- Laura Gu
Économiste senior
Canada : l’emploi se stabilise en mars après le repli observé en début d’année
Faits saillants
- L’emploi au Canada a légèrement progressé en mars, affichant un gain de 14 000 emplois, conformément aux attentes des prévisionnistes économiques. Le taux de chômage est demeuré inchangé à 6,7 % au cours du mois.
- Le nombre total d’heures travaillées a augmenté de 0,2 % sur un mois et est resté inchangé sur un an. La croissance du salaire horaire moyen s’est établie à 4,7 % en variation annuelle en mars. Le tableau résume les principaux indicateurs du marché du travail.
- Les données sur l’emploi de mars maintiennent notre suivi de la croissance du PIB réel au premier trimestre dans une fourchette de 1,5 % à 2,0 % en taux annualisé, soit près de la prévision figurant dans le plus récent Rapport sur la politique monétaire de la Banque du Canada (BdC).
Commentaires
L’emploi au Canada s’est stabilisé en mars, avec un gain de 14 000 emplois, après deux mois consécutifs de recul. L’emploi à temps plein et à temps partiel est demeuré inchangé, tout comme les niveaux d’emploi dans les secteurs privé et public. Pour l’ensemble du premier trimestre, l’emploi a reculé de près de 95 000 postes. Le secteur privé explique l’essentiel des pertes nettes sur cette période (‑109 000 emplois), alors que l’emploi dans les autres secteurs est demeuré globalement stable.
En mars, l’emploi a continué de diminuer dans les finances, les assurances et l’immobilier (‑11 200), les services d’hébergement et de restauration (‑10 000) ainsi que le commerce de gros et de détail (‑6 700). Ces reculs ont été compensés par des reprises dans les autres services (+15 100), les services professionnels (+12 100) et les ressources naturelles (+10 300). Sur une base annuelle, le secteur des soins de santé et de l’assistance sociale a enregistré la plus forte hausse de l’emploi (+94 000), tandis que la fabrication a affiché le recul le plus marqué (‑44 000).
Au Québec, l’emploi a légèrement augmenté en mars à la suite d’un repli marqué en février, tandis que la Colombie‑Britannique a enregistré une deuxième baisse mensuelle consécutive. Le taux de chômage dans cette province a augmenté pour atteindre 6,7 %, son niveau le plus élevé depuis le début de 2016, à l’exception de la période pandémique.
À l’échelle nationale, le taux de chômage est demeuré inchangé en mars, à 6,7 %, après avoir augmenté de 0,2 point de pourcentage en février, et il a peu varié sur un an. Le taux d’activité est resté stable à 64,9 % en mars, bien qu’il soit en baisse de 0,4 point de pourcentage par rapport à l’an dernier.
La population canadienne en âge de travailler (15 à 64 ans) a diminué en mars, mais à un rythme plus modéré (graphique 1). Nos plus récentes analyses Lien externe au site. suggèrent que le resserrement des cibles d’immigration pourrait entraîner deux années consécutives de recul de la population avant une reprise de la croissance. Toutefois, l’atteinte des objectifs démographiques de plus long terme du gouvernement devrait s’avérer difficile.
Le nombre total d’heures travaillées a augmenté de 0,2 % en mars, après avoir reculé de 1,1 % en février, ce qui laisse la croissance trimestrielle à ‑0,4 % en taux annualisé (graphique 2).
La croissance du salaire horaire moyen s’est accélérée pour atteindre 4,7 % en variation annuelle en mars, son rythme le plus rapide depuis octobre 2024 (graphique 3). Cette accélération reflète en partie des effets de composition, tandis que la croissance des salaires à composition constante s’est maintenue autour de 3,6 % en variation annuelle, largement conforme à celle des derniers mois. Les gains salariaux devraient continuer de dépasser l’inflation, soutenant ainsi la progression des revenus réels.
Implications
L’incertitude entourant le cessez‑le‑feu en Iran maintient les prix du pétrole à des niveaux élevés, possiblement pour une période prolongée, ce qui pose des risques à la hausse Lien externe au site. pour les perspectives de croissance et d’inflation au Canada, bien que les répercussions varient d’une région à l’autre. Toutefois, la mollesse persistante du marché du travail au premier trimestre laisse à la BdC une marge de manœuvre pour faire preuve de patience et maintenir une posture prudente à l’approche de la révision conjointe de l’Accord Canada–États‑Unis–Mexique Lien externe au site. (ACEUM), laquelle comporte des risques baissiers importants pour la trajectoire de croissance de l’économie canadienne.
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