- LJ Valencia
Économiste
Canada : l’inflation ralentit en février avant la flambée des prix du pétrole
Faits saillants
- L’indice des prix à la consommation (IPC) global a augmenté de 1,8 % en variation annuelle en février, soit un rythme inférieur à celui de janvier (2,3 %) et à la prévision consensuelle des économistes (1,9 %). Les prix ont progressé de 0,5 % d’un mois à l’autre et de 0,1 % après correction des variations saisonnières. Le tableau 1 résume les principales données.
Commentaires
L’inflation globale a nettement décéléré en février, en partie parce que les effets de base liés à la période de congé de TPS/TVH d’il y a un an se dissipent graduellement du calcul annuel. Les prix des services ont reculé à 2,7 % en variation annuelle, comparativement à 3,4 % en janvier (graphique 1). En détail, les prix des services de restauration ont augmenté de 7,8 % en février, un niveau encore élevé mais inférieur au rythme extrêmement rapide de 12,3 % observé le mois précédent. De plus, les boissons alcoolisées achetées dans les établissements titulaires d’un permis (6,8 % a/a) ainsi que celles achetées en magasin (5,6 % a/a) ont connu un ralentissement des pressions sur les prix, tout en demeurant élevées. Les jouets, les jeux, les fournitures de loisirs et les vêtements pour enfants ont également obtenu des mentions particulières dans le rapport de Statistique Canada, en raison du congé de TPS/TVH. Par ailleurs, les prix des services cellulaires ont enregistré une hausse modeste (1,5 %) comparativement à janvier (4,9 %), probablement en raison de forfaits moins coûteux offerts par plusieurs fournisseurs de services sans fil.
Dans l’ensemble, les prix des biens ont ralenti à 0,5 % en variation annuelle en février, comparativement à 0,9 % en janvier. Les prix de l’essence n’ont pas reculé aussi fortement (-14,2 %) qu’en janvier (-16,7 %), les prix du pétrole brut ayant commencé à augmenter à l’approche du conflit en Iran. Cela dit, l’inflation globale aurait été d’environ 0,4 point de pourcentage plus élevée en février, soit 2,2 %, n’eût été l’élimination de la taxe carbone à la consommation (graphique 2). Les prix des produits d’épicerie ont de nouveau augmenté en février (+4,1 %). Dans le détail, les prix de la viande ont affiché leur plus forte baisse mensuelle en cinq ans (-1,5 % d’un mois à l’autre). Malgré cela, les prix des denrées alimentaires en magasin devraient rester élevés, selon notre analyse Lien externe au site..
Quant à l’inflation fondamentale, la moyenne des mesures privilégiées par la Banque du Canada (BdC) – l’IPC médian et l’indice tronqué – a ralenti en février pour s’établir autour de 2,3 % en variation annuelle. L’IPC total excluant les aliments et l’énergie a reculé de façon marquée, passant de 2,4 % à 2,0 %. L’IPC total excluant les huit composantes les plus volatiles s’est replié à 2,3 %. Parallèlement, sa moyenne mobile annualisée sur trois mois, désaisonnalisée, a accéléré de 2,0 % en janvier à 2,3 % en février (graphique 3). À l’inverse, lorsque ce même calcul est appliqué à la moyenne des mesures privilégiées par la BdC, le rythme a diminué de 1,2 % en janvier à 1,0 % en février – sa cadence la plus faible depuis juillet 2012, en excluant la période pandémique.
Implications
Le ralentissement de l’inflation en février a été généralisé. Toutefois, le conflit en Iran représente un risque haussier important pour la progression des prix. Le prix de référence du pétrole West Texas Intermediate (WTI) avoisine actuellement 100 $ US le baril, un niveau conforme au scénario de perturbations sévères présenté dans nos travaux Lien externe au site.. Cela dit, l’examen prochain de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique (ACEUM) Lien externe au site. constitue un risque baissier important pour l’ensemble des perspectives. Compte tenu des effets potentiels incertains et opposés sur l’inflation, nous croyons que la BdC demeurera probablement en attente pour l’avenir prévisible.
Contactez nos économistes
Par téléphone
Montréal et environs :
514 281-2336 Ce lien lancera votre logiciel de téléphonie par défaut.