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Nouvelles économiques

Canada : le gel des embauches fait monter le chômage malgré le nombre limité de mises à pied

6 novembre 2026
Nom du rédacteur
Laura Gu
Économiste senior

Faits saillants

  • L’emploi au Canada a peu varié en octobre, diminuant de 4 700, alors que le consensus prévoyait une hausse de 15 000. Le taux de chômage a augmenté de 0,2 point de pourcentage pour atteindre 6,7 %.
  • Le nombre total d’heures travaillées a progressé de 0,6 % sur une base mensuelle et de 0,6 % sur une base annuelle. La croissance du salaire horaire moyen a ralenti à 2,2 % sur un an en octobre, contre 2,3 % en septembre. Le tableau présente un résumé des principaux indicateurs du marché du travail.
  • Notre estimation de la croissance du PIB réel au troisième trimestre se situe autour de 1,5 % en rythme annualisé, soit un taux légèrement inférieur à celui présenté dans le plus récent Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada (BdC). Notre estimation préliminaire pour le quatrième trimestre laisse entrevoir une croissance avoisinant 1 %, ce qui correspond dans l’ensemble à la projection de la BdC.

Commentaires

Le marché du travail canadien n’est pas parvenu à reprendre pied en octobre. L’emploi a peu varié, après des pertes de 42 000 postes en août et de 68 000 en septembre. Il se situe maintenant à environ 46 000 postes sous son niveau de décembre 2025 et à seulement 17 000 postes au-dessus de celui d’il y a un an.

L’emploi dans le secteur privé a reculé de 53 000 en octobre, une première baisse depuis février. Le commerce de gros et de détail a été le principal frein, avec une perte de 29 000 emplois, prolongeant ainsi la tendance baissière observée dans le secteur depuis un an. Le secteur public a quant à lui récupéré 50 000 emplois après quatre baisses mensuelles consécutives. La construction a ajouté 16 000 emplois, tandis que les secteurs de l’éducation et de la santé en ont gagné respectivement 15 000 et 14 000.

La contraction de la population active continue de limiter la hausse du taux de chômage. Le taux d’activité est demeuré à 64,8 % en octobre, mais il a diminué de 0,4 point de pourcentage par rapport à l’an dernier. S’il était demeuré à son niveau d’il y a un an, le taux de chômage avoisinerait plutôt 7,2 %. Le taux d’emploi a reculé pour un troisième mois consécutif, à 60,5 %, son plus bas niveau depuis le début de 2021.

Le chômage a augmenté pendant deux mois consécutifs, effaçant une partie de l’amélioration observée en début d’année, même s’il demeure inférieur à son niveau d’il y a un an. Les mises à pied restent limitées, leur taux s’établissant à 0,7 %, soit pratiquement le même niveau qu’un an plus tôt. C’est plutôt du côté des embauches que le bât blesse. Moins d’un Canadien sans emploi sur cinq a trouvé du travail en octobre, comparativement à une moyenne de 24,6 % avant la pandémie. Le chômage de longue durée représentait 23,7 % du chômage total, contre 17,2 % avant la pandémie (graphique 1).


Le taux de chômage chez les jeunes a bondi de 0,7 point de pourcentage, à 13,7 %, alors qu’un plus grand nombre d’entre eux se sont mis à la recherche d’un emploi et que l’emploi a diminué de 11 000 postes. Les travailleurs âgés de 20 à 24 ans ont été les plus durement touchés : leur taux de chômage approche maintenant 11 % et leur taux d’emploi a reculé de près de 2 points de pourcentage depuis le début de l’année (graphique 2). Les travailleurs du principal groupe d’âge ont mieux résisté, leur taux de chômage étant demeuré stable à 5,6 %.


Les résultats ont continué de varier considérablement d’une région à l’autre (graphique 3). L’Alberta a perdu 24 000 emplois, tandis que le taux de chômage a grimpé à 7,3 % tant en Alberta qu’en Ontario. Le marché du travail québécois s’est stabilisé après avoir perdu 68 000 emplois en août et en septembre, tandis que la Colombie‑Britannique a ajouté 12 000 emplois.


Implications

Le marché du travail perd de son élan, mais les capacités excédentaires s’accumulent en raison de la faiblesse des embauches plutôt que d’une multiplication des mises à pied. Nos estimations pour le troisième trimestre et le début du quatrième trimestre laissent entrevoir des perspectives légèrement moins favorables que celles présentées dans le Rapport sur la politique monétaire d’octobre de la BdC, mais l’économie ne s’est pas beaucoup écartée du scénario envisagé par cette dernière. Comme les autorités monétaires cherchent à empêcher la hausse des prix de l’énergie de se propager plus largement à l’inflation, nous nous attendons à ce que la BdC relève de nouveau son taux directeur de 25 points de base en décembre, pour le porter à 2,75 %.

NOTE AUX LECTEURS : Pour respecter l’usage recommandé par l’Office québécois de la langue française, nous employons dans les textes, les graphiques et les tableaux les symboles k, M et G pour désigner respectivement les milliers, les millions et les milliards. MISE EN GARDE : Ce document s’appuie sur des informations publiques, obtenues de sources jugées fiables. Le Mouvement Desjardins ne garantit d’aucune manière que ces informations sont exactes ou complètes. Ce document est communiqué à titre informatif uniquement et ne constitue pas une offre ou une sollicitation d’achat ou de vente. En aucun cas, il ne peut être considéré comme un engagement du Mouvement Desjardins et celui-ci n’est pas responsable des conséquences d’une quelconque décision prise à partir des renseignements contenus dans le présent document. Les prix et les taux présentés sont indicatifs seulement parce qu’ils peuvent varier en tout temps, en fonction des conditions de marché. Les rendements passés ne garantissent pas les performances futures, et les Études économiques du Mouvement Desjardins n’assument aucune prestation de conseil en matière d’investissement. Les opinions et les prévisions figurant dans le document sont, sauf indication contraire, celles des auteurs et ne représentent pas la position officielle du Mouvement Desjardins.