- Kari Norman
Économiste
Canada : le taux de chômage bondit malgré des gains d’emplois en décembre
Faits saillants
- L’emploi au Canada a légèrement progressé en décembre, avec une hausse de 8 000 postes, alors que les prévisions tablaient sur un recul modeste. Malgré les répercussions de la guerre commerciale avec les États‑Unis, l’année 2025 s’est soldée par une augmentation moyenne de 303 000 emplois, un résultat non loin de la hausse de 382 000 emplois en 2024.
- Le taux de chômage a grimpé de 0,3 point de pourcentage pour atteindre 6,8 % en décembre, terminant l’année légèrement au‑dessus du niveau de la fin 2024 (6,7 %).
- Le nombre total d’heures travaillées a diminué de 0,3 % en décembre par rapport au mois précédent, mais affiche une hausse de 0,3 % sur un an. La croissance du salaire horaire moyen s’est établie à 3,4 % en variation annuelle en décembre, et pour l’ensemble de 2025. Le tableau 1 résume les principales données.
- Les résultats de décembre laissent notre estimation de la croissance du PIB réel au quatrième trimestre de 2025 à environ 0,5 % en rythme annualisé.
Commentaires
L’emploi canadien a poursuivi sa progression en décembre, portant le gain cumulé à près de 190 000 postes en quatre mois. Les hausses ont été concentrées dans les secteurs de la santé (+20,8 k), de la construction (+11,2 k) et de l’éducation (+10,5 k), mais largement contrebalancées par des reculs dans les services professionnels, scientifiques et techniques (-18,1 k) ainsi que dans l’hébergement et la restauration (-12,3 k). Les travailleurs autonomes ont représenté la majeure partie du gain net en décembre (+7,3 k). La forte croissance des emplois à temps plein a plus que compensé les pertes des deux mois précédents (graphique 1). Sur l’ensemble de l’année, les postes à temps plein et à temps partiel ont tous deux enregistré des hausses solides.
Malgré ces gains, la hausse de 0,3 point du taux de chômage, à 6,8 %, a retenu l’attention. Chez les travailleurs du principal groupe d’âge (25 à 54 ans), le taux de chômage a augmenté de 0,4 point pour atteindre 6,0 %, en raison d’un plus grand nombre de chercheurs d’emploi – un signe positif dans un contexte difficile. En revanche, les pertes d’emplois dans la cohorte des jeunes (15 à 24 ans) ont fait augmenter le taux de chômage de 0,5 point de pourcentage en décembre pour le porter à 13,3 % en fin d’année, bien qu’il soit demeuré sous le sommet de 14,6 % atteint en juillet. Le salaire horaire moyen des jeunes a crû de 2,3 % sur un an en décembre, pour s’établir à un peu plus de 22 $ l’heure, bien en deçà de la croissance de 3,5 % observée chez les travailleurs du principal groupe d’âge (graphique 2). Cela dit, selon nos estimations, les hausses salariales des deux groupes ont probablement dépassé l’inflation en 2025.
Les disparités régionales demeurent marquées. Le Québec affiche encore l’un des taux de chômage les plus bas au pays, à 5,6 % en 2025, devancé seulement par la Saskatchewan à 5,2 % (graphique 3). La croissance de l’emploi a été particulièrement vigoureuse en Alberta et en Saskatchewan, à 2,8 % et 2,5 % respectivement.
Implications
Malgré la faiblesse relative des données sur le marché du travail en décembre, nous prévoyons que la Banque du Canada maintiendra son taux directeur inchangé lors de sa réunion de janvier et pour un certain temps encore. Le conseil de direction a indiqué qu’il juge la politique actuelle appropriée pour maintenir l’inflation près de 2 % tout en soutenant l’économie dans le contexte de perturbations commerciales persistantes.
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