Choisir vos paramètres

Choisir votre langue
Nouvelles économiques

Canada : l’inflation a accéléré en avril, mais moins que prévu

19 mai 2026
Randall Bartlett
Économiste en chef adjoint

Faits saillants

  • L’indice des prix à la consommation (IPC) global a augmenté de 2,8 % en variation annuelle en avril, en hausse par rapport à la progression observée en mars (2,4 %), mais en deçà du consensus des économistes (3,1 %). Sur une base mensuelle, les prix ont crû de 0,4 % et de 0,3 % après désaisonnalisation. Le tableau présente les principaux indicateurs.

Commentaires

Comme prévu, la hausse des prix de l’énergie a été le principal facteur ayant contribué à l’accélération de l’inflation globale en avril (graphique 1). Les prix de l’énergie ont progressé de 19,2 % sur un an, notamment en raison d’une flambée de 28,6 % des prix de l’essence. Les coûts du mazout et des autres combustibles ont pour leur part augmenté de 41,3 % par rapport à l’an dernier. L’incidence sur les prix du pétrole du conflit avec l’Iran Lien externe au site. apparaît comme le principal facteur explicatif. Cette accélération de l’inflation énergétique a été amplifiée par l’effet de base lié à l’abolition de la taxe fédérale sur le carbone pour les consommateurs en mars 2025. Ces pressions à la hausse ont toutefois été partiellement atténuées par la suspension temporaire de la taxe d’accise fédérale sur les carburants entrée en vigueur le 20 avril.


Alors que la forte hausse des prix de l’énergie a retenu l’attention en avril, l’inflation des autres biens et services a continué de ralentir (graphique 2). L’inflation de l’IPC excluant l’énergie s’est établie à 1,8 % sur un an par rapport à avril de l’an dernier. Après exclusion des coûts de l’énergie, l’inflation du logement a également poursuivi son ralentissement en avril. L’IPC des logements locatifs a progressé au rythme le plus faible depuis janvier 2022 (3,5 %), tandis que l’inflation du logement occupé par le propriétaire n’a augmenté que de 0,5 % sur un an. L’inflation des produits alimentaires Lien externe au site. a aussi légèrement ralenti en avril (3,8 %), tout comme celle du reste du panier, excluant les aliments, l’énergie et le logement.


Il est important de noter que la hausse des prix de l’énergie ne semble pas, pour l’instant, se transmettre de façon notable à l’inflation sous-jacente (graphique 3). La moyenne des mesures privilégiées d’inflation fondamentale de la Banque du Canada (BdC), soit l’IPC médian et la moyenne tronquée, a légèrement diminué en avril pour s’établir à environ 2,1 % sur un an. L’inflation excluant les aliments et l’énergie a reculé à 1,5 %, comparativement à 1,9 % en mars. L’inflation de l’IPC total excluant les huit composantes les plus volatiles est également passée de 2,5 % le mois précédent à 2,1 % en avril. Par ailleurs, la moyenne mobile annualisée sur trois mois, calculée sur des données désaisonnalisées, a diminué, passant de 1,5 % en mars à 1,0 % en avril. À l’inverse, lorsque ce même calcul est appliqué à la moyenne des mesures privilégiées de la BdC, celle-ci a progressé de 1,6 % en mars à 1,8 % le mois dernier, un niveau qui demeure néanmoins inférieur à la cible de 2 % de la BdC.


Implications

La publication d’aujourd’hui, plus faible que prévu, devrait donner à la BdC une marge de manœuvre importante pour faire preuve de patience. Selon notre plus récent scénario de prévision des prix Lien externe au site., l’inflation atteindrait un sommet au deuxième trimestre de 2026 avant de décélérer graduellement par la suite. Bien que des surprises demeurent possibles, cela laisse entrevoir que le plus fort des hausses de prix pourrait être derrière nous. Cela dit, les niveaux de prix devraient rester élevés pendant un certain temps. Cette situation devrait soutenir les exportations, l’investissement et le revenu national, tout en exerçant des pressions à la baisse sur la consommation Lien externe au site.. À cela s’ajoute l’incertitude entourant la révision de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique Lien externe au site. (ACEUM), ce qui constitue un ensemble de risques à la baisse suffisant pour inciter la BdC Lien externe au site. à demeurer sur la touche dans un avenir prévisible.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.