- Kari Norman
Économiste senior
Canada : les marchés de l’habitation font du surplace, les ventes sont demeurées faibles en mars
Faits saillants
- Les reventes de propriétés existantes au Canada ont été pratiquement inchangées en mars, affichant une baisse de -0,1 % d’un mois à l’autre (m/m) selon les données désaisonnalisées. Le prix de vente moyen national et le prix de référence ont eux aussi peu varié et demeurent bien en deçà de leurs sommets de 2022. Le tableau présente un résumé des principaux indicateurs du marché.
Commentaires
Les ventes de propriétés ont peu varié en mars par rapport à février, conformément à nos attentes et légèrement en deçà des normes saisonnières. Les taux hypothécaires fixes ont commencé à augmenter légèrement à la mi-mars, dans un contexte de hausse des anticipations d’inflation liée aux perturbations géopolitiques Lien externe au site., ce qui pourrait avoir incité certains acheteurs potentiels à rester en marge du marché. Dans l’ensemble, les ventes de propriétés au premier trimestre de 2026 ont été faibles, se situant 8 % sous leur niveau d’il y a un an.
À l’échelle nationale, les nouvelles inscriptions ont reculé de 0,2 % d’un mois à l’autre, tandis que les stocks sont demeurés stables à 5,0 mois en mars. Le ratio des ventes par rapport aux nouvelles inscriptions s’est maintenu à 47,8 %, ce qui le place solidement en territoire de marché équilibré. Toronto et Vancouver sont demeurés des marchés favorables aux acheteurs, alors que la province de Québec et les autres grands centres urbains sont restés en situation d’équilibre (graphique 1).
Dans un contexte de demande modérée et d’offre près des normes de long terme, les pressions à la hausse sur les prix de vente sont demeurées limitées le mois dernier, bien que des différences régionales notables persistent. Les ventes du premier trimestre ont été inférieures à celles d’il y a un an dans l’ensemble des provinces et des principaux centres, mais tout particulièrement dans l’Ouest canadien. Les prix n’ont toutefois pas suivi la même trajectoire, la plupart des régions affichant encore de modestes hausses trimestrielles en variation annuelle des prix de vente moyens. Cette situation pourrait refléter une réticence accrue des vendeurs à réduire davantage leurs prix, ceux-ci préférant attendre l’arrivée d’acheteurs jugés adéquats.
Les arriérés hypothécaires ont continué d’augmenter graduellement à partir des creux observés durant la pandémie et se situent maintenant autour de la moyenne de 2015‑2019, bien qu’une part croissante soit concentrée en Ontario. Alors que de nombreux propriétaires font face à un important mur de renouvellements hypothécaires lié à l’échéance de termes de cinq ans, il convient de rappeler que les prix de vente moyens dans toutes les grandes municipalités demeurent supérieurs à leurs niveaux d’il y a cinq ans, ce qui procure un certain coussin du côté de la valeur nette. Les ménages renouvelant des prêts hypothécaires contractés à l’origine sur un terme de trois ans devraient bénéficier de taux fixes plus bas en 2026. Cela dit, les risques demeurent hétérogènes. À titre d’exemple, le prix moyen des logements à Toronto est actuellement inférieur d’environ 7 % à son niveau d’il y a trois ans, ce qui pourrait limiter les gains de la valeur nette pour certains acheteurs récents (graphique 2).
Implications
À l’échelle nationale, les conditions du marché de l’habitation se sont assouplies, les ventes plus faibles exerçant une pression à la baisse sur les prix, bien que la situation varie considérablement d’une province à l’autre. À plus long terme, les conditions économiques Lien externe au site. devraient favoriser un raffermissement graduel du rythme des ventes Lien externe au site. au fil de l’année. Toutefois, comme les niveaux de stocks sont plus élevés qu’il y a un an dans les provinces les plus populeuses du pays, la croissance des prix devrait demeurer limitée.
Compte tenu des risques haussiers pesant sur l’inflation découlant de prix du pétrole élevés, de même que des risques baissiers associés à la révision conjointe de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM), nous prévoyons que la Banque du Canada adoptera une approche prudente et maintiendra son taux directeur inchangé lors de sa prochaine annonce. Cela dit, notre analyse Lien externe au site. montre que si une hausse soutenue des prix du pétrole ravivait l’inflation et hâtait le relèvement des taux d’intérêt, l’accessibilité à la propriété pourrait se détériorer, les taux plus élevés étant susceptibles d’annuler entièrement les économies découlant de prix plus bas dans un marché de l’habitation assoupli.
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