- Francis Généreux
Économiste expert
États-Unis : la hausse des prix de l’essence amène un fort bond des ventes au détail
Faits saillants
- Les ventes au détail ont augmenté de 1,7 % en mars, après une hausse de 0,7 % en février.
- Excluant les autos et l’essence, les ventes affichent une croissance de 0,6 %.
Commentaires
Les ventes au détail ont enregistré en mars leur plus forte croissance mensuelle depuis janvier 2023. Comme prévu, une très grande partie du gain de mars est venu des ventes auprès des stations-service, qui ont bondi de 15,5 % durant le mois grâce à la hausse des prix de l’essence.
Excluant l’essence, les ventes ont tout de même augmenté de 0,6 %, ce qui est supérieur à ce à quoi nous nous attendions. Il semble donc que la hausse des prix de l’essence n’ait pas trop découragé les ménages de consommer d’autres biens et services. On savait que les ventes d’autos seraient encore en croissance, bien que le gain de mars se montre plus timide que celui de février. On observe aussi de bonnes progressions des ventes dans les magasins de meubles, les magasins de produits électroniques et d’électroménagers et, surtout, chez les grands magasins (dont les ventes sont très volatiles). La stagnation des ventes dans les boutiques de vêtements et les magasins de biens associés aux loisirs ainsi que la faible croissance du côté de la restauration nous donnent cependant un indice que certains types de consommation plus discrétionnaires éprouvent davantage de difficultés. Ajustées pour les fluctuations de prix, les ventes réelles montrent même une baisse dans ces trois types de détaillants, ainsi que dans les centres de rénovation et dans la catégorie « autres ». Dans l’ensemble, les ventes au détail en termes réels ont tout de même augmenté de 0,4 % en mars, après une hausse de 0,5 % en février.
Est-ce que les ventes au détail et la consommation parviendront à garder un élan malgré le choc sur les prix de l’essence et le coût de la vie? Certains éléments demeurent positifs. Le revenu disponible des ménages reste soutenu par un marché du travail qui semble continuer de croître depuis le début de la guerre en Iran. Les embauches ont rebondi en mars et les demandes hebdomadaires d’assurance-chômage ainsi que d’autres enquêtes suggèrent que la création d’emplois se poursuit depuis. De plus, les ménages peuvent profiter de remboursements d’impôt plus généreux grâce aux allégements fiscaux adoptés l’été dernier. Ceux-ci sont dans l’ensemble plus élevés de 17 % par rapport au même moment en 2025. Cela dit, la confiance des consommateurs a été éprouvée en mars et en avril par la crise dans le golfe Persique. Si celle-ci tarde encore à se résoudre de façon crédible et durable et si les prix de l’essence demeurent élevés, l’effet sur la confiance et sur le revenu réel finira par affecter plus durement la consommation.
Implications
Bien que la hausse des prix de l’essence en explique une très grande part, la robustesse des ventes au détail en mars est tout de même une bonne nouvelle. Elle est un nouveau signe de la résilience de l’économie américaine. Il y a tout de même certains signes de fragilité qu’il faudra surveiller au cours des prochaines semaines, surtout si la confiance des ménages continue de se détériorer. En attendant, la situation économique et le caractère possiblement éphémère de la crise sur l’inflation font que les dirigeants de la Réserve fédérale opteront pour le statu quo à leur réunion de la semaine prochaine.
Contactez nos économistes
Par téléphone
Montréal et environs :
514 281-2336 Ce lien lancera votre logiciel de téléphonie par défaut.