- Kari Norman
Économiste senior
Canada : Les constructeurs demeurent actifs malgré le repli des acheteurs en février
Faits saillants
- Le rythme des mises en chantier au Canada s’est normalisé en février, pour atteindre 250 900 unités (désaisonnalisées et à taux annualisé), tandis que la moyenne mobile sur six mois a légèrement progressé de 0,4 % pour s’établir à 256 000 unités. Le tableau 1 présente les principaux indicateurs du secteur de la construction résidentielle.
- Les ventes de propriétés existantes au Canada ont reculé de 1,3 % d’un mois à l’autre (à taux désaisonnalisé) en février. Le prix moyen national de revente a diminué de 1,8 % d’un mois à l’autre, tandis que le prix de référence a légèrement reculé. Les deux demeurent nettement sous leurs sommets historiques atteints en 2022. Le tableau 2 présente les principaux indicateurs du marché de la revente.
Commentaires
Le rythme désaisonnalisé des mises en chantier s’est normalisé en février pour atteindre près de 251 000 unités, après un mois de janvier ralenti par plusieurs épisodes majeurs de mauvais temps (240 000, révisé à la hausse à partir de 238 000). Comme c’est habituellement le cas, la variabilité mensuelle provenait entièrement du segment multirésidentiel. Les mises en chantier de maisons unifamiliales ont légèrement reculé le mois dernier, pour passer sous la barre des 40 000 unités – leur plus bas niveau depuis février 2019, en excluant les perturbations du début de la pandémie (graphique 1).
Sur le marché de la revente, les ventes désaisonnalisées de février ont fléchi de 1,3 % d’un mois à l’autre. Elles se sont situées légèrement sous les normes saisonnières et bien en deçà des niveaux de février 2025 (-8,1 % en variation annuelle).
À l’échelle nationale, les nouvelles inscriptions ont diminué de 3,9 % d’un mois à l’autre et l’inventaire est demeuré stable à 5,0 mois en février – 3,6 mois au‑dessus de la moyenne post‑2019, mais cohérent avec les tendances à plus long terme. Le ratio des ventes sur les nouvelles inscriptions a progressé de plus d’un point de pourcentage pour atteindre 47,6 %, indiquant un marché équilibré. Toronto et Vancouver sont demeurées des marchés favorables aux acheteurs, tandis que le Québec et d’autres grands centres sont demeurés en zone d’équilibre (graphique 2).
Avec une demande encore faible et une offre revenue près de ses normes historiques, les pressions sur les prix de vente sont restées limitées le mois dernier. Cependant, on constate une forte hétérogénéité régionale. À Québec, les ventes se sont nettement réaccélérées (+31 % d’un mois à l’autre), alors que les prix moyens ont progressé de 4,6 %. Les ventes ont continué de reculer à Toronto, et bien qu’elles aient augmenté à Vancouver, les prix moyens ont diminué dans les deux marchés.
Implications
À la lumière des données de février, la Société canadienne d’hypothèques et de logement Lien externe au site. (SCHL) s’est demandé si la construction résidentielle au pays « tient bon ou fait simplement une pause avant un nouveau recul ». Dans ce contexte, la hausse des prix du pétrole Lien externe au site. ajoutera vraisemblablement des pressions sur l’inflation, ce qui a déjà amené les marchés financiers à passer d’anticipations de baisses de taux à la possibilité de hausses. Alors que les rendements obligataires à plus long terme ont augmenté, les coûts d’emprunt ont suivi la même tendance, exerçant des pressions supplémentaires sur le financement tant des acheteurs que des constructeurs. Les paiements hypothécaires plus élevés au moment du renouvellement Lien externe au site. demeurent une préoccupation pour de nombreux ménages. Par ailleurs, la forte baisse de l’activité de prévente de copropriétés en 2025 dans plusieurs grands marchés soulève le risque d’un recul futur des mises en chantier multirésidentielles une fois que les projets en cours seront terminés. En contrepartie, nous anticipons Lien externe au site. le retour d’une partie des premiers acheteurs lorsque les remises fédérales de TPS et TVP de l’Ontario sur les nouvelles constructions entreront en vigueur. De plus, tous les paliers de gouvernement semblent désormais davantage alignés sur l’objectif d’accroître l’offre de logements. Tant que le financement de la SCHL destiné à la construction locative continuera d’être déployé, nous prévoyons Lien externe au site. que les mises en chantier demeureront supérieures à ce que suggéreraient les seules conditions économiques – le risque étant de voir la construction résidentielle fléchir si la musique s’arrête, c’est‑à‑dire si le financement à faible coût venait à disparaître.
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