- LJ Valencia
Économiste
Canada : une croissance du PIB réel portée par les biens amorce une année marquée par la volatilité
Faits saillants
- Le PIB réel du Canada a enregistré un gain mensuel de 0,1 % en janvier, après une hausse de 0,2 % en décembre. Ce résultat dépasse le consensus des prévisionnistes économiques ainsi que l’estimation provisoire de Statistique Canada (0,0 %). Les gains sont principalement attribuables aux industries productrices de biens, tandis que l’activité des industries de services est demeurée inchangée. Le tableau 1 présente plus de détails.
- L’estimation provisoire de Statistique Canada indique une augmentation de 0,2 % du PIB réel en février (graphique 1), probablement attribuable à des hausses dans la fabrication, l’extraction de ressources ainsi que dans la finance et les assurances, qui compense des faiblesses dans l’agriculture, la foresterie, la pêche et la chasse.
Commentaires
La progression du PIB réel en janvier s’explique principalement par une activité accrue dans les industries productrices de biens, lesquelles ont enregistré une croissance pour un deuxième mois consécutif (0,2 % sur une base mensuelle). L’extraction de ressources a mené la hausse (1,2 %), soutenue par une augmentation de l’extraction de pétrole et de gaz. Le secteur de la construction a progressé pour un troisième mois d’affilée (1,1 %), sous l’effet de la construction d’ouvrages tant non résidentiels que résidentiels. À l’inverse, le secteur de la fabrication s’est contracté (‑1,4 %), la faiblesse étant généralisée dans l’ensemble des sous‑secteurs. La fabrication de biens durables a reculé pour la troisième fois en quatre mois (‑2,0 %), en raison notamment de baisses dans le matériel de transport (‑6,0 %) et la fabrication de machines (‑5,6 %). La fabrication de véhicules automobiles et de pièces a affiché son repli le plus marqué depuis septembre 2021 (‑10,8 %), les fermetures saisonnières s’étant prolongées jusqu’en janvier.
Le secteur des services est demeuré généralement inchangé au cours du mois. Le commerce de détail a progressé (0,8 %), avec des gains dans la majorité des sous‑secteurs. Le secteur de la finance et des assurances a enregistré sa plus forte hausse depuis septembre 2025 (0,5 %), principalement en raison d’acquisitions étrangères record d’obligations canadiennes. À l’opposé, le commerce de gros s’est contracté pour la troisième fois en quatre mois (‑1,2 %), surtout à cause d’un ralentissement de l’activité chez les grossistes de véhicules automobiles ainsi que de pièces et accessoires automobiles. Le secteur du transport et de l’entreposage a reculé (‑0,7 %), les conditions météorologiques extrêmes ayant pesé sur l’activité dans la plupart des sous‑secteurs. Enfin, les services immobiliers ainsi que les services de location et de location à bail ont enregistré leur premier recul en dix mois (‑0,2 %), reflétant un affaiblissement de l’activité de revente résidentielle Lien externe au site. à l’échelle nationale pendant le mois.
Le résultat supérieur aux attentes observé en janvier s’est traduit par une hausse du PIB réel par habitant au Canada. Cela dit, la tendance demeure décevante, malgré le récent ralentissement de la croissance démographique Lien externe au site., ce qui suggère qu’un simple changement de politique d’immigration ne suffira pas à rétablir le PIB réel par habitant (graphique 2).
Implications
Nos indicateurs préliminaires suggèrent une croissance du PIB réel d’environ 1,5 % à rythme annualisé au premier trimestre de 2026. Ce rythme est inférieur à la prévision de 1,8 % de la Banque du Canada publiée dans le Rapport sur la politique monétaire de janvier 2026 Lien externe au site..
La trajectoire à venir s’annonce volatile. Selon notre plus récent scénario Lien externe au site., la montée rapide des prix du pétrole liée au conflit en Iran devrait soutenir la croissance en 2026. Cela dit, les retombées devraient demeurer relativement concentrées. Par ailleurs, l’incertitude entourant l’examen conjoint de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM) Lien externe au site. constitue un risque négatif persistant, l’incertitude ajoutant des coûts supplémentaires pour les entreprises canadiennes. La Banque du Canada a maintenu son taux directeur lors de sa plus récente annonce Lien externe au site., reconnaissant à la fois la présence de faiblesses économiques et le risque d’une remontée de l’inflation. Dans l’ensemble, les données sur le PIB publiées aujourd’hui devraient avoir peu d’incidence sur l’orientation de la politique monétaire.
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