- Francis Généreux
Économiste expert
Réserve fédérale : l’ère Powell se termine sur un statu quo et quelques dissensions
Selon la Réserve fédérale (Fed)
- La Fed a gardé ses taux directeurs inchangés. Le taux d’intérêt cible des fonds fédéraux se situe dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %.
- Les récents indicateurs suggèrent que l’activité économique a progressé à un rythme solide. La création d’emplois demeure faible en moyenne et le taux de chômage a peu varié au cours des derniers mois. L’inflation est élevée, reflétant la récente hausse des prix mondiaux de l’énergie.
- Les développements au Moyen‑Orient contribuent à un haut niveau d’incertitude pour les perspectives économiques. En considérant des ajustements additionnels aux taux directeurs, la Fed analysera attentivement les données économiques à venir, l’évolution des perspectives ainsi que l’équilibre des risques.
Commentaires
Encore une fois, la Fed n’a pas causé de surprise en optant à nouveau pour le maintien de ses taux directeurs. Cette décision était pleinement anticipée par les marchés et par la totalité des prévisionnistes sondés par Bloomberg.
Les dirigeants de la Fed font pourtant face à plusieurs défis. Dans l’un des rares éléments qui ont été modifiés depuis le communiqué de mars, celui publié aujourd’hui mentionne que la guerre en Iran contribue à la fois à une inflation plus élevée et à un plus haut degré d’incertitude. Comme cette incertitude pourrait tôt ou tard affecter négativement la croissance de l’économie américaine ainsi que le marché du travail, c’est le double mandat de la Fed qui se trouve ainsi tiraillé. Dans les circonstances, le statu quo de la politique monétaire semble donc approprié. La grande majorité du comité de politique monétaire abonde dans le même sens. Poursuivant sur sa lancée depuis qu’il a été nommé à la Fed, Stephen Miran aurait opté pour une baisse de taux immédiate. Fait intéressant, trois présidents de Fed régionales soutiennent le statu quo, mais voulaient retirer le (mince) biais vers une éventuelle baisse des taux qui est implicite dans le communiqué. Celui-ci fait mention d’« ajustements additionnels » à la cible des taux, suggérant une éventuelle poursuite des plus récents mouvements de taux, soit les baisses accordées en septembre, en octobre et en décembre 2025. Ces trois membres du comité ne voudraient donc pas se commettre et préfèrent que la Fed envisage autant une hausse qu’une baisse de taux comme prochain mouvement.
Dans ce qui sera sûrement sa dernière conférence de presse comme président de la plus importante banque centrale de la planète, Jerome Powell (qui a signalé rester en place comme gouverneur pendant quelque temps) n’a pas voulu donner trop d’indications sur l’évolution future des taux directeurs. À son habitude, il a réitéré que la politique monétaire ne suit pas une trajectoire prédéfinie, et que les décisions de la Fed seront prises réunion par réunion. Cela dit, il a ouvert la porte à un changement du biais implicite dès la réunion de juin par le prochain président, Kevin Warsh, et les autres membres du comité.
Évidemment, l’évolution du conflit en Iran et des prix du pétrole reste un élément important qui pourrait changer la donne pour l’économie et l’inflation. Pour le moment, autant les commentaires de Powell que nos propres prévisions ne militent pas pour un mouvement des taux directeurs dans un futur très rapproché. On s’attend donc à ce que les taux actuels restent en place au moins jusqu’à tard à l’automne 2026.
Implications
La Fed a de nouveau opté pour le statu quo. Le biais envers une éventuelle baisse de taux pourrait toutefois changer, mais il faudra attendre que Kevin Warsh soit officiellement en place comme président de la Fed. On ne s’attend toutefois pas à un mouvement prochain des taux directeurs.
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