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Nouvelles économiques

Canada : l’inflation est passée à la vitesse supérieure en mars sous l’effet des prix de l’essence

20 avril 2026
LJ Valencia
Économiste

Faits saillants

  • L’indice des prix à la consommation (IPC) global a augmenté de 2,4 % sur un an en mars, un rythme supérieur à celui observé en février (1,8 %), mais inférieur aux attentes du consensus des économistes (2,6 %). Les prix ont progressé de 0,9 % d’un mois à l’autre, et de 0,5 % après correction des variations saisonnières. Le tableau présente un résumé des principaux résultats.

Commentaires

L’inflation globale a fortement accéléré en mars, principalement en raison de la hausse des prix de l’essence. À cause du conflit au Moyen‑Orient, les prix de l’essence ont bondi de 21,2 % d’un mois à l’autre, ce qui constitue la plus forte augmentation mensuelle jamais enregistrée. Cela dit, sur 12 mois, cette hausse a été atténuée (5,9 % sur un an) par l’élimination de la taxe carbone à la consommation. Sans l’élimination de cette taxe, l’inflation globale aurait été environ 0,4 point de pourcentage plus élevée en mars, atteignant 2,8 % sur un an (graphique 1). À compter d’avril 2026, l’élimination de la taxe carbone à la consommation ne contribuera plus à la variation des prix sur 12 mois. Par ailleurs, la croissance des prix des aliments achetés en magasin s’est accélérée en mars (4,4 % sur un an), principalement sous l’effet des légumes frais, dont les prix ont augmenté de 7,8 % sur un an, la plus forte hausse depuis août 2023.


Les prix des biens ont grimpé à 2,1 % sur un an, comparativement à 0,5 % en février, en grande partie en raison de la hausse des prix de l’énergie (graphique 2). Parallèlement, la croissance des prix des services a ralenti à 2,5 %, après 2,7 % le mois précédent. Le congé temporaire de TPS/TVH a d’abord contribué à réduire les prix de certains biens et services, avant d’exercer un effet à la hausse sur l’inflation sur 12 mois par la suite. Cet effet s’est toutefois entièrement estompé en mars 2026, contribuant à contenir l’inflation. Les prix dans les restaurants ont ralenti à 3,2 %, contre 7,8 % en février, et ce, malgré l’accélération de l’inflation alimentaire.


En ce qui concerne l’inflation sous‑jacente de l’IPC, la moyenne des mesures privilégiées par la Banque du Canada (BdC) – soit l’IPC médian et l’IPC tronqué – est demeurée inchangée en mars, autour de 2,3 % sur un an. L’inflation globale excluant les aliments et l’énergie a légèrement reculé, passant de 2,0 % en février à 1,9 %. L’inflation globale excluant les huit composantes les plus volatiles a augmenté à 2,5 % en mars, comparativement à 2,3 % le mois précédent. Toutefois, sa moyenne mobile annualisée sur trois mois corrigée des variations saisonnières a diminué, passant de 2,3 % en février à 1,5 % en mars (graphique 3). À l’inverse, lorsque ce même calcul est appliqué à la moyenne des mesures privilégiées de la BdC, celle‑ci a augmenté, passant de 1,0 % en février à 1,6 % le mois dernier. Pris dans leur ensemble, ces résultats indiquent que la hausse des prix de l’énergie ne se transmet pas encore de façon significative à l’inflation sous‑jacente.


Implications

Les pressions à la hausse exercées par les prix de l’essence ont été partiellement compensées par l’élimination de la taxe carbone à la consommation et par les effets de base associés au congé de TPS/TVH. Néanmoins, le conflit au Moyen‑Orient constitue un important risque haussier pour l’évolution des prix, même si cet effet devrait être modéré à mesure que la réduction fédérale des taxes sur l’essence entre en vigueur en avril. Comme le souligne notre plus récente analyse Lien externe au site., les prix de l’énergie devraient demeurer élevés tout au long de 2026. Cela dit, la révision à venir de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique Lien externe au site. (ACEUM) représente un risque baissier important pour les perspectives globales. Dans ce contexte marqué par des effets inflationnistes incertains et contradictoires, la BdC devrait maintenir le statu quo pour le reste de l’année.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.