- Francis Généreux
Économiste principal
États-Unis : modeste création d’emplois pour finir une année mouvementée
Faits saillants
- L’enquête auprès des entreprises indique qu’il y a eu 50 000 embauches nettes en décembre, après la création de 56 000 emplois en novembre (révisés de +64 000) et 173 000 mises à pied en octobre (révisées de -105 000).
- Sur l’ensemble de l’année 2025, il s’est créé 584 000 emplois (décembre à décembre), comparativement à 2 012 000 en 2024 et 2 594 000 en 2023.
- Le salaire horaire moyen a augmenté de 0,3 % en décembre. La variation annuelle se situe à 3,8 %.
- Le taux de chômage a diminué en décembre pour passer de 4,5 % (révisé de 4,6 %) à 4,4 %.
Commentaires
C’est une enquête sur l’emploi plus standard qui nous est livrée pour le dernier mois de 2025. Les résultats annoncés aujourd’hui affichent une situation plus tranquille après la volatilité causée par l’impasse budgétaire et les suppressions d’emplois au sein de l’appareil gouvernemental fédéral. On perçoit tout de même que le marché du travail progresse assez lentement, et ce, même dans le secteur privé. Il s’y est créé moins de 30 000 emplois en moyenne au cours des trois derniers mois. Durant la même période en 2024, cette moyenne s’établissait à 177 000. Ce ralentissement du marché du travail se perçoit évidemment dans la création totale d’emplois sur l’ensemble de l’année. Le résultat de 2025, soit 584 000 emplois, est le plus faible depuis 2009 si l’on exclut 2020, qui a été durement affectée par la pandémie. Il faut reculer à 2003 pour observer des embauches annuelles si faibles sans récession officielle. Le constat est le même si l’on fait fi des coupes du DOGE et que l’on ne regarde que l’emploi privé. Rappelons que les résultats des dernières années subiront le mois prochain une révision annuelle et que le niveau d’emploi jusqu’en mars 2025 sera révisé à la baisse (estimation préliminaire de -911 000 emplois).
Pour le mois de décembre, seuls 50,8 % des 250 secteurs répertoriés ont enregistré une hausse mensuelle de l’emploi; c’est le plus bas taux depuis août dernier. On note que le regain dans la construction observé en novembre a subi un ressac et que le secteur manufacturier continue d’accumuler les mises à pied. Du côté des services, les détaillants, les grossistes, les entreprises de transport et d’entreposage ainsi que les services d’aide temporaire ont à nouveau réduit leur nombre de travailleurs. Cela a été compensé par des gains au sein des services de santé et de la restauration. Fait à noter, le gouvernement fédéral a enregistré en décembre une hausse de 2 000 travailleurs, un premier gain mensuel en 2025. Les pertes sur l’ensemble de l’année s’élèvent à 274 000.
Du côté de l’enquête auprès des ménages, rappelons que celle-ci a été particulièrement éprouvée par l’impasse budgétaire et que les données d’octobre resteront manquantes. On a donc de premiers chiffres de variation mensuelle depuis septembre. Cette enquête fait état d’un gain de 232 000 emplois en décembre, qui, jumelé à une baisse de 46 000 de la population active, contribue à faire diminuer le taux de chômage. Rappelons que cette enquête se montre généralement beaucoup plus volatile que celle auprès des entreprises.
Implications
Au-delà des perturbations causées par l’impasse budgétaire et par les coupes au sein de la fonction publique fédérale, on sent que le marché du travail américain a perdu beaucoup de vigueur. Jusqu’à maintenant, les efforts de l’administration pour redorer la fabrication ne portent pas de fruits. Le flou qui caractérise présentement la conjoncture économique américaine devrait inciter les dirigeants de la Réserve fédérale à garder les taux directeurs inchangés à leur prochaine réunion. Toutefois, si l’inflation ne montre pas plus de conséquences haussières provenant des tarifs et que la création d’emplois demeure si lente, il pourrait y avoir plus de pressions pour qu’ils optent tôt ou tard pour de nouvelles baisses de taux directeurs.
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