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Nouvelles économiques

Canada : le marché du travail s'est refroidi en avril, mais il ne s'est pas effondré

8 mai 2026
Laura Gu
Économiste senior

Faits saillants

  • L’emploi au Canada a légèrement diminué en avril, reculant de 18 000 postes, ce qui est inférieur aux attentes du marché, qui tablaient sur une hausse de 10 000 emplois. Le taux de chômage a augmenté de 0,2 point de pourcentage pour atteindre 6,9 %.
  • Le nombre total d’heures travaillées est demeuré inchangé d’un mois à l’autre, mais a diminué de 0,5 % en variation annuelle.
  • La croissance du salaire horaire moyen a légèrement ralenti pour s’établir à 4,5 % en variation annuelle en avril, comparativement à 4,7 % en mars. Le tableau récapitule les principaux indicateurs du marché du travail.

Commentaires

L’emploi au Canada a reculé de 18 000 postes en avril, effaçant ainsi les gains enregistrés en mars. L’ensemble des pertes nettes observées en avril provient d’un recul de l’emploi à temps plein (-47 000), tandis que l’emploi à temps partiel a progressé de 29 000 postes (graphique 1). Bien que l’emploi demeure supérieur de 0,3 % à son niveau d’il y a un an, il affiche une baisse cumulée de 112 000 emplois au cours des quatre premiers mois de 2026.


Les pertes d’emplois en avril se sont concentrées dans les secteurs de l’information, de la culture et des loisirs (‑25 000), de la construction (‑16 000), ainsi que du transport et de l’entreposage (‑10 500). Le secteur des soins de santé a de nouveau enregistré une hausse (+17 500) et demeure le seul à afficher une croissance notable de l’emploi en variation annuelle.

Le taux de participation a augmenté de 0,1 point de pourcentage pour atteindre 65,0 % en avril, sous l’effet d’une participation accrue chez les travailleurs d’âge central. Il reste toutefois inférieur de 0,3 point de pourcentage à son niveau d’il y a un an, ce qui reflète l’augmentation des départs à la retraite.

La combinaison d’un recul de l’emploi et d’une hausse du taux de participation a fait grimper le taux de chômage à 6,9 % en avril, son niveau le plus élevé depuis octobre 2025, bien qu’il demeure inférieur au sommet de 7,1 % observé l’an dernier.

La hausse du chômage semble davantage attribuable à un ralentissement des embauches qu’à une augmentation des mises à pied. Le taux de licenciement s’est maintenu à 0,6 % en avril, soit un niveau conforme à sa moyenne d’avant la pandémie et sans tendance haussière récente. Le chômage de longue durée est demeuré pratiquement inchangé tant d’un mois à l’autre que par rapport à l’an dernier (graphique 2).


Les disparités régionales demeurent importantes (graphique 3). Au Québec, l’emploi a diminué de 87 000 postes depuis le début de 2026, les pertes étant concentrées dans la région de Montréal. La Colombie‑Britannique affiche une perte nette de 40 000 emplois depuis le début de l’année, tandis que l’Ontario accuse un recul global de 27 000 postes, malgré un gain important en avril (+42 000). L’Alberta enregistre pour sa part une croissance modeste, avec l’ajout de 26 000 emplois depuis le début de l’année.


La croissance du salaire horaire moyen demeure élevée, à 4,5 % en variation annuelle en avril. La récente vitalité du taux de croissance global des salaires reflète en grande partie des effets de composition, tandis que la croissance des salaires à composition constante s’est maintenue autour de 3,4 % en variation annuelle, un rythme globalement conforme à sa moyenne de 2025. Les gains salariaux devraient néanmoins continuer de surpasser l’inflation.

Implications

Alors que le choc énergétique commence à se diffuser dans l’économie, l’incertitude entourant le cessez‑le‑feu en Iran – qui pourrait persister pendant un certain temps – comporte des risques à la hausse tant pour la croissance que pour l’inflation, bien que les effets varient selon les régions. Les modifications apportées aux droits de douane américains sur les produits métalliques Lien externe au site. pèsent sur l’activité dans certaines régions et certains secteurs, s’ajoutant aux vents contraires déjà présents. Dans l’ensemble, les données sur le marché du travail d’avril continuent d’indiquer une accumulation graduelle de capacités excédentaires, ce qui devrait atténuer les pressions sur les prix et compenser en partie la transmission inflationniste associée à la hausse des prix de l’énergie. Cette dynamique laisse à la Banque du Canada une marge de manœuvre pour demeurer en position d’attente à l’approche de la prochaine révision conjointe de l’Accord Canada‒États‑Unis‒Mexique Lien externe au site. (ACEUM).

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.