- Francis Généreux
Économiste principal
États-Unis : l’inflation demeure stable… pour le moment
Faits saillants
- L’indice américain des prix à la consommation a augmenté de 0,3 % en février, après une hausse de 0,2 % en janvier. L’IPC de base, qui exclut les aliments et l’énergie, a augmenté de 0,2 %.
- La variation annuelle de l’IPC total est restée à 2,4 % en février. L’inflation de base est demeurée à 2,5 %.
Commentaires
La variation mensuelle de l’IPC total s’est avérée près des attentes en février alors qu’au cours des mois précédents, elle affichait plutôt des résultats plus lents que prévu. Cela dit, les données de février publiées ce matin semblent être une vieille nouvelle alors que les bouleversements géopolitiques et le bond des prix du pétrole ont déjà changé le contexte inflationniste pour le mois de mars.
Pour le mois de février, on remarque une contribution positive des prix de l’énergie (après plusieurs mois de baisse). La hausse mensuelle provient surtout des prix du mazout (+11,1 %), alors que le gain des prix de l’essence était de 0,8 %. Évidemment, la donne changera pour le mois en cours. La moyenne nationale officielle des prix de l’essence est passée de 2,88 $ US le gallon la semaine dernière à 3,36 $ US cette semaine. C’est le plus gros bond hebdomadaire depuis octobre 2005 (les prix avaient alors monté sous l’effet d’ouragans importants successifs dans le golfe du Mexique). Même si la hausse s’arrête, cette poussée des prix de l’énergie pourrait à elle seule ajouter au moins 0,5 point de pourcentage à la variation mensuelle de l’IPC total en mars, qui pourrait ainsi s’approcher de 0,7 %. Toutefois, si les prix de l’énergie continuent de croître ou si leur hausse se propage très rapidement à d’autres types de biens et services, l’effet haussier pourrait être plus grand.
Avant ces bouleversements, on sentait en février, outre l’énergie, une accélération des prix des aliments après une modeste accalmie en janvier. Leur variation annuelle est revenue au-dessus de 3 % pour la première fois depuis l’été 2025.
Excluant les aliments et l’énergie, l’IPC de base a connu une croissance un peu plus lente en février (0,2 %) qu’en janvier (0,3 %). On remarque toutefois que les prix des biens excluant les aliments et l’énergie ont enregistré une hausse de 0,1 %, ce qui paraît modeste, mais constitue tout de même le premier gain significatif depuis septembre. Quoi qu'il en soit, la faiblesse de la variation des prix des biens depuis un an demeure une source d’étonnement dans un contexte de hausse de tarifs douaniers. Il faut toutefois souligner que les prix à la production et à l’importation (avant tarifs) montrent plus de mordant depuis quelques mois, ce qui pourrait éventuellement se manifester sur les prix des biens à la consommation. Malgré cela, la baisse de tarifs à la suite de la décision de la Cour suprême américaine pourrait réduire les pressions sur certains prix.
Du côté des services excluant l’énergie, la variation mensuelle est passée de 0,4 % en janvier à 0,3 % en février. La croissance du coût du logement demeure modeste, mais celle des prix des soins de santé se montre plus forte. La variation trimestrielle annualisée des prix des services excluant l’énergie et le logement continue de s’accélérer et a atteint en février un sommet de près de deux ans. Une poursuite de cette accélération pourrait inquiéter les dirigeants de la Réserve fédérale (Fed). Cela dit, les soubresauts récents des prix de l’énergie et le risque de contagion capteront probablement davantage leur attention.
Implications
Jusqu’en février, l’inflation continuait de se montrer plutôt stable. Jusqu’à maintenant, les pires craintes provenant de l’imposition de tarifs douaniers ne se sont pas manifestées. Mais ce que la politique commerciale n’a pas fait, la politique extérieure et militaire pourrait l’accomplir. Il faudra donc bien surveiller l’évolution de la situation au Moyen-Orient et ses conséquences sur les prix du pétrole et de l’énergie en général. On peut tout de suite s’attendre à une hausse de l’inflation totale dès mars (elle pourrait retourner au-dessus de 3 %). La Fed devrait encore rester en attente, mais il sera intéressant de voir, à la suite de la réunion de la semaine prochaine, quelles sont ses vues sur la situation.
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