- Francis Généreux
Économiste principal
La Réserve fédérale garde ses cartes en main
Selon la Réserve fédérale (Fed)
- La Fed a gardé ses taux directeurs inchangés. Le taux d’intérêt cible des fonds fédéraux se situe dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %.
- Les indicateurs disponibles suggèrent que l'activité économique a progressé à un rythme solide. La création d’emplois demeure faible et le taux de chômage a peu varié au cours des récents mois. L'inflation reste quelque peu élevée.
- L’incertitude entourant les perspectives économiques demeure élevée. Les conséquences des développements au Moyen‑Orient pour l’économie américaine restent incertaines. La Fed reste attentive aux risques liés aux deux volets de son double mandat.
Commentaires
Sans surprise, les dirigeants de la Fed ont de nouveau opté pour le statu quo aujourd’hui. Encore une fois, cette décision était pleinement anticipée par les marchés et par les prévisionnistes sondés par Bloomberg.
Pourtant, ce n’est pas comme si l’actualité économique n’avait pas changé depuis la réunion de janvier. La conjoncture est maintenant plus incertaine depuis le début du conflit en Iran et surtout depuis que le transport est perturbé dans le golfe Persique. Le communiqué accompagnant la décision d’aujourd’hui exprime très brièvement cette nouvelle réalité. La Fed se retrouve ainsi dans une nouvelle nappe de brouillard. Elle semble donc décidée à attendre que la situation s’éclaircisse avant de signaler plus clairement ses prochains mouvements.
Le peu de changement dans le communiqué publié aujourd’hui par rapport à celui de janvier se manifeste aussi dans les nouvelles prévisions de taux directeurs émises par les dirigeants de la Fed. Les taux anticipés pour la fin de 2026 et la fin des deux années subséquentes sont les mêmes que durant l’exercice précédent en décembre. Seul le taux de long terme a été légèrement relevé de 3,0 % à 3,1 %. Ainsi, une seule baisse de 25 points de la cible des fonds fédéraux est prévue cette année, et une autre en 2027. Cela dit, on remarque tout de même que dans la construction de cette prévision médiane, moins de dirigeants voient la nécessité de baisser les taux plus d’une fois cette année.
Du côté des prévisions économiques, un PIB réel un peu plus fort est attendu cette année et l’année prochaine. Les prévisions concernant le taux de chômage sont restées les mêmes. On entrevoit cependant une inflation plus élevée. La prévision pour la variation annuelle du déflateur des dépenses de consommation pour la fin de 2026 a été revue de 2,4 % à 2,7 % pour l’indice total et de 2,5 % à 2,7 % pour l’indice de base qui exclut les aliments et l’énergie. Les dirigeants de la Fed voient cependant l’inflation ralentir dès 2027. Ils présument donc, comme nous, que les effets de la crise actuelle sur les prix seront passagers.
En conférence de presse, Jerome Powell s’est dit bien conscient que l’inflation est demeurée plus élevée que la cible depuis maintenant cinq ans, qu’une série de crises (COVID‑19, perturbations des chaînes d’approvisionnement, guerre en Ukraine, hausse des tarifs) explique cette situation et que le conflit au Moyen‑Orient est en train de s’ajouter à cette liste. Du même souffle, le président de la Fed a insisté sur le caractère incertain du présent choc tout en signalant qu’« au total, le choc pétrolier exercera encore une certaine pression à la baisse sur les dépenses et l’emploi, et une pression à la hausse sur l’inflation ». Ces pressions divergentes sur chacun des mandats de la Fed limitent la possibilité qu’elle ajuste rapidement ses taux directeurs.
Implications
Comme prévu, la Fed n’a pas modifié ses taux aujourd’hui. Le type de crise auquel l’économie fait maintenant face ne se prête pas à des mouvements brusques des taux directeurs. La Fed maintient sa position d’attente et l’on ne prévoit pas que cela change avant la seconde moitié de 2026.
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