- Kari Norman
Économiste senior
Les voyages des Canadiens vers les États‑Unis diminuent pour un quinzième mois consécutif
Faits saillants
- Le nombre de voyages de retour de résidents canadiens en provenance des États‑Unis a reculé de 6,4 % sur un an en mars, tandis que le nombre de résidents américains se rendant au Canada a augmenté de 4,4 % sur la même période.
- Parallèlement, le nombre de résidents canadiens revenant de voyages outre-mer a progressé de 3,5 % sur un an, tandis que les arrivées en provenance de l’étranger au Canada ont crû de 5,6 % sur un an. Le tableau présente un résumé des principaux indicateurs liés aux déplacements.
Commentaires
Le nombre de Canadiens revenant de voyages aux États‑Unis a poursuivi sa tendance à la baisse, diminuant de 6,4 % en mars, ce qui constitue un quinzième recul consécutif sur un an. En revanche, les visites au Canada en provenance des États‑Unis ont progressé de 4,4 %, ce qui indique une certaine résilience des voyages entrants en provenance de ce pays (graphique 1). Les visiteurs en provenance d’Europe et d’Asie ont représenté la majorité des voyageurs non américains au Canada. Depuis le début de l’année, la diminution de plus d’un million de voyages de Canadiens vers les États‑Unis n’a été que partiellement compensée par une hausse de 286 000 voyages outre-mer, par rapport aux trois premiers mois de 2025.
Sur une base désaisonnalisée, le recul des voyages des Canadiens vers les États‑Unis s’est concentré dans les séjours avec nuitées. Bien que les excursions d’une journée de l’autre côté de la frontière aient légèrement augmenté par rapport à l’an dernier, elles demeurent nettement inférieures aux niveaux observés avant les récentes tensions. Une partie de ces déplacements quotidiens restants s’explique vraisemblablement par les déplacements transfrontaliers habituels des Canadiens résidant dans les régions frontalières.
Les dynamiques régionales observées au premier trimestre de 2026 demeurent contrastées. L’Ontario a continué de capter la plus grande part des visiteurs internationaux, bien que les voyages des Ontariens à l’étranger excèdent toujours les flux entrants (graphique 2). Le Québec présente un déséquilibre similaire, avec davantage de résidents voyageant à l’étranger que de visiteurs internationaux arrivant dans la province. En Colombie‑Britannique, les flux sont plus équilibrés, les arrivées de visiteurs dépassant légèrement les départs.
Implications
Le repli soutenu des déplacements transfrontaliers transforme la dynamique du secteur touristique canadien. Nos récents travaux Lien externe au site. indiquent que la vigueur des intentions de voyage à l’intérieur du pays devrait maintenir une plus grande part des dépenses touristiques au Canada durant la saison estivale de 2026. Cette réallocation, conjuguée à des séjours plus longs et à des dépenses plus élevées par voyage, devrait continuer de soutenir l’industrie touristique.
Par ailleurs, de grands événements, dont la Coupe du monde de la FIFA, devraient offrir un appui additionnel aux flux de voyageurs tant internationaux que domestiques. Malgré la hausse des coûts du carburant et l’incertitude persistante entourant les politiques entre le Canada et les États‑Unis, le secteur aborde la haute saison sur des bases solides, la demande intérieure demeurant le principal moteur de la croissance.
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