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Nouvelles économiques

Canada : les ventes au détail de mars ont été propulsées par la hausse des prix

22 mai 2026
Florence Jean-Jacobs
Économiste principale

Faits saillants

  • Les ventes au détail ont progressé de 0,9 % en mars par rapport au mois précédent, un résultat supérieur à l’estimation préalable de Statistique Canada et au consensus des prévisionnistes (0,6 %).
  • La hausse des prix de l’essence liée au conflit au Moyen‑Orient s’est clairement reflétée dans les résultats de mars. Les ventes des stations-service ont bondi de 12,4 %, expliquant une large part de l’augmentation. Toutefois, les volumes de carburant ont reculé d’un mois à l’autre.
  • Les ventes de véhicules automobiles et de pièces ont diminué de 0,5 %, en raison surtout d’un recul des recettes chez les concessionnaires de véhicules d’occasion. Excluant le secteur automobile, les ventes au détail ont crû de 1,4 %, au-dessus des attentes (0,9 %).
  • Les ventes au détail de base, qui excluent les automobiles et l’essence, ont légèrement fléchi (-0,1 %).
  • Le Québec a été la seule province à afficher une baisse des ventes au détail nominales en mars (-0,8 %), ce qui laisse entrevoir un recul marqué des volumes, dans un contexte de hausse mensuelle des prix de détail. La RMR de Montréal a enregistré une diminution notable de 2,0 %.
  • Dans l’ensemble, les ventes au détail réelles ont reculé de 0,7 % en mars, après deux hausses mensuelles consécutives (graphique 1). Les prix de détail ont augmenté de 1,7 % au cours du mois.
  • L’indicateur avancé de Statistique Canada signale une hausse de 0,6 % en avril. Comme les prix des biens de l’indice des prix à la consommation (IPC), en données désaisonnalisées, ont progressé de 0,7 % durant le mois, cela suggère que les volumes pourraient avoir légèrement diminué en début de deuxième trimestre.


Implications

Comme prévu, les ventes au détail de mars ont été largement influencées par les prix à la pompe. Seuls quatre des neuf sous-secteurs ont affiché une hausse, les stations-service expliquant à elles seules plus que l’ensemble de la progression globale, en dollars courants. Les ventes de matériaux de construction et d’équipement de jardinage ont reculé, de même que d’autres catégories de biens discrétionnaires, ce qui a contribué à la faiblesse des ventes de base. Cela suggère que les consommateurs doivent faire des arbitrages, sous l’effet de la pression exercée par la hausse des prix de l’essence.

Même si le résultat global peut donner l’impression d’avoir surpassé les attentes, la situation est moins favorable lorsque l’on considère les volumes. Cela dit, au-delà de la volatilité mensuelle et de l’effet des prix, il est encourageant de constater que les ventes au détail réelles ont progressé de 4,8 % en rythme annualisé au premier trimestre, après deux baisses trimestrielles consécutives (graphique 2). Nous continuons de prévoir une croissance du PIB réel de 1,8 % en rythme annualisé au premier trimestre de 2026, conformément à nos plus récentes Prévisions économiques et financières Lien externe au site.. Ce résultat est supérieur à la projection la plus récente de la Banque du Canada pour le premier trimestre (1,5 %), publiée dans le Rapport sur la politique monétaire d’avril.


Pour le deuxième trimestre, les volumes devraient être demeurés modestes au début du T2, si l’on se fie à l’indicateur avancé du mois d’avril. Le deuxième trimestre sera également marqué par la persistance d’incertitudes commerciales, notamment à l’approche de l’examen conjoint de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM). En contrepartie, la réduction temporaire de la taxe sur les carburants devrait alléger quelque peu les contraintes sur les budgets des ménages. Nous anticipons également des effets positifs sur la consommation en juin, grâce au versement de la Prestation canadienne pour l’alimentation et les biens essentiels (une bonification du crédit pour la TPS/TVH). Enfin, le tourisme intérieur Lien externe au site. pourrait également offrir un appui favorable en vue du troisième trimestre, alors que la saison estivale s’annonce de nouveau vigoureuse.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.