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Nouvelles économiques

Canada : baisse des ventes au détail au T1, mais le vent pourrait tourner en avril

24 mai 2024
Florence Jean-Jacobs
Économiste principale

Faits saillants

  • Les ventes au détail au Canada ont diminué de 0,2 % en mars par rapport au mois précédent. Il s’agit d’une troisième baisse mensuelle consécutive. Ce chiffre est inférieur au résultat provisoire de Statistique Canada (0,0 %) et au consensus des prévisionnistes économiques, qui tablaient sur une baisse de 0,1 %. Le tableau ci‑dessous résume les principales données.
  • La baisse a été marquée par la faiblesse des ventes au détail de base, qui excluent les ventes de véhicules automobiles et d’essence, lesquelles ont fléchi de 0,6 %. Il s’agit d’une première baisse en quatre mois.
  • La deuxième hausse mensuelle consécutive des ventes de véhicules automobiles (+ 1,0 %), attribuable aux concessionnaires d'automobiles neuves, n’a pas compensé la diminution prononcée des ventes au détail de base en mars. 
  • Les ventes des stations-services ont baissé, tant en volume qu’en ventes nominales.
  • Les ventes au détail réelles ont poursuivi leur baisse, qui était de 0,4 % en mars, après un fléchissement de 0,2 % en février (graphique).
  • Les ventes au détail ont diminué dans six provinces. L’Ontario a enregistré un recul de 0,3 %, alors qu’au Québec, elles ont augmenté de 0,6 %.
  • Dans l’ensemble, on observe une diminution des ventes au détail nominales de 0,2 % au T1, mais exprimées en volume, elles ont augmenté de 0,3 %.
  • Le résultat provisoire de Statistique Canada pour les ventes au détail nominales d’avril pointe vers une croissance de 0,7 %. Le prix des biens a augmenté au cours du mois, mais le résultat provisoire d’avril laisse présager que cette hausse est en grande partie attribuable à un rebond des volumes.  


Implications

La faiblesse de l’économie canadienne est manifeste, et elle devrait se poursuivre dans les prochains mois (voir nos plus récentes Prévisions économiques et financières). La baisse des ventes de meubles et d’électroménagers ainsi que d’articles non essentiels, comme des articles de sport et des appareils électroniques, est particulièrement marquée dans les données publiées en mars. Cela porte à croire que les ménages canadiens reportent certaines catégories de dépenses en raison des taux d’intérêt encore élevés et de l’épargne réduite de certains d’entre eux.

En parallèle, la croissance annuelle de la population continue de s’accélérer et dépasse largement celle des ventes au détail. En variation annuelle, la population âgée de 15 ans et plus a augmenté de 3,2 % en mars, comparativement à des hausses de 1,9 % pour les ventes au détail nominales et de 0,8 % pour les volumes. 

Cette faiblesse sous-jacente de la consommation par habitant est confirmée par les résultats du T1. Sur une base trimestrielle annualisée, les ventes au détail nominales par habitant et les ventes réelles par habitant ont chuté au premier trimestre (respectivement de 4,2 % et de 2,4 %), selon la population âgée de 15 ans et plus.

Nous croyons que la baisse de l’inflation en avril et nos prévisions légèrement plus faibles de la croissance du PIB réel au T1 par rapport à celles de la Banque du Canada (variation annualisée de 2,2 % contre 2,8 %, respectivement) justifient une baisse de taux en juin, ce qui allégera la pression sur les ménages. De plus, après un premier trimestre médiocre pour les ventes au détail, l’estimation de Statistique Canada pour le mois d’avril pointe vers un possible rebond. En raison de la solidité des autres indicateurs, nos prévisions indiquent que la croissance du PIB réel devrait suivre la projection de la Banque, soit de 1,5 % au T2. Ensemble, ces constats permettent d’envisager un premier semestre respectable en 2024, et de possibles vents favorables par la suite en raison d’une politique monétaire moins restrictive. 


NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.