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Nouvelles économiques

États-Unis : embauches décevantes en septembre

2 octobre 2026
Nom du rédacteur
Francis Généreux
Économiste expert

Faits saillants

  • L’enquête auprès des entreprises indique qu’il y a eu 29 000 embauches nettes en septembre, après la création de 133 000 emplois (révisée de 162 000) en août et la perte de 10 000 emplois en juillet (révisée de +21 000).
  • Le salaire horaire moyen a augmenté de 0,1 % en septembre. La variation annuelle est passée de 3,1 % à 3,0 %.
  • Le taux de chômage a augmenté de 4,1 % en août à 4,2 % en septembre. 

Commentaires

Alors que l’on espérait un regain durable du marché du travail et que la faiblesse du début de l’été n’était que temporaire, les données publiées aujourd’hui chavirent complètement ce scénario. Il semble donc que, jusqu’à preuve du contraire, ce soit le bon résultat d’août qui représente l’anomalie. Alors que le consensus tablait sur 90 000 embauches (et notre prévision était encore plus élevée), le maigre gain net de 29 000 emplois est très décevant. De plus, les révisions des données de juillet et août sont également négatives et retranchent au total 60 000 postes par rapport à ce qui était annoncé il y a un mois.

 

Cette faiblesse contraste avec les autres données du marché du travail et ce n’est pas pour rien que les attentes étaient plutôt élevées pour les embauches de septembre. Le signal positif le plus évident provient du faible niveau des demandes hebdomadaires d’assurance-chômage. Elles tournent autour de 200 000 depuis maintenant deux mois alors qu’il y a un an, elles se situaient à plus de 230 000. Les données sur les annonces de mises à pied se montrent aussi modestes et les données hebdomadaires sur l’emploi privé provenant de la firme ADP étaient plutôt encourageantes. Un des seuls éléments offrant un avant-goût de la déception constatée aujourd’hui est la dégradation de la perception des ménages sur la facilité à se trouver un emploi, selon l’indice de confiance des consommateurs du Conference Board publié il y a trois jours.

 

La faiblesse des embauches en septembre est assez généralisée. Parmi les 250 secteurs répertoriés, seuls 49,0 % ont enregistré une hausse de leur nombre de travailleurs, soit la plus faible proportion en un an. Cela contraste énormément avec le taux de 57,6 % du mois précédent, qui était le plus élevé en trois ans. Autant les secteurs des biens que ceux des services privés ont vu leur rythme d’embauches réduire de moitié entre août et septembre. L’emploi a continué d’augmenter dans la fabrication, mais à une cadence bien plus lente, malgré un regain du secteur automobile. Les secteurs de l’information, des services financiers, les services professionnels ainsi que les gouvernements ont connu des baisses nettes du nombre de travailleurs en septembre. Dans certains cas, la poursuite d’une tendance lourde pourrait ne pas être étrangère aux bouleversements causés par l’utilisation accrue de l’intelligence artificielle.

 

Du côté de l’enquête auprès des ménages, les données paraissent meilleures, malgré la hausse du taux de chômage (la première depuis février). Celle-ci est due à un gain plus important de la population active (+485 000) que du nombre de travailleurs (+406 000). Toutefois, comme c’est souvent le cas avec cette enquête très volatile, ces mouvements semblent exagérés et des baisses tout aussi importantes pourraient bien survenir au cours des prochains mois. 

Implications

Il est difficile de se faire une idée claire de la vraie tendance du marché du travail. Les données soufflent le chaud et le froid. Il en demeure néanmoins que les données de septembre sont décevantes par rapport aux attentes et qu’elles cassent l’impulsion espérée à la lumière des résultats du mois d’août. Espérons que les chiffres des prochains mois éclairciront la tendance. La situation risque aussi d’être embrouillée pour les dirigeants de la Réserve fédérale. Dans ce contexte, ils devraient plutôt fonder leurs prochaines décisions sur l’évolution et les perspectives de l’inflation.




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