- Nom du rédacteur
- LJ Valencia
Économiste
Canada : l’inflation a légèrement augmenté en septembre sous l’effet de la flambée des prix de l’énergie
Faits saillants
- L’inflation totale mesurée par l’IPC s’est établie à 3,1 % sur un an en septembre, contre 3,0 % en août. Ce résultat est légèrement inférieur au consensus des économistes (3,2 %). Les prix ont légèrement augmenté de 0,1 % sur un mois et de 0,4 % après désaisonnalisation. Le tableau 1 résume les principales données.
Commentaires
Le conflit au Moyen-Orient a fait accélérer l’inflation en septembre alors que les prix du pétrole brut ont atteint leur plus haut niveau depuis mai. Les prix à la pompe ont ainsi bondi de 27,8 % sur un an par rapport à septembre 2025, après une hausse de 22,8 % en août. Dans l’ensemble, les prix de l’énergie ont augmenté de 19,0 % en septembre, contre 15,4 % le mois précédent, se rapprochant ainsi du rythme de 22,2 % observé en mai.
Excluant l’essence, l’inflation a ralenti à 2,2 % sur un an en septembre, comparativement à 2,4 % en août. La hausse des coûts du logement s’est légèrement accélérée, passant de 1,5 % à 1,8 %, principalement en raison du mazout et des autres combustibles, dont les prix ont bondi de 57,8 %. L’assurance habitation et l’assurance hypothécaire des propriétaires (4,9 %) ainsi que l’entretien et les réparations (1,2 %) ont également contribué à l’accélération. Ces hausses ont toutefois été contrebalancées par la poursuite du recul du coût de remplacement par le propriétaire (-1,9 %) et du coût de l’intérêt hypothécaire (-0,2 %). Par ailleurs, les frais de scolarité ont augmenté de 2,4 % en septembre 2026, contre 1,7 % au même mois l’an dernier. Cela dit, l’évolution des prix à l’épicerie constitue un élément plus encourageant dans les données d’aujourd’hui : leur croissance a ralenti à 1,7 % en septembre, après 2,8 % en août (graphique 2). Il s’agit de la plus faible hausse depuis mai 2024 (1,5 %) et d’un deuxième mois consécutif où les prix à l’épicerie progressent moins rapidement que l’IPC total. Ce ralentissement s’explique principalement par la baisse des prix des légumes frais (-2,9 %) ainsi que du sucre et des confiseries (-2,7 %).
Du côté de l’inflation sous-jacente, la moyenne des mesures privilégiées par la Banque du Canada (BdC), soit l’IPC médian et l’IPC tronqué, a progressé à un rythme annuel plus modéré (1,9 %) que le mois précédent (2,0 %). En revanche, leur moyenne mobile annualisée et désaisonnalisée sur trois mois est passée de 2,3 % en août à 2,6 % en septembre (graphique 3). Dans l’ensemble, ces mesures indiquent que l’inflation sous-jacente demeure contenue, même si de modestes pressions à la hausse persistent.
Implications
Même si l’inflation sous-jacente est demeurée contenue en septembre, les prix élevés de l’énergie ont continué d’expliquer une bonne partie des mouvements à court terme de l’inflation totale. Parallèlement, deux mois consécutifs de pertes d’emplois Lien externe au site. et la faiblesse du marché de l’habitation Lien externe au site. témoignent d’un ralentissement de la conjoncture économique. Comme nous l’avons indiqué dans nos travaux récents Lien externe au site., le retour des tarifs douaniers américains devrait freiner la croissance économique pour le reste de l’année, tandis que les tarifs de représailles canadiens instaurés le 8 septembre pourraient accentuer les pressions inflationnistes. Dans ce contexte, et compte tenu de la hausse des anticipations d’inflation observée dans les enquêtes de la BdC auprès des entreprises et des consommateurs, nous nous attendons désormais à ce que la BdC relève ses taux lors de la prochaine annonce d’octobre 2026.
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