- Jimmy Jean • Randall Bartlett • Benoit P. Durocher • Royce Mendes • Mirza Shaheryar Baig • Marc-Antoine Dumont
Tiago Figueiredo • Francis Généreux • Sonny Scarfone • Oskar Stone • Hendrix Vachon • LJ Valencia
Le conflit au Moyen-Orient se prolonge… mais les principales économies tiennent le coup
Faits saillants
- Comme exposé dans notre récente Nouvelles économiques Lien externe au site., notre scénario de référence anticipe désormais une perturbation plus persistante des marchés pétroliers, avec un prix du WTI (West Texas Intermediate) autour de 80 $ US le baril en fin d’année. La situation géopolitique demeure fragile alors que les tentatives de rapprochement entre les États‑Unis et l’Iran se succèdent sans déboucher sur des avancées concrètes. Au moment d’écrire ces lignes, le trafic maritime demeurait fortement limité dans le golfe Persique, représentant seulement 10 % du volume habituel. La situation devrait demeurer très volatile à court terme, et la conclusion d’un accord durable entre l’ensemble des parties concernées apparaît complexe.
- Pour le moment, les grandes économies ne montrent pas encore de signes évidents que la situation au Moyen‑Orient et le bond des prix de l’énergie qu’elle a provoqué feront déraper la croissance de l’activité économique. Les indices PMI manufacturiers ne se sont pas effondrés en mars et en avril, bien que les indices des services ainsi que la confiance des ménages semblent plus fragiles. Les prévisions de progression du PIB réel ont tout de même été ajustées à la baisse et celles d’inflation, à la hausse. En Chine, le PIB réel a fait assez bonne figure au premier trimestre avec un gain de 1,3 % (non annualisé).
- Aux États‑Unis, la hausse du PIB réel a de nouveau été révisée à la baisse à 0,5 % (annualisé) pour le dernier trimestre de 2025 et l’on s’attend à une croissance d’environ 2,5 % au premier trimestre de 2026 grâce au rebond post-impasse budgétaire. La progression du PIB réel pourrait s’avérer plus lente au deuxième trimestre alors que le revenu disponible réel est contraint par la hausse des prix de l’essence malgré l’augmentation des remboursements d’impôt. La création d’emplois s’est avérée très volatile au cours des derniers mois, une situation qui risque de perdurer puisque l’incertitude est encore élevée pour les entreprises. Du côté des ménages, la confiance a été ébranlée par la nouvelle hausse du coût de la vie. L’inflation a d’ailleurs atteint en mars son plus haut niveau depuis mai 2024 et pourrait augmenter encore au cours des deux prochains mois. L’inflation de base devrait demeurer relativement stable.
- Nos perspectives pour l’économie canadienne ont été révisées à la hausse par rapport à nos projections antérieures. Nous nous attendons à ce que les développements récents au Moyen‑Orient Lien externe au site. maintiennent les prix du pétrole plus élevés pendant plus longtemps, ce qui stimulera probablement les investissements des entreprises et les exportations nettes, en particulier dans le secteur de l’énergie. Parallèlement, le rebond des prix du pétrole a rehaussé nos perspectives d’inflation. Les mesures fiscales visant à soutenir les consommateurs, notamment la réduction temporaire de la taxe sur l’essence et les modifications apportées au crédit pour la TPS/TVH, devraient compenser le ralentissement de la consommation des ménages causé par le prix à la pompe élevé. Les dépenses militaires et les autres investissements devraient soutenir l’activité économique à moyen terme, ce qui compensera les compressions prévues des dépenses du secteur public fédéral annoncées dans le budget de 2025 Lien externe au site.. Cela dit, l’examen conjoint à venir de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM) représente un risque de baisse important.
- La conjoncture québécoise se caractérise par un contraste entre la résilience de certains moteurs de croissance et la fragilisation du marché du travail. Les données du quatrième trimestre de 2025 indiquent que, malgré une contraction du PIB réel, la demande intérieure est demeurée solide, tandis que le commerce international a même contribué positivement en fin d’année. Le léger recul de l’activité s’explique entièrement par la baisse des stocks. C’est dans ce contexte que le début de 2026 a été marqué par une évolution erratique du marché du travail, où des pertes prononcées ont été suivies de redressements partiels. La faiblesse persistante de l’emploi à temps plein se répercute sur les heures travaillées, en baisse cumulative de 1,7 %. Cette dynamique est tributaire du recul de la population âgée de 15 ans et plus, qui réduit la création d’emplois nécessaire pour stabiliser le taux de chômage. Dans ce contexte structurel, alors que le choc pétrolier constitue un facteur négatif net pour la province, et que les autres risques baissiers perdurent, la croissance attendue au Québec est révisée légèrement à la baisse, à 0,8 %.
Risques inhérents aux scénarios
La situation géopolitique globale s’est détériorée et elle est exacerbée par la guerre en Iran, qui engouffre toute la région du golfe Persique. Les principaux risques pour nos scénarios restent un conflit prolongé ou une extension à d'autres pays. Les prix de l’énergie pourraient être encore plus élevés que ceux que nous posons comme hypothèse centrale, et les chaînes d’approvisionnement pourraient être davantage perturbées. La confiance des ménages, des entreprises et des investisseurs pourrait s’effondrer. Ce contexte amènerait à la fois une faible croissance économique, voire une récession globale, et une inflation nettement plus forte. En dehors du conflit au Moyen‑Orient, les tensions demeurent élevées alors que les relations diplomatiques et économiques entre les États‑Unis et les autres pays avancés sont fragiles. À la suite de la décision de la Cour suprême américaine, l’administration Trump cherche des manières d’imposer de nouveaux tarifs douaniers. La possibilité de nouvelles mesures garde les tensions élevées. Les banques centrales pourraient devoir abaisser davantage leurs taux directeurs advenant une dégradation plus forte que prévu de l’économie. À l’opposé, les taux directeurs pourraient être rehaussés si l’inflation devait s’accélérer significativement sous l’effet d’une contagion des prix de l’énergie plus élevés, de nouveaux tarifs douaniers ou de difficultés dans les chaînes d’approvisionnement. L’attention est aussi tournée vers la révision de l’ACEUM ainsi que les élections de mi-mandat, des facteurs qui pourraient perturber la conjoncture. L’érosion de piliers institutionnels aux États‑Unis pourrait inciter certains investisseurs mondiaux à réduire davantage leur exposition aux États‑Unis. Une importante correction des marchés boursiers, qui ont fortement bénéficié de l’engouement pour l’intelligence artificielle, pourrait heurter la confiance et causer un choc d’effet de richesse. Des épisodes de volatilité sur les marchés obligataires, les devises et les prix des matières premières pourraient également dégrader les perspectives pour l’économie mondiale.
Scénario financier
Les attentes des marchés à l’égard du resserrement de la politique monétaire se sont affaiblies au cours des dernières semaines. Au Canada, moins d'une hausse de taux est désormais intégrée par les marchés financiers d'ici la fin de l'année, tandis qu’ils ont commencé à s’attendre à des baisses de taux vers la fin de l’année aux États‑Unis. Nous croyons toujours que la Banque du Canada restera sur la touche pendant le reste de 2026 et nous nous attendons à ce que les décideurs américains soient en mesure de reprendre leurs mesures d’assouplissement vers la fin de l’année.
Le dollar américain se comporte comme un baromètre de l’appétit mondial pour le risque, mais il évolue pour l’instant dans une large fourchette de fluctuation. Le sentiment de risque étant susceptible de demeurer fragile, nous avons réduit nos perspectives d’appréciation du dollar canadien. Bien que certaines banques centrales européennes et asiatiques se préparent à relever leurs taux pour contenir l’inflation, un resserrement de la politique monétaire ne se traduirait pas nécessairement par des monnaies plus fortes en cas de pénuries d’énergie entraînant des arrêts de la production dans ces économies.
Les marchés boursiers digèrent toujours le choc énergétique dans un contexte de risque global élevé. Comme pour les marchés de titres à revenu fixe, les préoccupations des investisseurs diffèrent selon les territoires et l’exposition aux coûts de l’énergie. Plus récemment, le S&P 500 s’est toutefois rétabli et a atteint de nouveaux sommets. Nous continuons de penser que le TSX surpassera le S&P 500 en 2026.
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