- LJ Valencia
Économiste
Canada : accélération de l’inflation en décembre, alors que les effets liés à la pause de la TPS/TVH l’an dernier ont stimulé la hausse des prix des aliments
Faits saillants
- L’indice des prix à la consommation (IPC) global a augmenté de 2,4 % sur un an en décembre, un rythme légèrement supérieur à celui de novembre ainsi qu’aux attentes du consensus (2,2 %). Les prix ont reculé de 0,2 % d’un mois à l’autre, mais progressé de 0,3 % après correction pour les variations saisonnières. Le tableau 1 résume les principales données.
Commentaires
Même si l’inflation globale a surpris à la hausse en décembre, les effets de base découlant de la pause de la TPS/TVH un an plus tôt ont grandement contribué à hausser la variation annuelle ce mois-là. Les prix des services ont accéléré pour atteindre 3,3 % sur un an, comparativement à 2,8 % en novembre (graphique 1). En détail, les prix des restaurants ont été le principal facteur de croissance de l’IPC, bondissant à 8,5 %, contre 3,3 % en novembre. Des hausses marquées ont aussi été observées pour les boissons alcoolisées achetées dans les établissements titulaires d’un permis (6,5 %) et dans les magasins (5,6 %). D’autres biens, notamment les jouets, jeux et articles de passe‑temps, ainsi que les vêtements pour enfants, ont également été mentionnés par Statistique Canada. À l’inverse, les prix du transport aérien ont affiché une baisse plus modeste (‑0,8 %) qu’en novembre (‑5,9 %), probablement en raison de la hausse du volume de déplacements durant la période des Fêtes. Notons que l’augmentation mensuelle de décembre (34,5 %) a été plus forte que les hausses habituellement observées pour ce mois.
En contraste avec la hausse des prix des services en décembre, le coût des biens a diminué. Les prix de l’essence ont reculé plus rapidement (‑13,8 % sur un an) qu’en novembre (‑7,8 %), les prix du pétrole brut ayant atteint leur niveau le plus bas en plus de quatre ans. Cela dit, l’inflation globale aurait été environ 0,4 point de pourcentage plus élevée en décembre, soit 2,8 %, n’eût été l’abolition de la taxe carbone payée par les consommateurs (graphique 2). Alors que les prix de l’essence diminuaient, ceux des produits d’épicerie ont de nouveau augmenté en décembre (+5,0 %), en partie en raison de la forte hausse des prix du café (30,8 %) et du bœuf congelé (16,8 %).
En ce qui concerne l’inflation sous‑jacente, la moyenne des mesures privilégiées par la Banque du Canada (BdC) – l’IPC médian et l’IPC tronqué – a ralenti en décembre, s’établissant autour de 2,6 % sur un an. L’IPC excluant les aliments et l’énergie a légèrement augmenté à 2,5 % (contre 2,4 %), tandis que l’IPC excluant les 8 composantes les plus volatiles est demeuré presque inchangé, à 2,8 %. Par ailleurs, la moyenne mobile sur 3 mois annualisée et désaisonnalisée de cette dernière série a reculé de 2,8 % en novembre à 2,6 % en décembre (graphique 3). De manière similaire, lorsque le même calcul est appliqué aux mesures privilégiées par la BdC, le résultat est passé de 2,3 % à 1,7 % le mois dernier.
Implications
Même si les données de décembre brossent un portrait mitigé, la plupart des mesures d’inflation demeurent globalement dans une fourchette de 2 % à 3 %. Parallèlement, l’économie reste dans une position fragile, l’examen prochain de l’Accord Canada‒États‑Unis‒Mexique (ACEUM) représentant un tournant potentiellement crucial. De plus, notre analyse Lien externe au site. du récent changement de régime au Venezuela suggère une incertitude accrue pour les prix du pétrole et, par ricochet, pour l’économie canadienne. La BdC indiquait dans sa dernière décision Lien externe au site. que les taux d’intérêt se situent à un niveau suffisant pour guider l’économie à travers cette période d’incertitude commerciale, et les plus récents résultats de l’IPC portent à croire qu’elle devrait demeurer en retrait pour l’instant.
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