- Nom du rédacteur
- Laura Gu, économiste senior • Kari Norman, économiste senior
Ontario : énoncé économique de l’automne 2026
Les difficultés du côté des revenus justifient un plan prudent
L’énoncé économique de l’automne 2026 (EEA) de l’Ontario rehausse les prévisions de déficit pour chacune des années du plan et repousse d’un an le retour à l’équilibre budgétaire, soit à l’exercice 2029‑2030 (EF 2030). Le déficit pour l’EF 2027 devrait maintenant s’établir à 16,9 G$ (1,3 % du PIB nominal), contre 13,8 G$ (1,1 %) dans le budget de 2026. Il devrait ensuite diminuer à 12,7 G$ à l’EF 2028 et à 6,7 G$ à l’EF 2029, avant de faire place à un léger excédent à l’EF 2030 (graphique 1). Le tableau 1 résume les principaux indicateurs budgétaires.
La détérioration s’explique principalement par une marge de manœuvre pour les dépenses futures accrue et une croissance des recettes fiscales inférieure aux attentes. Environ 7,4 G$ de la détérioration cumulative de 16,9 G$ proviennent d’une réserve plus importante et d’une bonification du fonds de prévoyance. Du côté des revenus, une amélioration de 2,0 G$ cette année fait place à des manques à gagner de 3,9 G$ et de 4,9 G$ au cours des années subséquentes.
Les ratios d’endettement augmentent graduellement malgré un niveau de départ plus élevé du PIB nominal. Le ratio de la dette nette sur le PIB diminue légèrement pour s’établir à 37,4 % à l’EF 2027, mais augmente ensuite pour culminer à 38,9 % à l’EF 2029, comparativement à un sommet de 38,5 % à l’EF 2028 dans le budget de 2026. Il devrait redescendre à l’EF 2030 avec le retour à l’équilibre budgétaire. Le ratio des intérêts aux revenus augmente également pour atteindre à l’EF 2029 le plafond de 7,5 % établi par la province dans sa Stratégie de réduction du fardeau de la dette.
Les nouvelles mesures annoncées sont principalement axées sur la croissance. L’harmonisation avec la mégadéduction fédérale pour la productivité procurera plus de 8 G$ d’allègements fiscaux aux entreprises sur cinq ans et devrait attirer au moins 11 G$ d’investissements supplémentaires. Son coût est en grande partie couvert par une réserve plus importante. L’EEA prévoit également une bonification des crédits d’impôt à la recherche et au développement, un accès élargi aux fonds et aux prêts visant à atténuer les effets des droits de douane, ainsi qu’un programme conjoint fédéral-provincial destiné aux secteurs de l’automobile et de l’acier. Les nouvelles dépenses de programmes se limitent à 1,4 G$ sur trois ans, soit de l’EF 2027 à l’EF 2029.
Les besoins de financement totaux ont augmenté de 13,5 G$ par rapport au budget de 2026 pour les trois exercices à compter de l’EF 2027. La majeure partie des besoins supplémentaires continue d’être comblée sur le marché des emprunts à long terme, ceux-ci ayant augmenté de 11,5 G$ sur la période. Les emprunts à long terme pour l’EF 2027 devraient s’élever à 51,1 G$, contre 47,2 G$ dans le budget de 2026, et la province avait déjà réalisé 36,3 G$, soit 71 %, de son programme d’emprunt de cette année au 8 octobre. Les besoins sont également plus élevés que prévu pour les années subséquentes : 48,0 G$ à l’EF 2028 (contre 43,1 G$) et 45,4 G$ à l’EF 2029 (contre 42,7 G$). L’Ontario mise aussi davantage sur le financement à court terme, en ajoutant 8,0 G$ de dette à court terme cette année, comparativement aux 6,0 G$ prévus, et en lançant un programme de papier commercial en euros.
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