- LJ Valencia
Économiste
Canada : la faiblesse du PIB réel en novembre prépare le terrain à une possible contraction au quatrième trimestre
Faits saillants
- Le PIB réel du Canada est demeuré inchangé en novembre, après une baisse le mois précédent. Ce résultat est inférieur à la prévision du consensus des économistes et à l’estimation provisoire de Statistique Canada (0,1 % sur un mois). Les gains observés dans les industries productrices de services ont été contrebalancés par les reculs dans les industries productrices de biens. Voir le tableau 1 pour plus de détails.
- L’estimation provisoire de Statistique Canada pointe vers une hausse de 0,1 % du PIB réel en décembre (graphique 1), les gains de la fabrication et du commerce de gros compensant la faiblesse de l’extraction de ressources. Cela suggère un repli du PIB réel par industrie de 0,5 % en rythme annualisé au quatrième trimestre de 2025.
Commentaires
La progression atone du PIB réel en novembre s’explique avant tout par la faiblesse des industries productrices de biens (-0,3 % sur un mois). Le secteur manufacturier s’est contracté (-1,3 %), sous l’effet de baisses dans la fabrication tant de biens durables que de biens non durables. La production de biens durables a été freinée par l’équipement de transport, les machines et les produits métalliques ouvrés, ramenant l’activité de ce sous-secteur à son plus bas niveau depuis le milieu de 2011 (hors période pandémique). La fabrication de véhicules automobiles et de pièces a également reculé, une pénurie mondiale de semi‑conducteurs ayant limité la production. Le secteur de l’agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse a diminué pour un deuxième mois consécutif (-1,1 %), vraisemblablement en raison des droits de douane américains et chinois.
Le secteur des services a enregistré une modeste hausse de 0,1 % en novembre. Le commerce de détail Lien externe au site. a progressé (1,3 %), avec des gains dans tous les sous‑secteurs, ce qui a plus que compensé les deux baisses mensuelles consécutives observées précédemment. Les services d’enseignement ont rebondi (1,0 %), surtout grâce à la reprise des cours en Alberta après la fin de la grève des enseignants en octobre. Le transport et l’entreposage a aussi crû (0,9 %), effaçant complètement le recul du mois précédent. À l’inverse, le commerce de gros a connu son plus fort recul depuis avril 2025 (-2,1 %), en raison d’un affaiblissement dans les véhicules automobiles et pièces, ainsi que dans les matériaux et fournitures de construction.
Le résultat plus faible que prévu en novembre s’est traduit par un recul du PIB réel par habitant, sans signe clair d’amélioration malgré le ralentissement de la croissance démographique Lien externe au site. (graphique 2).
Implications
À la lumière des dernières données, notre suivi suggère que le PIB réel selon l’optique des dépenses devrait croître à un rythme annualisé d’environ 0,25 % au quatrième trimestre, légèrement au‑dessus de la dernière projection de la Banque du Canada (BdC), qui anticipait un résultat inchangé. Cela contraste avec l’estimation de Statistique Canada d’une contraction de 0,5 % du PIB réel par industrie. L’écart entre notre prévision et l’estimation officielle s’explique en grande partie par les stocks et demeure cohérent avec les divergences récentes observées dans les estimations de croissance du PIB réel (graphique 3).
Nos dernières perspectives Lien externe au site. tablent sur une croissance modeste en 2026, mais le parcours pourrait demeurer volatil. Les taux de droits de douane effectifs Lien externe au site. restent faibles, grâce à une meilleure conformité dans le cadre de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM), mais l’incertitude demeure élevée et les risques sont orientés à la baisse à l’approche de l’examen conjoint de l’ACEUM. L’inflation Lien externe au site. évoluant près de sa cible de 2 %, la BdC a maintenu son taux directeur inchangé lors de sa plus récente annonce Lien externe au site., tout en indiquant qu’elle est prête à intervenir si les perspectives venaient à changer. Dans l’ensemble, les données de PIB publiées aujourd’hui ont peu de chances d’infléchir la politique monétaire.
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