- Francis Généreux
Économiste principal
États-Unis : l’inflation ralentit à nouveau
Faits saillants
- L’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,2 % en janvier, après une hausse de 0,3 % en décembre. L’IPC de base, qui exclut les aliments et l’énergie, a augmenté de 0,3 %.
- La variation annuelle de l’IPC total a diminué de 2,7 % en décembre à 2,4 % en janvier. L’inflation de base est passée de 2,6 % à 2,5 %.
Commentaires
La variation mensuelle de l’IPC total s’est avérée un peu plus lente que prévu alors que le consensus des prévisionnistes tablait sur un gain de 0,3 %.
On remarque avant tout la diminution des prix de l’énergie, notamment de l’essence et du mazout. Cela va évidemment de pair avec la baisse des prix du pétrole brut observée au cours du premier mois de l’année. Notons toutefois qu’à l’instar de ces derniers, les prix de l’essence ont recommencé à augmenter aux États‑Unis au cours des dernières semaines. De leur côté, les prix des aliments ont continué d’augmenter, mais le gain de 0,2 % se montre tout de même bien plus lent que le bond de 0,7 % enregistré en décembre. Le ralentissement est particulièrement notable du côté des prix en restaurant, où le gain de seulement 0,1 % est le plus faible depuis septembre dernier.
Excluant les aliments et l’essence, la variation mensuelle de l’IPC de base s’est avérée plus conforme aux attentes. Elle est tout de même la plus forte depuis le mois d’août. La croissance des prix a été nulle (0,0 %) pour les biens excluant les aliments et l’énergie, et ce, pour un quatrième mois consécutif. Cette stabilité des prix est une bonne nouvelle pour les Américains, alors que les différents tarifs imposés l’an dernier auraient pu pousser bien plus haut les prix des biens. On sent donc que les entreprises importatrices demeurent réfractaires à augmenter les prix pour leur clientèle. Il faudra cependant surveiller les prochains mois alors que certaines composantes de l’indice des prix à la production et d’autres indicateurs des prix des achats en ligne suggèrent des augmentations de prix un peu plus musclées. Il faut aussi remarquer que l’indice des prix des biens profite d’une baisse de 1,8 % du prix des véhicules d’occasion, la plus importante depuis février 2024. D’autres composantes montrent cependant plus de mordant, notamment les électroménagers (+1,3 %), l’équipement audio et vidéo (+2,2 %), les ordinateurs (+3,1 %) ainsi que les logiciels et accessoires pour ordinateurs (+1,4 %).
Du côté des services, on observe une légère accélération en janvier (+0,4 %) par rapport à décembre (+0,3 %). Les prix du logement ont connu une croissance un peu moins forte et une diminution de prix est observée du côté de l’hôtellerie. À l’inverse, les prix des billets d’avion, une composante très volatile, ont augmenté de 6,5 %, leur plus forte croissance mensuelle depuis le printemps de 2022. Dans l’ensemble, on note tout de même que la tendance des prix des services montre un ralentissement qui contrebalance la croissance potentiellement plus forte du prix des biens.
Implications
L’inflation totale continue de ralentir et a même atteint en janvier sa plus faible croissance depuis mai 2025. La croissance des prix demeure pour le moment encore légèrement au-dessus de la cible de la Réserve fédérale (Fed), mais il est clair que les pressions sur les prix sont moins élevées que ce que l’on pouvait craindre au gré des annonces tarifaires de la Maison‑Blanche. Pour le moment, la situation demeure compatible avec une poursuite du statu quo de la politique monétaire de la Fed dans les prochains mois et de nouvelles baisses de taux directeurs plus tard en 2026.
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