- Francis Généreux
Économiste principal
États Unis : comme prévu, l’énergie fait bondir l’inflation
Faits saillants
- L’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 0,9 % en mars, après une hausse de 0,3 % en février. L’IPC de base, qui exclut les aliments et l’énergie, a augmenté de 0,2 %.
- La variation annuelle de l’IPC total est passée de 2,4 % en février à 3,3 % en mars. La hausse de l’inflation de base est plus modeste, soit de 2,5 % à 2,6 %.
Commentaires
C’était attendu, mais le choc n’en est pas moins brutal. L’IPC total a subi en mars sa plus forte variation mensuelle depuis juin 2022. La principale cause du bond est évidemment la hausse des prix de l’énergie provoquée par le conflit en Iran et dans le golfe Persique. Les prix de l’énergie ont augmenté de 10,9 % en mars, avec des croissances de 30,7 % du prix du mazout et de 21,2 % de celui de l’essence. La hausse des prix à la pompe explique près des trois quarts de la variation mensuelle de l’IPC total. Les prix des services d’énergie (gaz et électricité) ont été bien plus modestes (+0,4 %), tandis que ceux des aliments ont fait du surplace en mars.
Encore une fois, la croissance des prix à la consommation excluant les aliments et l’énergie s’est montrée plus discrète que prévu, avec un troisième gain de 0,2 % en quatre mois. La hausse des prix des biens excluant les aliments et l’énergie a été freinée, entre autres, par des baisses du côté des automobiles d’occasion, des électroménagers et des prix des biens médicaux. On observe quand même des hausses marquées du côté des vêtements et de l’équipement informatique. Il reste à voir si l’atténuation de certains tarifs à la suite du jugement de la Cour suprême aura éventuellement une incidence sur les prix des biens importés. Toutefois, comme l’effet haussier des tarifs a été plutôt modeste, l’effet à la baisse risque de l’être aussi.
Du côté des services excluant l’énergie, on observe une accalmie, malgré des augmentations mensuelles un peu plus fortes pour le logement et les services de transport. La variation annuelle des prix des services excluant l’énergie et le logement a néanmoins dépassé les 3 % pour la première fois depuis septembre dernier.
Implications
Il faudra maintenant continuer de bien observer les prochains mouvements des prix de l’énergie. Les prix de l’essence ont poursuivi leur hausse au cours des derniers jours. Ainsi, jusqu’à maintenant en avril, l’augmentation est de près de 15 % par rapport à la moyenne de mars. L’inflation totale risque donc de s’accélérer à nouveau, dépassant probablement les 3,5 %. Par la suite, il faudra surveiller les conséquences de la hausse des prix de l’énergie sur les prix des autres biens, notamment des aliments, ainsi que sur les anticipations inflationnistes des ménages et des entreprises. Si, malgré la fragile trêve, les prix du pétrole demeurent très élevés encore longtemps, les pressions inflationnistes pourraient s’étendre et la conjoncture économique, se détériorer. Toutefois, la résilience récente de l’économie américaine fait que cela demeure un risque au scénario plutôt qu’une hypothèse de base.
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