- Nom du rédacteur
- Florence Jean-Jacobs
Économiste principale
Les ventes au détail ont marqué une pause en juillet, mais ont probablement rebondi en août
Faits saillants
- Les ventes au détail ont reculé de 0,7 % en juillet par rapport au mois précédent, un résultat légèrement meilleur que l’estimation préliminaire de Statistique Canada et que les prévisions du consensus des économistes (-0,8 %).
- La faiblesse a été généralisée, alors que huit des neuf sous-secteurs ont affiché une baisse, y compris les catégories plus importantes que sont les concessionnaires automobiles et les détaillants d’essence. Le portrait provincial révèle toutefois certaines disparités. Voir le tableau pour plus de détails.
- Les ventes nominales des détaillants de carburant ont diminué de 0,9 % en juillet, ce qui masque une baisse encore plus prononcée des volumes, puisque les prix de l’essence, désaisonnalisés, ont augmenté par rapport à juin.
- Les ventes chez les concessionnaires de véhicules automobiles ont reculé de 0,8 %, après quatre hausses mensuelles consécutives. La baisse de 1,3 % enregistrée chez les concessionnaires de véhicules neufs a plus que contrebalancé la progression de 2,9 % observée dans la catégorie plus restreinte des véhicules d’occasion.
- Les ventes de base, qui excluent les automobiles et l’essence, ont diminué de 0,7 %, principalement en raison du recul des détaillants de marchandises diverses (-1,9 %). Cette catégorie avait toutefois enregistré une forte hausse de 2,5 % le mois précédent, probablement en lien avec les dépenses associées à la Coupe du Monde de la FIFA Lien externe au site. effectuées en juin. Les ventes de vêtements et d’accessoires ont également diminué en juillet, tandis que les commerces liés au jardinage et aux matériaux de construction ont continué de faire preuve de résilience.
- En excluant l’effet des prix, les volumes des ventes au détail ont fléchi de 1,1 %, ce qui n’a toutefois annulé qu’en partie la progression marquée observée le mois précédent (graphique).
- De plus, l’indicateur avancé de Statistique Canada pour le mois d’août pointe vers une solide hausse de 1,3 %. Comme les prix des biens mesurés par l’IPC et désaisonnalisés ont légèrement diminué durant le mois, cela laisse entrevoir une progression des volumes des ventes au détail avoisinant 1,5 % en août.
Implications
Toute bonne chose a une fin. Après six mois consécutifs de croissance, les ventes nominales au détail ont reculé en juillet. Plusieurs facteurs expliquent ce repli.
Les importantes fluctuations des prix de l’essence influencent la demande des consommateurs et les recettes des détaillants de carburant depuis le printemps, et cette dynamique demeure à l’œuvre. Comme les prix à la pompe ont augmenté en juillet, les automobilistes ont acheté moins de litres d’essence. Cette prudence s’est également manifestée dans d’autres catégories de dépenses au cours du mois. Nous suivrons de près l’évolution de la situation au Moyen-Orient, puisque l’intensification du conflit pourrait retarder le retour à la normale des prix du pétrole et du gaz naturel.
Malgré un deuxième trimestre favorable pour les ventes au détail, les enquêtes auprès des consommateurs continuent d’indiquer que les Canadiennes et Canadiens demeurent prudents dans la gestion de leurs finances, compte tenu de l’incertitude mondiale et commerciale qui influence les prix de l’énergie, l’inflation et les perspectives économiques. Près de 60 % d’entre eux estiment que le moment est mal choisi pour effectuer une dépense importante, comme l’achat d’une maison ou d’une automobile (Signal49 Research [en anglais seulement] Lien externe au site.). À cet égard, les ventes de véhicules neufs ont diminué d’un mois à l’autre en juillet.
Certains facteurs compensatoires ont probablement contribué à limiter l’ampleur du recul observé en juillet. Le gouvernement fédéral a augmenté le crédit pour la TPS/TVH, désormais appelé l’Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels, pour les ménages admissibles en juillet, après avoir versé un paiement ponctuel additionnel en juin. Cette mesure pourrait expliquer la baisse relativement modeste observée dans la catégorie des aliments et boissons en juillet (-0,1 %).
À la lumière des données publiées aujourd’hui, nous continuons de prévoir un ralentissement de la croissance du PIB réel au troisième trimestre, à environ 1,0 % en rythme annualisé, après la forte progression enregistrée au deuxième trimestre (3,3 %) (voir nos plus récentes prévisions Lien externe au site. pour plus de détails).
Avec des risques à la hausse pour l’inflation, mais aussi des risques à la baisse pour l’économie, notamment l’incertitude commerciale et le ralentissement de la croissance démographique, la Banque du Canada (BdC) devra composer avec des perspectives inégales au cours des prochains mois. Nous continuons de croire que la BdC maintiendra le statu quo pour le reste de l’année et qu’elle attendra au premier trimestre de 2027 avant de relever son taux directeur.
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