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Nouvelles économiques

Canada : accélération de l’inflation en décembre, alors que les effets liés à la pause de la TPS/TVH l’an dernier ont stimulé la hausse des prix des aliments

19 janvier 2026
LJ Valencia
Économiste

Faits saillants

  • L’indice des prix à la consommation (IPC) global a augmenté de 2,4 % sur un an en décembre, un rythme légèrement supérieur à celui de novembre ainsi qu’aux attentes du consensus (2,2 %). Les prix ont reculé de 0,2 % d’un mois à l’autre, mais progressé de 0,3 % après correction pour les variations saisonnières. Le tableau 1 résume les principales données.

Commentaires

Même si l’inflation globale a surpris à la hausse en décembre, les effets de base découlant de la pause de la TPS/TVH un an plus tôt ont grandement contribué à hausser la variation annuelle ce mois-là. Les prix des services ont accéléré pour atteindre 3,3 % sur un an, comparativement à 2,8 % en novembre (graphique 1). En détail, les prix des restaurants ont été le principal facteur de croissance de l’IPC, bondissant à 8,5 %, contre 3,3 % en novembre. Des hausses marquées ont aussi été observées pour les boissons alcoolisées achetées dans les établissements titulaires d’un permis (6,5 %) et dans les magasins (5,6 %). D’autres biens, notamment les jouets, jeux et articles de passe‑temps, ainsi que les vêtements pour enfants, ont également été mentionnés par Statistique Canada. À l’inverse, les prix du transport aérien ont affiché une baisse plus modeste (‑0,8 %) qu’en novembre (‑5,9 %), probablement en raison de la hausse du volume de déplacements durant la période des Fêtes. Notons que l’augmentation mensuelle de décembre (34,5 %) a été plus forte que les hausses habituellement observées pour ce mois.


En contraste avec la hausse des prix des services en décembre, le coût des biens a diminué. Les prix de l’essence ont reculé plus rapidement (‑13,8 % sur un an) qu’en novembre (‑7,8 %), les prix du pétrole brut ayant atteint leur niveau le plus bas en plus de quatre ans. Cela dit, l’inflation globale aurait été environ 0,4 point de pourcentage plus élevée en décembre, soit 2,8 %, n’eût été l’abolition de la taxe carbone payée par les consommateurs (graphique 2). Alors que les prix de l’essence diminuaient, ceux des produits d’épicerie ont de nouveau augmenté en décembre (+5,0 %), en partie en raison de la forte hausse des prix du café (30,8 %) et du bœuf congelé (16,8 %).


En ce qui concerne l’inflation sous‑jacente, la moyenne des mesures privilégiées par la Banque du Canada (BdC) – l’IPC médian et l’IPC tronqué – a ralenti en décembre, s’établissant autour de 2,6 % sur un an. L’IPC excluant les aliments et l’énergie a légèrement augmenté à 2,5 % (contre 2,4 %), tandis que l’IPC excluant les 8 composantes les plus volatiles est demeuré presque inchangé, à 2,8 %. Par ailleurs, la moyenne mobile sur 3 mois annualisée et désaisonnalisée de cette dernière série a reculé de 2,8 % en novembre à 2,6 % en décembre (graphique 3). De manière similaire, lorsque le même calcul est appliqué aux mesures privilégiées par la BdC, le résultat est passé de 2,3 % à 1,7 % le mois dernier.


Implications

Même si les données de décembre brossent un portrait mitigé, la plupart des mesures d’inflation demeurent globalement dans une fourchette de 2 % à 3 %. Parallèlement, l’économie reste dans une position fragile, l’examen prochain de l’Accord Canada‒États‑Unis‒Mexique (ACEUM) représentant un tournant potentiellement crucial. De plus, notre analyse Lien externe au site. du récent changement de régime au Venezuela suggère une incertitude accrue pour les prix du pétrole et, par ricochet, pour l’économie canadienne. La BdC indiquait dans sa dernière décision Lien externe au site. que les taux d’intérêt se situent à un niveau suffisant pour guider l’économie à travers cette période d’incertitude commerciale, et les plus récents résultats de l’IPC portent à croire qu’elle devrait demeurer en retrait pour l’instant.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.