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Nouvelles économiques

Canada : hausse du PIB de février, le calme avant la tempête des prix du pétrole

30 avril 2026
LJ Valencia
Économiste

Faits saillants

  • Le PIB réel du Canada a progressé de 0,2 % sur un mois en février, après une hausse de 0,1 % en janvier. Ce résultat est conforme tant au consensus des économistes qu’à l’estimation anticipée de Statistique Canada (0,2 %). La croissance a été largement attribuable aux industries productrices de biens, tandis que les industries de services ont affiché une progression plus modeste. Le tableau 1 présente des détails supplémentaires.
  • L’estimation anticipée de Statistique Canada indique une stagnation en mars (graphique 1), probablement en raison des gains enregistrés dans le commerce de gros, le transport et l’entreposage, lesquels ont été contrebalancés par des faiblesses dans le commerce de détail ainsi que dans l’extraction minière, l’exploitation de carrières et l’extraction du pétrole et du gaz. Dans ce contexte, Statistique Canada évalue la croissance du PIB réel par industrie au premier trimestre de 2026 à 1,7 % en rythme annualisé, d’un trimestre à l’autre.


Commentaires

La progression du PIB réel en février constitue une quatrième hausse mensuelle consécutive de cet indicateur économique de premier plan – une évolution positive à tous égards, en particulier après l’année mouvementée qu’a été 2025. La hausse s’explique en grande partie par l’augmentation de l’activité dans les industries productrices de biens, qui ont progressé pour un deuxième mois consécutif (+0,4 % sur un mois). Le secteur de la fabrication a été le principal moteur de la croissance (+1,8 %), enregistrant sa plus forte progression depuis janvier 2023. Après trois mois consécutifs de recul, la fabrication de véhicules automobiles et de pièces a affiché une forte augmentation en février (+9,8 %), alors que les usines d’assemblage en Ontario ont repris leur production à la suite des fermetures observées en janvier. L’extraction des ressources a également progressé en février (+0,4 %), en raison d’une activité accrue dans l’extraction du pétrole et du gaz, ainsi que dans l’extraction minière et l’exploitation de carrières (à l’exclusion du pétrole et du gaz).

Du côté des services, les gains ont été plus limités (+0,1 %). Le commerce de gros a connu un rebond (+0,9 %), compensant en partie les pertes enregistrées en janvier, alors que les goulots d’étranglement dans la chaîne d’approvisionnement automobile se sont atténués. Le secteur du transport et de l’entreposage a affiché une progression solide (+1,2 %). Le transport par camion a enregistré sa plus forte croissance mensuelle depuis mars 2021 (+2,3 %), à mesure que l’activité s’intensifiait dans les industries dépendantes du transport de marchandises et des échanges transfrontaliers. Le secteur de la finance et des assurances a légèrement progressé au cours du mois (+0,3 %), grâce à une expansion plus marquée des activités bancaires, des autorités monétaires et des autres formes d’intermédiation du crédit par dépôts (+0,4 %).

La progression du mois de février s’est traduite par une hausse du PIB réel par habitant au Canada. Cela dit, la tendance demeure décevante, malgré le récent recul de la population, ce qui laisse entendre qu’un simple changement de politique d’immigration ne suffira pas à rétablir la croissance du PIB réel par habitant (graphique 2).


Implications

Nos indicateurs de suivi suggèrent une croissance du PIB réel d’environ 1,5 % en rythme annualisé au premier trimestre de 2026. Cette estimation correspond globalement aux perspectives publiées par la Banque du Canada (BdC) dans le Rapport sur la politique monétaire d’avril 2026.

Bien que le résultat du PIB réel de février constitue une nouvelle encourageante, la trajectoire à venir demeure volatile. Le conflit en cours au Moyen‑Orient Lien externe au site. représente un risque haussier tant pour la croissance que pour l’inflation, tandis que l’incertitude entourant la politique commerciale américaine Lien externe au site. constitue un risque baissier clé. Dans ce contexte de risques opposés, la BdC a maintenu son taux directeur inchangé lors de sa plus récente annonce Lien externe au site., mettant l’accent sur les trajectoires possibles de la politique monétaire compte tenu des incertitudes entourant les perspectives économiques. En somme, les données sur le PIB publiées aujourd’hui sont peu susceptibles de modifier l’orientation de la politique monétaire à court terme.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.