- Nom du rédacteur
- Laura Gu
Économiste senior
Ontario : un rebond économique, mais une croissance plus lente à l’horizon
Faits saillants
- L’économie de l’Ontario a fortement rebondi au premier semestre de 2026. Le PIB réel a progressé de 4,2 % à rythme annualisé au deuxième trimestre, dépassant la hausse de 3,3 % enregistrée à l’échelle nationale Lien externe au site.. La croissance du premier trimestre a été révisée à la hausse, à 0,2 %, alors qu’un recul de 0,6 % avait initialement été annoncé. Le tableau 1 présente plus de détails.
- La demande intérieure finale a progressé de 4,2 % à rythme annualisé au deuxième trimestre. Les exportations nettes ont ajouté 6,0 points de pourcentage à la croissance, un apport contrebalancé par une baisse d’ampleur comparable des stocks.
- Le PIB réel par industrie a augmenté de 3,1 % à rythme annualisé au deuxième trimestre. La production des industries de biens a rebondi de 5,2 %, tandis que celle des industries de services a progressé de 2,6 %. Le tableau 2 présente plus de détails.
Commentaires
L’économie de l’Ontario a rebondi plus rapidement qu’on ne l’estimait initialement. Les révisions changent la donne : les données publiées pour le premier trimestre laissaient entrevoir deux trimestres consécutifs de contraction, mais elles indiquent maintenant une croissance essentiellement nulle au premier trimestre, écartant ainsi le scénario d’une récession. Cette révision à la hausse s’explique surtout par les dépenses des ménages, dont la croissance est maintenant estimée à 1,6 %, plutôt qu’à 0,4 % précédemment. Sur l’ensemble du premier semestre de 2026, le PIB réel a progressé à un rythme annualisé de 2,2 %, contre environ 1,6 % dans le reste du Canada.
Le commerce et les dépenses des ménages ont été les principaux moteurs du rebond au deuxième trimestre, et leur contribution a été plus importante en Ontario que dans le reste du Canada (graphique 1). Les exportations ont bondi de 14,6 % à rythme annualisé, probablement sous l’effet d’un fort rebond des exportations de véhicules automobiles et de pièces après leur recul du début de l’année, tandis que les importations n’ont progressé que de 1,6 %. La réduction des stocks des entreprises a retranché 5,8 points de pourcentage à la croissance, contrebalançant ainsi l’apport du commerce.
La demande intérieure a également fait preuve de vigueur. La consommation des ménages a progressé de 4,5 % à rythme annualisé au deuxième trimestre, grâce à des hausses tant du côté des biens (+4,8 %) que des services (+4,5 %). L’investissement résidentiel a rebondi de 9,1 % après deux fortes baisses trimestrielles. L’investissement des entreprises s’est aussi raffermi : les dépenses en machines et matériel ont bondi de 31,2 % et celles en construction non résidentielle ont augmenté de 4,1 %, tandis que les investissements en produits de propriété intellectuelle ont reculé de 2,6 %. La consommation des administrations publiques a progressé de 2,4 %, alors que leurs dépenses en immobilisations ont diminué de 11,1 %.
Les industries productrices de biens ont mené le rebond. Le secteur de la fabrication a fourni la plus forte contribution à la croissance, avec une hausse de 8,3 % à rythme annualisé (graphique 2). La construction a quant à elle progressé de 4,1 %. Du côté des services, les gains ont été généralisés, principalement dans l’information et la culture (+5,8 %), les administrations publiques (+5,8 %), le commerce de gros (+5,4 %) et le commerce de détail (+4,9 %). Les services professionnels sont demeurés à la traîne, avec un recul de 3,2 %.
Implications
Les données révisées montrent que l’économie de l’Ontario a été beaucoup plus résiliente qu’on ne le croyait auparavant. Le recul anticipé a fait place à un solide premier semestre, au cours duquel la province a devancé le reste du Canada. Le rebond a également été généralisé : les ménages, les entreprises et le commerce y ont tous contribué, tandis que les industries de biens comme de services ont progressé.
Nous nous attendons toutefois à un ralentissement de la croissance au troisième trimestre. L’économie continue de faire preuve de résilience, l’emploi Lien externe au site. ayant poursuivi sa progression durant l’été avant de fléchir légèrement à l’automne. Mais la nouvelle vague de droits de douane imposés en vertu de l’article 338 Lien externe au site. touche maintenant près de 10 % des exportations ontariennes vers les États‑Unis et frappera durement certaines industries. Les droits de douane imposés en représailles accentueront les difficultés de l’Ontario, qui est plus touché que toute autre province. La hausse des coûts et le regain d’incertitude devraient peser sur les exportations et l’investissement des entreprises, laissant entrevoir un second semestre plus difficile.
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