- Marc-Antoine Dumont
Économiste senior
États-Unis : l’énergie continue de soutenir l’inflation
Faits saillants
- L’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,6 % en avril, après une hausse de 0,9 % en mars. L’IPC de base, qui exclut les aliments et l’énergie, a augmenté de 0,4 %.
- La variation annuelle de l’IPC total est passée de 3,3 % en mars à 3,8 % en avril. La hausse de l’inflation de base est plus modeste, soit de 2,6 % à 2,8 %.
Commentaires
Comme prévu, l’énergie a de nouveau contribué à la hausse de l’inflation, conformément aux attentes du consensus des prévisionnistes. Cette composante explique à elle seule plus de 40 % de la variation de l’IPC en avril. Les carburants ont notamment bondi de 29,2 % sur un an. Nous estimons toutefois que l’essentiel de la hausse des produits pétroliers raffinés et des prix du brut est maintenant derrière nous. L’énergie devrait donc continuer de soutenir fortement l’inflation au cours des prochains mois, mais sa contribution devrait graduellement s’atténuer. La situation demeure néanmoins fragile. La volatilité au Moyen‑Orient pourrait entraîner un nouveau bond des prix de l’énergie.
L’inflation excluant l’énergie et l’alimentation est restée plus modérée, malgré une accélération à 2,8 % en variation annuelle en avril. Cette hausse provient surtout du logement, dont les prix ont progressé de 3,3 %, après avoir crû de 3,0 % en mars. Lors de la fermeture du gouvernement l’automne dernier, le Bureau of Labour Statistics a estimé l’inflation des loyers, qui était mécaniquement sous la vraie valeur. Les chiffres publiés aujourd’hui reflètent une normalisation de cette distorsion.
Du côté des biens, l’IPC a reculé de 0,2 % sur un mois, pour une hausse annuelle de 1,1 %. Ce recul constitue une bonne nouvelle. Pour l’instant, le choc énergétique ne semble pas s’être propagé aux autres catégories, au-delà de ses effets immédiats sur les coûts de transport. Il faut toutefois demeurer prudent. Une hausse des prix de l’énergie prend généralement quelques mois avant de se refléter dans les coûts de production, puis davantage de temps avant d’être partiellement transmise à l’IPC. L’évolution des prix des biens devra donc être surveillée de près afin d’évaluer l’ampleur de cette transmission.
Implications
Somme toute, les données publiées ce matin ne devraient pas changer la donne pour la Réserve fédérale (Fed). Pour l’instant, peu d’éléments indiquent que le bond des prix de l’énergie entraîne une accélération marquée de l’inflation de base, qui exclut l’énergie et l’alimentation. Dans ce contexte, la Fed devrait maintenir le cap. Même si une entente entre l’Iran et les États‑Unis semble de plus en plus probable, la situation demeure imprévisible. Si les prix du pétrole restent très élevés pendant une période prolongée, les pressions inflationnistes pourraient s’élargir et la conjoncture économique, se détériorer. Cela dit, compte tenu de la résilience récente de l’économie américaine, ce scénario demeure davantage un risque qu’une hypothèse de base.
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