- Nom du rédacteur
- Francis Généreux
Économiste expert
États-Unis : bonne accélération du PIB réel à l’été
Faits saillants
- Le PIB réel a augmenté de 3,4 % à rythme annualisé au troisième trimestre de 2026, selon l’estimation initiale des comptes nationaux. Cette variation fait suite à des croissances annualisées de 2,2 % au deuxième trimestre et de 2,5 % au premier.
Commentaires
L’économie américaine continue de faire preuve d’une résilience remarquable. Malgré les défis posés par la hausse des prix de l’énergie et par une baisse de la confiance, le PIB réel a enregistré sa meilleure performance depuis un an. Les résultats du troisième trimestre ne représentent cependant pas une surprise; le gain de 3,4 % est conforme à notre prévision et l’on pouvait voir à partir des indicateurs économiques publiés depuis cet été que la croissance serait vigoureuse.
La résilience, voire la force de la consommation réelle, est particulièrement remarquable avec un deuxième gain consécutif de 3,8 % à rythme annualisé. Une accélération du côté des dépenses en services a plus que contrebalancé un ralentissement de celles en biens durables, notamment pour les véhicules automobiles. Bien que le revenu disponible réel ait affiché une hausse de 2,3 % au troisième trimestre, ce n’est pas assez pour soutenir la forte croissance de la consommation. Donc, encore une fois, on observe une diminution du taux d’épargne des ménages, qui a reculé à 4,1 %, le plus bas depuis 2022. La croissance de la consommation risque d’être plus faible au quatrième trimestre, comme le démontre la stagnation des dépenses réelles en septembre.
L’investissement non résidentiel des entreprises demeure très fort, avec sa meilleure croissance trimestrielle depuis l’été 2011, si l’on exclut le rebond postpandémique. Le secteur des technologies, voire de l’intelligence artificielle, a de nouveau joué un rôle important, avec une hausse annualisée de 37,4 % du côté de l’équipement informatique. L’équipement industriel connaît aussi de fortes croissances de plus de 20 % depuis deux trimestres. La construction non résidentielle a enregistré sa meilleure croissance en trois ans, grâce notamment à un rebond du côté des mines et structures d’extraction de gaz et de pétrole (+16,9 %) et dans les centres de données (+127,2 %).
Les investissements ont été beaucoup alimentés par des importations. Les importations totales de biens ont augmenté de 26,4 % à rythme annualisé. Jumelé à une baisse des exportations, cela a amené une contribution négative de 3,3 points de pourcentage à la croissance du PIB réel. Cela dit, le mouvement des importations reflète aussi les anticipations envers de nouvelles annonces de tarifs douaniers de la part de l’administration Trump. Les importations ont donc aussi servi à remplir les tablettes et entrepôts des entreprises. Les stocks ont augmenté au troisième trimestre, et ce, après cinq trimestres consécutifs de baisse.
Finalement, les dépenses gouvernementales fédérales ont affiché une forte hausse, dépassant même le rebond qui a fait suite à l’impasse budgétaire de l’an dernier. La guerre en Iran a évidemment stimulé les dépenses militaires (+11,7 %), mais l’on observe aussi un gain de 22,2 % des dépenses hors défense. Cela reflète en partie les mouvements de la réserve stratégique de pétrole.
À quoi peut-on s’attendre à partir de maintenant? Cela dépend énormément de deux facteurs. Premièrement, la résilience des consommateurs et leur volonté de ralentir leur épargne afin de continuer de consommer à un bon rythme. Deuxièmement, la poursuite de l’élan de l’investissement lié à l’intelligence artificielle. Si ces deux éléments restent en place, la croissance sera encore au rendez-vous.
Implications
Le PIB réel américain progresse encore vivement. Les bonnes performances de la consommation de services, de l’investissement en équipements informatiques et des dépenses gouvernementales ont contribué à l’accélération de la croissance économique au cours de l'été. Si l’économie continue de bien progresser au cours des prochains mois, la Réserve fédérale devra probablement augmenter ses taux directeurs à la réunion de décembre, après avoir plutôt opté pour le statu quo cette semaine.
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