement. L’attention est aussi tournée vers la révision de l’ACEUM ainsi que les élections de mi-mandat, des facteurs qui pourraient perturber la conjoncture. L’érosion de piliers institutionnels aux États‑Unis pourrait inciter certains investisseurs mondiaux à réduire davantage leur exposition aux États‑Unis. Une importante correction des marchés boursiers, qui ont fortement bénéficié de l’engouement pour l’intelligence artificielle, pourrait ébranler la confiance et causer un choc d’effet de richesse. Des épisodes de volatilité touchant les marchés obligataires, les devises et les prix des matières premières pourraient également dégrader les perspectives pour l’économie mondiale.


Scénario financier

Les attentes du marché à l’égard des décisions des banques centrales américaine et canadienne ont changé au cours du dernier mois. Les participants n’envisagent plus la prochaine décision de la Réserve fédérale (Fed) comme une baisse de taux. Une tendance similaire s’observe dans les attentes relatives à la BdC : de nombreux prévisionnistes anticipent maintenant un relèvement des taux en 2026, sur fond de préoccupations à l’égard d’une inflation alimentée par les prix de l’énergie. Nous nous attendions déjà à ce que les prix du pétrole demeurent élevés pendant plus longtemps que le consensus, de sorte que nos perspectives demeurent essentiellement inchangées, tant pour la BdC que pour la Fed. Cela dit, la récente hausse des primes de terme, qui a resserré les conditions financières, reflète un malaise croissant à l’égard de la dette souveraine.

Le dollar américain continue de servir de baromètre de l’appétit mondial pour le risque, bien qu’il demeure dans une fourchette définie pour le moment. Comme l’humeur à l’égard du risque restera probablement morose, nous avons maintenu des perspectives plus mitigées pour l’appréciation du dollar canadien.

Les marchés boursiers, particulièrement aux États‑Unis, tentent de regarder au-delà des préoccupations liées à l’énergie. Le S&P 500 et le NASDAQ ont tous deux atteint de nouveaux sommets au cours des dernières semaines, en raison surtout de la vigueur des titres liés aux semiconducteurs. Par conséquent, nous avons relevé nos perspectives pour les actions américaines.


Tableaux de prévisions





NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.