- Nom du rédacteur
- LJ Valencia
Économiste
Canada : pas de surprise ni de croissance en août
Faits saillants
- Le PIB réel canadien est demeuré inchangé en août, un résultat inférieur à l’estimation provisoire de Statistique Canada ainsi qu’au consensus des prévisionnistes économiques (+0,2 % sur un mois). Les industries productrices de biens ont enregistré une légère progression, tandis que celles productrices de services se sont contractées au cours du mois. Voir le tableau 1 pour plus de détails.
- L’estimation provisoire de Statistique Canada pour septembre laisse entrevoir une baisse de 0,1 % (graphique 1), la faiblesse du secteur de la fabrication ainsi que de l’extraction minière et de l’exploitation en carrière ayant été en partie compensée par des gains dans les services publics et le commerce de gros. Cette estimation donne à penser que le PIB réel par industrie a progressé à un rythme annualisé d’environ 1,3 % au troisième trimestre de 2026.
Commentaires
Le PIB réel n’a certainement pas offert beaucoup de suspense en août, demeurant inchangé pour un deuxième mois consécutif, mais il a tout de même pris les prévisionnistes économiques par surprise. Les industries productrices de biens ont légèrement progressé (+0,1 % sur un mois), alors que les variations observées dans les différents secteurs se sont en grande partie compensées. Dans le détail, le secteur de la fabrication a enregistré une cinquième hausse en sept mois (+0,3 %), grâce à une progression de la fabrication de machines et de produits pétroliers. En revanche, l’extraction de ressources est demeurée inchangée au cours du mois, les hausses enregistrées dans l’extraction minière et l’exploitation en carrière ayant été contrebalancées par un recul de l’activité dans l’extraction de pétrole et de gaz. La construction a elle aussi progressé (+0,2 %), pour un cinquième mois consécutif. Enfin, les services publics ont reculé (-0,4 %), certains réacteurs nucléaires ayant été mis à l’arrêt à des fins d’entretien.
Parallèlement, les industries productrices de services ont enregistré un léger recul dans l’ensemble (-0,1 %). Le commerce de détail Lien externe au site. a rebondi en août (+1,2 %), principalement sous l’effet d’une activité accrue dans le secteur des véhicules automobiles et des pièces. Le transport et l’entreposage ont progressé (+0,5 %), alors que le transport ferroviaire a connu sa plus forte croissance mensuelle depuis mars 2025 (+3,6 %). La finance et les assurances ont également affiché une progression généralisée au cours du mois (+0,2 %). En revanche, le commerce de gros (-1,4 %) a pesé sur la croissance, l’activité ayant diminué dans la plupart de ses sous-secteurs. Les administrations publiques ont également poursuivi leur recul (-0,8 %), principalement en raison de la diminution progressive des activités liées au recensement.
Les données d’août se sont traduites par une légère baisse du PIB réel par habitant au Canada. Néanmoins, le ralentissement de la croissance démographique Lien externe au site. a permis au PIB réel par habitant de regagner une partie du terrain perdu précédemment (graphique 2).
Implications
Nos estimations laissent entrevoir une croissance du PIB réel d’environ 1,5 % à rythme annualisé au troisième trimestre de 2026. Ce résultat est inférieur à la prévision de 2,0 % de la Banque du Canada présentée dans son Rapport sur la politique monétaire d’octobre 2026. Cela dit, les importantes révisions apportées aux données historiques au cours des dernières années invitent à la prudence dans l’interprétation des signaux provenant des données mensuelles sur le PIB, comme le montrent nos travaux de recherche Lien externe au site.. De plus, la faiblesse de la conjoncture économique à la fin du troisième trimestre laisse entrevoir un risque de nouvelle contre-performance au quatrième trimestre.
Les données du PIB d’août montrent une économie qui tourne toujours au ralenti, alors que les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis s’intensifient. Nos plus récentes prévisions Lien externe au site. indiquent que la hausse des droits de douane américains freine la croissance et le marché du travail. Cependant, les droits de douane de représailles pourraient exercer des pressions à la hausse sur les prix, tandis que les prix élevés de l’énergie risquent d’attiser davantage les pressions inflationnistes. La Banque du Canada a relevé son taux directeur lors de sa plus récente annonce Lien externe au site., invoquant une détérioration des perspectives d’inflation et une hausse des attentes inflationnistes. Malgré la déception causée par les données du PIB publiées aujourd’hui, les dirigeants de la banque centrale devraient continuer de porter leur attention sur l’évolution des pressions inflationnistes, ce qui conforte notre prévision d’une nouvelle hausse de taux en décembre.
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