- Nom du rédacteur
- Randall Bartlett
Économiste en chef adjoint
Facteurs déterminants et perspectives des dépenses d’assurance au Canada
Le secteur de l’assurance joue un rôle important dans l’économie du Canada. Mais l’évolution de l’économie joue également un rôle déterminant dans la demande des consommateurs pour des produits d’assurance vie, automobile, habitation et maladie.
L’emploi est un facteur important des dépenses d’assurance ajustées en fonction de l’inflation, particulièrement en ce qui concerne l’assurance liée au transport (principalement l’assurance auto). La croissance de l’emploi contribue aussi aux fluctuations des dépenses réelles en assurance maladie et vie, quoique moins que pour le transport. Mais elle n’explique pratiquement pas l’évolution des dépenses réelles en assurance habitation.
Toutefois, l’influence de l’économie et du marché du travail sur les dépenses d’assurance ajustées en fonction de l’inflation a diminué au fil du temps. Les achats de produits d’assurance sont plutôt de plus en plus concentrés chez les ménages les plus riches. Le vieillissement de la population et la planification successorale jouent un rôle central dans ce virage, particulièrement pour l’assurance vie. La tendance des familles les mieux nanties à posséder des véhicules et des résidences en plus grand nombre et de plus grande valeur, ainsi que leur plus grande capacité à souscrire une assurance maladie privée, ont accentué la concentration des ventes d’assurance parmi ces ménages.
La hausse des primes continue de refléter les conditions économiques, car l’inflation globale élevée alimente l’augmentation des coûts d’exploitation et d’indemnisation. Mais d’autres facteurs poussent également les primes à la hausse. En ce qui concerne l’assurance liée au transport, la hausse des vols de véhicules après la pandémie a joué un rôle important. Des données préliminaires suggèrent que cette tendance pourrait s’être stabilisée, voire inversée, mais elle demeure toujours au‑dessus des niveaux historiques. Et puis, il y a les primes d’assurance habitation, dont le coût a augmenté deux fois plus rapidement que l’inflation globale depuis 2019. Les coûts exorbitants de la construction résidentielle font partie du problème, une situation exacerbée par la hausse du coût des importations et les tarifs douaniers américains. Un autre facteur important réside dans les phénomènes météorologiques violents, particulièrement les inondations, qui ont continuellement accru le coût des pertes assurées en habitation au fil du temps.
Au cours des prochaines années, on peut raisonnablement s’attendre à ce que les dépenses en assurance continuent de croître au Canada. Cette situation reflètera probablement en partie la hausse des primes, particulièrement pour l’assurance habitation, en raison de la progression soutenue des facteurs de coûts sous‑jacents et d’une inflation généralisée. Toutefois, nos perspectives relativement robustes pour l’économie canadienne suggèrent que les dépenses d’assurance ajustées en fonction de l’inflation devraient également progresser, stimulées par les gains d’emploi et la reprise de la croissance démographique. Cela dit, beaucoup dépendra de l’évolution de la politique commerciale américaine. La demande pour des produits d’assurance vie devrait également demeurer solide, car le vieillissement de la population et l’augmentation des inégalités économiques accentuent le besoin de planification successorale au Canada.
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