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Prévisions économiques et financières

Les marchés pourraient pousser la Banque du Canada à assouplir davantage sa politique monétaire si les données continuent de décevoir

19 février 2026
Jimmy Jean • Randall Bartlett • Benoit P. Durocher • Royce Mendes • Mirza Shaheryar Baig • Marc-Antoine Dumont
Tiago Figueiredo • Francis Généreux • Sonny Scarfone • Oskar Stone • Hendrix Vachon • LJ Valencia

Faits saillants

  • L’économie mondiale poursuit sa croissance modeste. L’économie européenne a même montré des signes d’amélioration au dernier trimestre de 2025 alors que les PIB réels allemand et italien se sont accélérés. Pour l’ensemble de la zone euro, le gain a été de 0,3 % (non annualisé), le plus élevé depuis le premier trimestre de 2025. Cela dit, la baisse de la production industrielle en France et en Allemagne en décembre est de moins bon augure. Au Royaume‑Uni ainsi qu’au Japon, l’activité économique est demeurée plutôt lente, chacun affichant un gain de 0,1 % de son PIB réel au quatrième trimestre de 2025. Pour la plupart des pays avancés, les indices PMI du début de 2026 suggèrent que la croissance économique, bien qu’assez lente, reste en place. Après une hausse estimée à 3,2 % pour 2025, le PIB réel mondial devrait afficher des progressions de 3,1 % en 2026 et en 2027. La conjoncture n’est toutefois pas à l’abri des aléas de l’actualité géopolitique, comme on peut d’ailleurs le voir aussi dans la volatilité des marchés, y compris les matières premières, depuis le début de l’année.
  • Aux États‑Unis, une autre forte progression du PIB réel est attendue pour le quatrième trimestre, et ce, malgré ce qui a été la plus longue impasse budgétaire. Le gain du PIB réel a été notamment soutenu par une bonne progression de la consommation. Les récents résultats sont toutefois plus décevants à cet égard (stagnation des ventes au détail en décembre et chute des ventes d’automobiles neuves en janvier). On s’attend néanmoins à ce que le revenu des particuliers profite plus clairement dans les prochains mois des changements fiscaux adoptés l’été dernier. Les embauches se sont accélérées en janvier, mais la révision annuelle des données sur l’emploi a terni le portrait du marché du travail. L’inflation a de nouveau ralenti au début de 2026, notamment grâce à une nouvelle baisse des prix de l’énergie. On sent aussi que les entreprises importatrices demeurent réfractaires à augmenter les prix pour leur clientèle.
  • Nos perspectives à court terme pour l’économie canadienne restent essentiellement inchangées par rapport à nos projections antérieures. Nous nous attendons à une demande intérieure stable, stimulée par de solides perspectives au sud de la frontière et par un marché du travail résilient. Les modifications apportées au crédit pour la TPS/TVH devraient appuyer la consommation en 2026. Les dépenses fédérales en défense et en infrastructures devraient offrir un soutien supplémentaire à moyen terme, ce qui devrait plus que compenser les réductions des dépenses de fonctionnement. En revanche, le ralentissement de la croissance démographique Lien externe au site. devrait freiner la croissance. De plus, l’investissement des entreprises et les exportations nettes devraient demeurer faibles en raison de l’incertitude entourant la révision conjointe de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM). Pour le moment, notre analyse Lien externe au site. suggère que les tarifs douaniers américains sur les exportations canadiennes pourraient se stabiliser, les droits sectoriels demeurant un facteur déterminant. De plus, nos recherches Lien externe au site. montrent que le récent changement de régime au Venezuela ajoute une couche d’incertitude aux perspectives du prix du pétrole, ce qui vient peser davantage sur l’investissement des entreprises dans le secteur énergétique canadien.
  • Au Québec, après une année 2025 en dents de scie, la progression du PIB réel devrait se maintenir en territoire positif en 2026, et ce, même si les incertitudes demeurent élevées, en particulier les tensions commerciales. Le Québec entre dans une période de chômage structurellement faible Lien externe au site., principalement en raison de facteurs démographiques. Le taux de chômage pourrait ainsi descendre aux alentours de 5 % d’ici la fin de cette année. Les travailleurs et les ménages québécois devraient donc bénéficier de conditions relativement favorables. Cela dit, la pénurie de travailleurs pourrait de plus en plus restreindre le potentiel de croissance dans certaines industries. 

Risques inhérents aux scénarios

La situation géopolitique globale reste tendue et de nouvelles velléités américaines demeurent à risque de nuire aux relations diplomatiques et économiques entre les États‑Unis et les autres pays avancés. Les tarifs toujours en place et la possibilité de nouvelles mesures qui seraient instaurées pour différents prétextes gardent les tensions élevées. Les banques centrales pourraient devoir abaisser davantage leurs taux directeurs advenant une dégradation plus forte que prévu de l’économie. À l’opposé, les taux directeurs pourraient être rehaussés si l’inflation devait s’accélérer significativement sous l’effet de nouveaux tarifs douaniers ou de difficultés dans les chaînes d’approvisionnement. Des tensions géopolitiques pourraient contribuer à l’inflation en poussant le prix de certaines ressources à la hausse, notamment le pétrole. Il faudra également surveiller de près les risques entourant l’indépendance et la neutralité des institutions économiques clés aux États‑Unis. Il faudra voir comment l’arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale (Fed) en changera le fonctionnement ou en affectera la politique monétaire. L’attention est aussi tournée vers les décisions de la Cour suprême au sujet de la politique commerciale de l’administration Trump, vers la révision de l’ACEUM ainsi que vers les élections de mi-mandat, tous des facteurs qui pourraient perturber la conjoncture. L’érosion de piliers institutionnels aux États‑Unis pourrait inciter certains investisseurs mondiaux à réduire davantage leur exposition aux États‑Unis. Toutefois, les problèmes politiques et des enjeux par rapport à l’endettement public sont aussi présents ailleurs dans le monde, notamment en Europe et au Japon. Une forte correction des marchés boursiers, où l’engouement pour l’intelligence artificielle prend une allure exubérante, pourrait heurter la confiance et causer un choc d’effet de richesse. Des épisodes de volatilité sur les marchés obligataires, les devises et les prix des matières premières pourraient également dégrader les perspectives pour l’économie mondiale.  


Scénario financier

L’incertitude commerciale continue de brouiller les perspectives pour les banquiers centraux canadiens. Notre prévision maintient pour l’instant l’hypothèse que la BdC maintiendra les taux stables en 2026 et commencera à resserrer sa politique vers le milieu de 2027. Cela dit, nos projections de taux directeurs demeurent assorties de risques orientés à la baisse pour les prochains trimestres et sont très conditionnelles aux négociations commerciales. À plus long terme sur la courbe, la forte demande étrangère pour les obligations canadiennes devrait comprimer les primes de terme et entraîner une légère diminution des taux d’ici la fin de l’année. Il faut donc s’attendre à ce que la courbe des rendements s’aplatisse au cours des prochains trimestres.

Contrairement à l’aplanissement prévu pour le Canada, nous nous attendons à ce que la courbe des taux du Trésor américain s’accentue d’ici la fin de l’année. La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait abaisser son taux directeur à deux reprises cette année, et les risques sont orientés vers un assouplissement plus prononcé. Cela dit, il ne devrait pas y avoir de forte réaction du côté du segment long de la courbe. Le déclin de la demande mondiale pour les titres du Trésor américain devrait exercer une pression à la hausse sur les primes de terme, maintenant les rendements à long terme élevés.

Les développements de l’intelligence artificielle continuent d’injecter de la volatilité dans les actifs à risque, et l’incertitude qui plane sur les marchés ne devrait pas se dissiper dans l’avenir prévisible. Le financement de la dette lié à l’augmentation des dépenses d’investissement devrait commencer à exercer une pression sur les écarts de crédit agrégés à mesure que l’année avancera. La spéculation se poursuit quant à savoir si les investissements en intelligence artificielle auront un effet bénéfique tangible à court terme. Les indices d’actions canadiennes, plus fortement liés aux matières premières et à un système bancaire robuste, devraient continuer de surclasser les indices d’actions américaines. Le huard a profité de la faiblesse généralisée du dollar américain depuis le début de l’année, mais cette vigueur risque de s’estomper, puisque les préoccupations liées à la révision de l’ACEUM accapareront l’attention au cours des mois à venir.


Tableaux de prévisions





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